Becoming Somaliland par Robert Wiren

Somaliland, pays en quarantaine
par Robert Wiren

Il existe une Somalie paisible qui ne retient pas l’attention permanente : le Somaliland. Décidé à ne plus subir les désordres d’un système violent et prédateur, ce pays a repris son indépendance en 1991. Mais il n’est pas reconnu officiellement. Depuis vingt-trois ans il est littéralement mis à l’écart de la “communauté internationale”. Pourtant l’Etat du Somaliland est plus légitime que certains Etats africains reconnus. Devenu indépendant en 1960, il s’était uni volontairement à la Somalie, ancienne colonie italienne, choix qu’il devait regretter rapidement. Ministre des Affaires étrangères du Somaliland de 2003 à 2006, Edna Adan Isma’il, s’est efforcée de faire reconnaître l’étrange et scandaleuse situation que connaît son pays. Elle disait : ” Nous payons le prix fort parce que nous sommes pacifiques. Il n’y pas de troupes internationales pour maintenir la paix au Somaliland. On n’enlève pas d’étrangers chez nous. Nous sommes juste un pays très ennuyeux qui vit son quotidien, rebâtir. ” En 2005 l’Union africaine a admis que la demande de reconnaissance du Somaliland était justifiée. Mais le pays reste en quarantaine, victime d’une diplomatie internationale sans principes.

Corps habillés
par Laurent Fourchard

Répressions violentes, engagements guerriers, mutineries, coups d’Etat : les “corps habillés” apparaissent régulièrement avec fracas dans l’actualité africaine. Avec la multiplication des programmes de “réforme du système de la sécurité” (RSS), les professionnels de l’ordre font désormais l’objet d’une grande attention sur la scène internationale. On sait pourtant peu de choses des militaires, des policiers ou des gardes forestiers qui exercent leur métier en uniforme ou en civil, dans la rue ou dans un bureau. Quels sont les savoirs, les pratiques et les conflits propres à ce champ professionnel ? En se défaisant de la perspective du “professionnalisme” qui marque les expertises de la RSS, ce dossier montre que les forces de l’ordre sont à la fois des instruments centraux de la surveillance et de la répression des populations, et de la contestation du pouvoir d’Etat. A partir d’études de cas au Sénégal, au Nigeria et en Sierra Leone, il invite à penser les rapports des métiers de l’ordre à l’Etat en étudiant ensemble leur fonctionnement ordinaire et les expressions les plus spectaculaires de l’action politique.

POLITIQUE AFRICAINE N-128 : Corps habillés. Politique des métiers de l’ordre
par DEBOS Marielle et GLASMAN Joël (dossier coordonné par)

Dossier : Corps habillés. Politique des métiers de l’ordre, coordonné par Marielle Debos et Joël Glasman. Répressions violentes, engagements guerriers, mutineries, coups d’État : les « corps habillés » apparaissent régulièrement avec fracas dans l’actualité africaine. Avec la multiplication des programmes de « réforme du système de la sécurité » (RSS), les professionnels de l’ordre font désormais l’objet d’une grande attention sur la scène internationale. On sait pourtant peu de choses des militaires, des policiers ou des gardes forestiers qui exercent leur métier en uniforme ou en civil, dans la rue ou dans un bureau. Quels sont les savoirs, les pratiques et les conflits propres à ce champ professionnel ? En se défaisant de la perspective du « professionnalisme » qui marque les expertises de la RSS, ce dossier montre que les forces de l’ordre sont à la fois des instruments centraux de la surveillance et de la répression des populations, et de la contestation du pouvoir d’État. À partir d’études de cas au Sénégal, au Nigeria et en Sierra Leone, il invite à penser les rapports des métiers de l’ordre à l’État en étudiant ensemble leur fonctionnement ordinaire et les expressions les plus spectaculaires de l’action politique. Table des matières I. Le Dossier Corps habillés. Politique des métiers de l’ordre 1. Marielle Debos, Joël Glasman, Politique des corps habillés. État, pouvoir et métiers de l’ordre en Afrique 2. Olly Owen, Maintenir l’ordre au Nigeria: vers une histoire de la souveraineté de l’État 3. Gernot Klantschnig, Les politiques de contrôle des stupéfiants au Nigeria : centralisation, répression et insécurité 4. Maggie Dwyer, Anatomie d’une unité mutine: le coup d’État de 1992 en Sierra Leone 5. Céline Ségalini, Les agents des parcs nationaux au Sénégal: soldats de la participation? II. Recherches 1. Aurelia Segatti, Colin Hoag, Darshan Vigneswaran, Can Organisations Learn without Political Leadership ? The Case of Public Sector Reform among South African Home Affairs Officials III. Conjoncture 1. Jean-Nicolas Bach, «Le roi est mort, vive le roi» : Meles Zenawi règne, mais ne gouverne plus IV. Lectures 1. Roman Loimeier, Chronique bibliographique. Planification urbaine, identification raciale et violence à Zanzibar V. La revue des livres

Conflits et fragilité La légitimité de l’État dans les situations de fragilité Analyser la complexité
par OECD

La légitimité revêt de l’importance car elle transforme le pouvoir en autorité politique, ce qui permet de gouverner par des moyens non coercitifs. Dans les situations de fragilité, un défaut de légitimité compromet l’existence de relations constructives entre l’État et la société, ce qui affaiblit les capacités de l’État et contribue ainsi à sa fragilité. Des sources multiples de légitimité entrent souvent en concurrence ou en conflit, ce qui place l’État dans l’incapacité en fin de compte d’imposer des règles du jeu. Les donneurs qui opèrent dans des situations de fragilité s’intéressent relativement peu à la légitimité, et concentrent leur effort sur le renforcement des capacités et des institutions comme moyens de renforcer l’efficacité de l’État.

La légitimité de l’État dans les situations de fragilité fait valoir l’argument selon lequel les donneurs doivent accorder bien plus d’attention à la légitimité, et élargir leur vision afin d’inclure certains aspects de la légitimité qui découlent des convictions et traditions communes des individus, et non pas seulement d’un modèle d’État occidental. Les donneurs doivent aussi suivre de près l’impact de leurs interventions afin d’éviter de porter atteinte à la légitimité de l’État. En conclusion, la présente publication propose des recommandations concrètes sur la façon dont les donneurs peuvent favoriser de meilleures relations entre l’État et la société dans les situations de fragilité.


Africa
par

Includes Proceedings of the Executive council and List of members, also section “Review of books”.

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