Association Amicale Des Anciens Élèves De L’ecole Normale Supérieure 1972. Morts Pour La Patrie/Allocution Du… par Sylvain Berstchy

Les mises en guerre de l’État
par Sylvain Berstchy

À partir de l’été 1914, les sociétés européennes paraissent brutalement saisies par la guerre et, ce faisant, saisies par l’État. C’est en son nom que des millions d’hommes vont s’affronter, sous l’uniforme, et que s’opère une gigantesque « mobilisation » des corps, des esprits et des ressources, pour reprendre le terme de l’époque toujours employé par les historiens et les historiennes. Cent ans plus tard, alors que tous les États ayant fait la guerre ont engagé de vastes programmes de commémoration, le moment semblait particulièrement opportun pour comprendre comment l’État parvient à faire la guerre et ce que la guerre fait à l’État. L’emprise de l’État est-elle immédiate, progressive, continue ou discontinue ? Connaît-elle des phases d’essoufflement, des ratés ? S’accompagne-t-elle de phénomènes parallèles de « déprise » ? Loin de toute généralité ou de toute extrapolation hasardeuse, est-il possible de repérer des formes de résistance ou d’évitement ? Interroger le processus de nationalisation des sociétés européennes, tel est l’un des enjeux de cet ouvrage pluridisciplinaire, largement ouvert dans l’espace et dans le temps autour du point de référence de 1914. Composé d’enquêtes bien circonscrites, l’ouvrage s’inscrit dans une histoire sociale de la guerre, et permet de questionner ce qui semble une évidence, au moins en France : la spectaculaire capacité de l’État à mobiliser, presque du jour au lendemain, une société tout entière.


Les Français dans la Grande guerre
par Jean-Jacques Becker

À la veille de 1914, toute la stratégie allemande repose sur l’hypothèse d’une défaite rapide de la France en cas de conflit militaire, permettant aux Empires centraux de tourner ensuite toutes leurs forces contre la Russie. Le plan Schlieffen doit permettre de vaincre, en quelques semaines, une nation réputée légère, frivole, inconstante, affaiblie par l’anarchie républicaine et les Folies-Bergère. Quatre ans plus tard, c’est l’Allemagne qui s’effondre. La France a tenu, à la surprise générale de l’Europe. Grâce à son armée, mais aussi, grâce à la coopération pleine et entière de ses populations civiles. Jean-Jacques Becker montre ici comment les différentes couches sociales ont réagi à l’épreuve de cette guerre de quatre ans qui fit plus de morts que la guerre de Cent Ans. Pourquoi et comment, paysans, bourgeois et ouvriers ont-ils résisté à l’usure d’un interminable carnage ? Pourquoi, pour la France, la révolution, que certains avaient promise, ne fut pas au rendez-vous de la guerre ? Jean-Jacques Becker utilise l’extraordinaire et inédite documentation laissée derrière eux par les fonctionnaires et les soldats de cette Troisième République en guerre. Entre 1914 et 1918, et surtout à partir de 1917, l’État ausculte passionnément le corps social, s’inquiétant de chaque mouvement d’humeur national ou local, de chaque chute du moral, de chaque grève, prêt à sévir s’il le faut vraiment, mais aussi déterminé à beaucoup accorder — aux paysans, aux ouvriers — pour que rien ne vienne désagréger la communauté nationale, que rien ne se mette en travers de la seule chose qui compte : la Victoire.

Aux origines de l’identité franco-ontarienne
par Chad Gaffield

Durant les années 1880, les francophones de l’est de l’Ontario ont formulé une définition de leur communauté à la fois enracinée dans le passé et issue de circonstance contemporaines. En effet, c’est par suite de la controverse sur la langue d’enseignement en Ontario qu’émergeait l’identité franco-ontarienne. À partir de 1830, l’est de l’Ontario, surtout le comté de Prescott, est le point de jonction géographique des Canadas anglais et français, la boucle de la ceinture bilingue. Ainsi, l’immigration en provenance du Québec transforme cette région, d’une zone frontière où vit une population anglophone clairsemée, en un secteur à majorité francophone. Dès lors, toute l’attention de la province se tourne vers ce comté ; la controverse sur la langue d’enseignement s’intensifie particulièrement après 1885, alors que le gouvernement ontarien adopte une série de mesures destinées à restreindre l’utilisation du français dans les écoles de la province. Chad Gaffield examine ici la question linguistique par rapport à l’histoire sociale et à l’identité culturelle de l’est de l’Ontario. Il compare directement les écrits des autorités et des divers dirigeants sociaux au XIXe siècle en Ontario avec les opinions et l’expérience réelles des résidents de cette région.

Les mystères de Pompéi
par Cristina Rodriguez

En l’an 31, l’empereur Tibère, désabusé et las des intrigues de Rome, se retire à Capri. Une fin de règne délétère commence, sur laquelle plane l’ombre du terrible Séjan, préfet du prétoire, à qui l’empereur a confié le pouvoir, et dont l’ambition est sans limites … Personne n’ose s’opposer à ses hommes de main. Personne? C’est oublier Kaeso, jeune centurion du corps des prétoriens impériaux, une tête brûlée, qui a le courage de s’insurger. Expédié à Pompéi comme chef de la police, il y découvre un climat de tourmente et plonge dans l’œil du cyclone. Devant l’urgence, Kaeso se lance à corps perdu dans une enquête serrée et tente de déjouer un complot qui pourrait bien viser l’héritier du trône, un certain Caligula. Le jeune homme a heureusement de précieux alliés : Io, son fidèle léopard ; les gardes germaniques – ses frères d’armes; Hildr, sa mère, guérisseuse le jour et magicienne la nuit ; et enfin sa propre cousine, la ravissante Concordia, très bien informée des secrets de la Cour… Le prétorien en aura bien besoin. Découvrir l’Antiquité romaine avec Cristina Rodriguez, c’est être au plus près de la vie et de la tourmente grâce à un héros qui n’a pas froid aux yeux : l’irrésistible centurion Kaeso.

Pouvoir impérial et vertus philosophiques
par Anne Gangloff

In Pouvoir impérial et vertus philosophiques, Anne Gangloff offers a thorough analysis of the Roman political thought, examining the way in which the good prince is described from the Julio-Claudians to the end of the third century. Dans Pouvoir impérial et vertus philosophiques, Anne Gangloff propose une analyse précise de la pensée politique romaine, à travers la manière dont la figure du bon prince est décrite depuis les Julio-Claudiens jusqu’à la fin du IIIe siècle.

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