Death Comes For The Archbishop, De Willa Cather par Marie-Claude Perrin-Chenour

Death comes for the archbishop de Willa Cather
par Marie-Claude Perrin-Chenour

A la croisée du romantisme, du réalisme et du modernisme, Death Comes for the Archbishop est un roman inclassable car, sur le plan tant esthétique que thématique, il était en avance sur son temps. Les articles qui composent ce recueil se sont attachés à en démontrer la richesse et l’originalité. Couvrant un large champ d’approches critiques, ils présentent néanmoins des points de convergences qui permettent de mieux saisir les traits saillants de cette œuvre complexe.

Willa Cather
par Marie-Claude Perrin-Chenour

Dans Death Comes for the Archbishop, Willa Cather a porté à sa perfection l’art de la forme qu’elle défendait dans son esse ” Le roman démeublé “. Considérant que ” c’est l’inexplicable présence du non-dit […] qui donne sa plus haute valeur au roman, au théâtre ou à la poésie “, elle pratique un art de l’épure et procède par ” sélection ” et ” simplification “. Pour relater cette histoire de missionnaires français partis évangéliser les Indiens du Nouveau-Mexique au XIXe siècle, elle a conçu un récit dont la composition épouse étroitement le propos. Dans ce roman fait d’incessants voyages, il n’y a pas de chemin direct, mais des bifurcations, des embranchements, des croisements, des rencontres et parfois des obstacles ou des jalons. Les histoires se mêlent aux légendes et aux anecdotes pour former un récit polyvoque, à l’instar d’un pays composite où l’oralité tient une plus grande place que le discours écrit. Comme les fresques de Puvis de Chavannes dont elle disait s’être inspirée, Willa Cather juxtapose les scènes, avance par petites touches, sans jamais forcer le trait. En fait, comme se prêtres qui apprennent pas à pas à découvrir un pays étrange, elle remonte dans la mémoire collective pour établir une trans-mission entre deux mondes et plusieurs cultures.

Willa Cather
par Alexandra Zahorski

Willa Cather écrivit douze romans. Dans les onze premiers il est question du mouvement des personnages à la recherche de culture, d’épanouissement, d’un ailleurs autre que celui de leur vie étriquée du Midwest des Etats-Unis. La beauté du paysage n’est pas suffisante car elle ne comble pas les désirs des personnages qui cherchent à fuir leur environnement. Aussi cherchent-ils à s’évader vers les grandes villes de l’est des Etats-Unis et souvent au-delà. Parallèlement à ce mouvement il existe de très nombreuses références à la France (la ‘francité’) comme lieu de culture par excellence. Elles témoignent de l’amour de l’auteur pour ce pays qui s’exprime avec le plus de force dans Death Comes for the Archbishop et Shadows on the Rock. L’auteur retrace la destinée de ses protagonistes, souvent influencés par l’Europe au travers des immigrés dont ils ont été entourés pendant leur jeunesse, dans cette quête de quelque chose de mieux. Il en résulte une nostalgie en filigrane dans l’œuvre lorsque les personnes déplacées se demandent si, après tout, le déracinement était le meilleur moyen d’assouvir leur insatisfaction qui demeure, malgré une réussite professionnelle. Tout au long de ce mouvement d’ouest en est, avec un retour aux sources parfois, Cather retranscrit le mouvement de sa propre vie d’immigrée dans le Nebraska et l’environnement qui la marqua si profondément. L’auteur achève le cycle en donnant une réponse quant à l’aboutissement de la quête dans son avant-dernier roman, Lucy Gayheart.

Chant de L’Alouette
par Willa Cather

Song of the Lark (French edition)

De l’épreuve à l’espérance
par Joan Chittister

En partant du récit biblique du combat de Jacob avec Dieu ainsi que de la bataille qu’elle-même a dû livrer contre une déception qui allait changer sa vie, Joan Chittister analyse la dynamique de l’épreuve et de l’espérance. Chemin faisant, elle sonde des problèmes aussi variés que le consumérisme, la technologie, le deuil, le rôle des femmes dans l’Eglise catholique et la crise qui a suivi le 11 septembre 2001. Quand frappe l’épreuve, nous restons sans voix. La lumière disparaît. Le monde chavire. La douleur s’installe. Commence l’affrontement. Comme Jacob, nous nous battons dans la nuit contre un adversaire mystérieux qui ne nous est pas complètement étranger. Comme Jacob à l’aurore, guettés par l’épuisement, nous ne laisserons pas partir l’envoyé de Dieu sans lui avoir arraché une bénédiction. Or nous ne sommes déjà plus tout à fait celui ou celle qui a engagé le combat. Marqués par l’épreuve, serons-nous transformés par l’espérance ?

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