Cold Albums par Nick Tosches

Hellfire
par Nick Tosches

Alors il arriva, portant un costume rose criard aux revers pailletés et une cravate de ruban noir, du genre de celles que le vieux Lewis portait avant la guerre de Sécession, et il regarda le public, qui le regardait derrière un rideau d’applaudissements. (…) Jerry Lee Lewis ratissa les touches du piano à queue et hurla le feu, et les membres du public, recevant, chacun à sa manière, le message du Diable, ne murmuraient plus mais criaient sauvagement ou restaient silencieux, selon le penchant de leur âme. Jerry Lee leur accorda à peine plus de dix minutes. ” Son attitude envers le public frise le mépris “, écrivit un journaliste britannique quelques jours plus tard. Les adolescents – ceux qui avaient fait bruyamment entendre leur excitation comme ceux qui étaient restés silencieux – se mirent à huer et à siffler quand le rideau descendit. Quelqu’un entonna le God save the Queen et d’autres se joignirent à lui au milieu des huées et des sifflements. Enfin, le rideau se releva et Jerry Lee leur donna davantage, et il le leur donna durement, frénétiquement et implacablement, tel un homme qui s’accouple, lascif et trahi, avec une femme qu’il hait ; puis il quitta la scène. NICK TOSCHES ” Je veux que les choses soient bien claires. Hellfire de Nick Tosches est le plus beau livre jamais écrit sur un interprète de rock’n’roll – il est sans égal. Mais il est loin de n’être que cela. Tôt ou tard, Hellfire sera reconnu comme un classique américain. ” Ainsi s’ouvre la préface de Greil Marcus à cette biographie de Jerry Lee Lewis. Elevé dans le Sud profond et marqué par les prédicateurs pentecôtistes, Jerry Lee Lewis est persuadé que le rock est la musique du Diable, et qu’il sera damné. Sa vie cahotique (alcool, drogues, bigamie, tentative d’homicide), autant que la puissance de sa musique firent de celui qu’on surnomme le Killer l’incarnation même du rock’n’roll. Le scandale provoqué par l’annonce de son mariage avec sa cousine de treize ans (sans qu’il ait pris la peine de divorcer de son épouse précédente) interrompit brusquement son ascension. Il s’enfonça alors dans l’autodestruction avant de revenir au premier plan, puis de replonger à nouveau. Sombre, terrifiante, la fin de sa vie n’est qu’une suite d’arrestations, de divorces, de deuils. Ce destin, digne d’une tragédie antique, a inspiré à Tosches un livre d’une paradoxale sobriété, écrit dans un style aux résonances bibliques en parfait accord avec son sujet.

CAMION BLANC
par Nicolas Bénard et Robert Culat

Formé en 1991 par Jonas Renkse et Anders Nyström, Katatonia est le reflet de l’atmosphère ténébreuse qui règne à cette époque en Suède et qui contribue au développement d’un genre musical teinté de nuances gris noir. Hier formation de doom death réservée à quelques spécialistes, désormais groupe de rock/métal aux contours sonores plus modernes et accessibles, Katatonia possède, tel le dieu Janus de la Rome antique, deux visages biens distincts : le premier représente le passé, l’autre l’avenir. La dimension musicale de la formation suédoise ne s’est toutefois jamais départie de la noirceur et de la mélancolie qu’égrène chaque note de sa musique. Une posture idéologique qui, loin de consacrer son succès commercial, a néanmoins conféré à Katatonia un statut de formation emblématique, pour ne pas dire culte, de la scène métal. Après un premier essai sur Opeth, Nicolas Bénard, docteur en histoire, et Robert Culat, prêtre catholique, proposent une nouvelle monographie à quatre mains qui vise à illustrer l’originalité de la scène métal suédoise. 


CAMION BLANC
par Frédéric Thébault

Depuis quelques années, les reformations de groupes issus du punk et des "années new-wave" se sont multipliées : Siouxsie & The Banshees, Wire, Fad Gadget, Undertones, Soft Cell …<BR>C’est à présent toute une scène de nouveaux artistes, à peine nés en 1980, qui se réclament de leurs aînés, à l’instar de Bloc Party, d’Interpol, ou de Radio 4. Tous, à des degrès divers, plongent dans la musique des années charnières entre les 70’s et les 80’s, du punk à la cold-wave, en passant par le post-punk, le néo-romantisme ou la new-wave.<BR>Il était temps de revenir sur ces années fascinantes, marquées par des groupes originaux et talenteux, aux inspirations extrêmes : 1975-1982, une période sans laquelle le rock dit alternatif ne serait pas ce qu’il est…


On the One !
par Belkacem MEZIANE

En 1967 James Brown sort «Cold Sweat», un titre que la plupart des historiens de la musique noire reconnaissent comme l’acte de naissance du funk. Il révolutionne la soul en basant sa musique sur le rythme, et son groove sur le premier temps de la mesure, inaugurant un nouveau style plus dansant. Au-delà de la soul, le funk puise dans tous les styles dominants et influencera ceux à venir (hip-hop, house). Nombreux seront les musiciens qui participeront à son essor (Sly Stone, Funkadelic, Kool & The Gang), à son anoblissement (Miles Davis, Herbie Hancock), à sa complexification (George Clinton) et à sa domination des charts (Michael Jackson, Prince). Cette anthologie explore l’univers complexe du funk et dessine une histoire qui s’écrit encore (Bruno Mars, Justin Timberlake, Daft Punk). Belkacem Meziane est musicien professionnel, enseignant, conférencier et chroniqueur pour Soul Bag et New Morning Radio. Il a grandi en écoutant du funk et de la soul : James Brown, Barry White, Prince ou Kool & The Gang, et a développé sa passion pour les musiques noires américaines en lisant des ouvrages et en passant du temps dans les magasins de disques.

Negalyod
par Vincent Perriot

Un monde sillonné de tuyaux gigantesques et peuplé de dinosaures… Des villes qui flottent dans le ciel et recouvrent de leurs ombres les faubourgs grouillants d’une humanité industrieuse… Et un « réseau » omniprésent qui domine les terres et les hommes. Jarri Tchepalt est un berger du désert de Ty. Il parle aux dinosaures et maîtrise l’art des cordes. Quand un camion générateur d’orage anéantit son troupeau, Jarri décide de partir en ville – pour la première fois – afin de se venger… Mais révolte et révolution ne mènent pas toujours là où on croyait. Réunissant créatures préhistoriques, urbanisme de science-fiction et vaisseaux low-tech, Vincent Perriot développe un récit univers où la vengeance rencontre bien des surprises avant de devenir quête d’un monde meilleur.

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