Art In America 1945-1970: Writings From The Age Of Abstract Expressionism, Pop A: (Library Of America #259) By… par Line Cottegnies, Tony Gheeraert, Gisèle Venet

La beauté et ses monstres
par Line Cottegnies, Tony Gheeraert, Gisèle Venet

Les études réunies sous le titre La Beauté et ses monstres sont nées d’un constat de rupture entre l’idéal platonicien qui posait l’alliance étroite du Beau et du Bien et les pratiques esthétiques des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. La poétique baroque, expression d’une crise de la pensée analogique et de l’idéalisme platonicien, procède en effet d’une reconnaissance implicite de la dangereuse contiguïté entre le beau et le monstrueux et trouve son originalité créatrice dans la mise en mouvement de formes “dépravées”, dans l’invention de formes qui contreviennent aux lois de la “proportion”. Métamorphoses et anamorphoses jouent de cette virtualité du monstrueux latent en toute forme parfaite qu’un rien peut déformer, déjouant toute tentative de figer des rhétoriques littéraires ou d’immobiliser des genres dans une codification rigoureuse. De même, par l’attraction qu’elle exerce, tant physique que métaphysique, la beauté a suscité la défiance devant l’envers toujours possible de cet attrait, la séduction par une beauté frelatée ou trompeuse. L’étrange et fascinante intimité entre la beauté et ses monstres fonde la cohérence d’une dynamique de recherche par-delà la variété des angles d’analyse adoptés et la contiguïté entre le beau et le monstrueux apparaît bel et bien comme facteur supplémentaire d’unité dans l’expression de la sensibilité baroque. Ce volume, à ce titre, est une contribution à l’histoire d’une esthétique liée à cette sensibilité et aux paradoxes par lesquels elle trouve à s’exprimer, paradoxes qu’implique la saisie unifiée d’éléments contradictoires. C’est une illustration de plus, s’il en fallait, d’une crise de la représentation qui a trouvé dans une esthétique de la discordia concors ou de la coincidentia oppositorum sa réponse la plus pertinente, sa “monstrueuse beauté”.

La dernière mode
par Stéphane Mallarmé

Dans les huit numéros de son éphémère journal La Dernière mode, publié en 1874, Mallarmé explore la nature de la mode, non pas comme un simple observateur, mais de l’intérieur de celle-ci, en jouant sur ses mécanismes pour se proposer comme promoteur de tendances.

Toilettes du monde
par Morna E. Gregory, Sian James

Voici, enfin, un livre consacré à la plus petite pièce de la maison. Hutte sur pilotis, cabane en bois, design dernier cri, luxe inouï ou total dénuement : à chacun sa conception des toilettes publiques ou privées. A travers le tour du monde réalisé par les deux auteurs, cet ouvrage donne un aperçu à la fois drôle et érudit sur les traditions millénaires relatives à la fréquentation intime du ” petit coin “.

Art de foutre en quarante manières, ou, La science pratique des filles du monde
par Anonyme

Dans le sillage de la Révolution, l’ordre et la morale restaurés au XIXe siècle pourchassent les oeuvres trop libres du siècle précédent, mais entretiennent du mème coup la nostalgie d’un Ancien Régime libertin. C’est ainsi qu’une brochure au langage fleuri voit le jour en 1833: l’Art de foutre en quarante manières ou La Science pratique des filles du monde, prétendument imprimée à Amsterdam en 1789. Chaque position amoureuse est décrite et figurée comme dans un article et une planche de L’Encyclopédie, et peut ètre chantée sur un air bien connu de l’époque.
Ce petit manuel farfelu qui met en scène les nouveaux acteurs populaires comme la couturière ou le pharmacien, mais aussi les bande-à-l’aise et les puceaux, vise sans doute plus l’amusement qu’un quelconque apprentissage.

La macroéconomie par le bas
par Béatrice Hibou, Boris Samuel

Comment comprendre le “retour de la croissance” en Afrique et les bonnes notations dont un certain nombre de ses pays bénéficient ? Que signifient ces récits Macroéconomiques sur les “nouveaux émergents” et le recours à des indicateurs pour les gouvernants mais aussi pour la population ? L’objectif de ce dossier est d’apporter un éclairage sur ces interrogations en adoptant une analyse sociopolitique “par le bas” des pratiques qui entourent les objets et les politiques macroéconomiques. Les auteurs du numéro mettent ainsi en exergue l’émergence de nouveaux acteurs et de nouveaux instruments, de nouvelles façons d’appréhender la réalité; ils montrent ce faisant comment ces nouvelles techniques bouleversent les relations socio-politiques et les rapports de force au sein des sociétés africaines et offrent à ces acteurs la possibilité d’accéder à de nouvelles positions de pouvoir. La macroéconomie n’est pas ici appréhendée comme le corpus théorique des économistes. Elle est au contraire considérée comme un lieu des luttes sociales et des conflits entre groupes sociaux, un matériau pour comprendre les logiques de l’Etat, les mécanismes de pouvoir et les techniques de savoir. Abordée ainsi “par le bas”, la macroéconomie du capitalisme globalisé apparaît alors comme un mode de gouvernement et d’assujettissement.

Catégorie