Dark Dreaming Blues par Patrick Williams

Django Reinhardt
par Patrick Williams

Dans la lignée foisonnante des Reinhardt, Django reste le plus emblématique des guitaristes dont les témoignages sonores, pendant plus de trente ans, reconstituent les étapes d’un destin musical exceptionnel. Ne négligeant aucune des évolutions stylistiques ou techniques – de la musique populaire au jazz, du swing au bebop, de l’acoustique à l’électrique – cette figure originale ne faillira jamais à une double exigence : la fidélité à l’appartenance manouche et la réponse, au sein du jazz, à l’appel du génie.

Langston Hughes
par Frédéric Sylvanise

La poésie de Langston Hughes (1902-1967), poète majeur du xxe siècle américain, s’est développée dès les années 1920 en parallèle avec les musiques populaires que sont le blues et le jazz et parfois même avec les spirituals. Elle se pose à la fois comme un hommage à la culture noire et comme un geste esthétique original. Du début de sa carrière jusqu’aux années 196o, Hughes va chercher à déplacer vers le domaine poétique les caractéristiques rythmiques et thématiques des musiques qu’il aime et qui animent la vie des Noirs américains. Que ce soit dans The Weary Blues (1926) et Fine Clothes to the Jew (1927) ou beaucoup plus tard dans Montage of a Dream Deferred (1951) et Ask Your Marna (1961), Hughes fait le pari de la poésie jazz et de la poésie blues en s’attachant avant tout à la musicalité du poème, indépendamment d’une mise en musique qu’il juge secondaire. Cet ouvrage, qui constitue la première monographie consacrée à Langston Hughes depuis 1964, montre l’évolution de la pensée et de la poésie de l’écrivain et propose la lecture de ses poèmes “musicaux” les plus essentiels. Ce parcours permet de mesurer l’inventivité de sa démarche poétique et sa fécondité puisque des auteurs tels que Gwendolyn Brooks, Jack Kerouac ou encore Margaret Walker se sont largement inspirés de ce que Hughes lui-même appelait ses “poèmes jazz ” et ses “poèmes blues”.

Pulphead
par John Jeremiah Sullivan

Lire les chroniques de Pulphead, c’est grimper à bord d’un camping-car de neuf mètres de long pour rejoindre les ados d’un festival de rock chrétien. C’est dormir sous le même toit qu’un vieux fou, le dernier des Agrarians, chef de file des écrivains du sud des États-Unis. S’interroger sur l’art en sifflant des cocktails dans une boîte branchée aux côtés du Miz, star de la téléréalité. Croiser la solitude de Michael Jackson ou celle des sans-abris après Katrina. C’est se demander pourquoi Axl Rose, né au milieu de nulle part, est devenu Axl Rose, le chanteur des Guns N’Roses. Se frayer un chemin dans une manifestation pour protester contre la réforme du système de santé américain. C’est, dans la fumée jamaïquaine, à Kingston, distinguer les dreadlocks de Bunny Wailer, l’unique survivant du groupe de Bob Marley. S’enfoncer dans des grottes du Tennessee à la recherche des origines de l’homme. C’est aussi écouter en boucle un blues des années 30, pour essayer de retrouver, malgré le disque rayé, un mot inaudible perdu quelque part dans l’histoire.

En quatorze chroniques détonantes, John Jeremiah Sullivan décline sa quête de l’identité américaine, fouillant dans les entrailles de sa culture pop, scientifique, underground ou littéraire pour répondre à des questions universelles : Qui sommes-nous ? De quoi sommes-nous faits ?

Si sa plume l’élève au rang des hérauts du nouveau journalisme, John Jeremiah Sullivan a su trouver son propre regard, dans lequel l’intelligence, la curiosité et le charme le disputent à une bienveillance stupéfiante pour ses contemporains.


Modalité et opérations énonciatives
par Janine Bouscaren

 

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