Dossier H : Joseph De Maistre par Philippe Barthelet

Joseph de Maistre
par Philippe Barthelet

Savoisien de naissance, écrivain français, ambassadeur du roi de Sardaigne, conseiller du tsar de Russie : Joseph de Maistre est l’un des derniers grands Européens. Celui que Baudelaire considérait comme son maître à penser est l’un des auteurs les plus célèbres et les plus méconnus des deux derniers siècles : observateur et juge impitoyable de la Révolution française, de son inspiration et de ses conséquences, inventeur de la métapolitique, on n’a cessé de se heurter à lui alors même qu’on voulait l’ignorer ou le travestir. Son audace métaphysique a suscité des échos et provoqué des réactions bien au-delà de sa famille d’esprit. Le dossier très exhaustif rassemblé par Philippe Barthelet nous fait découvrir pour la première fois l’ampleur et la richesse de cette influence. De Michelet et Lamartine à Soloviev et Unamuno, d’Henri de Saint-Simon à Auguste Comte, de Proudhon à Bakounine et de Remy de Gourmont à Charles-Albert Cingria, de Paul Valéry à Carl Schmitt et de Jacques Maritain à Antonio Gramsci, de Georges Sorel à Charles de Gaulle, d’Ortega y Gasset à Albert Camus et de Cioran à René Girard ou Maurice G. Dantec, c’est toute l’Europe intellectuelle qui se sera définie, d’une manière ou d’une autre, par rapport au rocher Maistre. Avec plus de deux cents contributions, allant de la mention lapidaire à l’essai documenté, du témoignage inédit au poème, ce Dossier H, le plus important jamais constitué, représente une véritable encyclopédie Joseph de Maistre. Le lecteur, même le plus érudit, y découvrira une foison de documents rares ou inédits et de points de vue déroutants. Philippe Barthelet, qui a déjà dirigé le Dossier H Ernst Jünger, nous offre là une somme qui fera date.

L’ésotérisme au féminin
par

Histoire du rôle des femmes dans le champ de la vie spirituelle, depuis notamment la Renaissance, au sein de laquelle les mystiques féminines avaient déjà joué un rôle essentiel. Ce numéro à thème est complété par une incursion dans les milieux de l'”antiglobalisation” avec les “sorcières Wicca”.

Contre-révolution culturelle. Il n’y a d’âme des peuples que populaire
par David Gattegno

Parce que, comme cela a été judicieusement observé, la culture est ce qu’il reste quand on a tout perdu, nous ne réaliserons quelque chose qu’avec “ce qu’il reste”. Au fait, que reste-t-il donc des humanités surannées ? Tout au plus, quelques personnes éduquées se rengorgeant de ce qu’elles se rappellent vaguement… Mais les principes élémentaires d’honneur, de beauté, de politesse et de candeur, dont les feues “humanités” devaient être censément porteuses, qu’en reste-t-il ? Osons le dire : pour tout dire, il n’en reste pour ainsi dire rien. Parce qu’un monde dans lequel la quasi totalité des analphabètes ne sait plus s’exprimer oralement est un monde voué à la cuistrerie des plumitifs, dans l’un des deux meilleurs cas, et à l’éducation dispensée par des ignares arrogants, dans le second. Il faut rebâtir une culture d’urgence, avec l’aide des oeuvres des quelques hommes de l’art qui se sont rudement consacrés à leur devoir dans notre contemporain. Et il ne faut pas confondre les bonshommes de l’art avec les mauvaises personnes de l’artifice et de la flagornerie. Il ne faut pas laisser croître les tiges des productions vicieuses et perfides dont les opaques frondaisons cherchent à étouffer l’épanouissement des quelques fleurs encore sauvages susceptibles d’éclore… Et, dans cette perspective, refusons avec constance de nous enthousiasmer avec les hyènes pour n’importe quelle charogne exhibée et saluée par les chorales médiatiques. Seule, une culture un tantinet recouvrée permettra d’entrebâiller les horizons soigneusement bouchés par les perspectives préfabriquées. Or, ces perspectives, débordantes d’aspartam rutilant, sont les métastases de la pensée cancérigène inoculée dans les consciences.

Théologie de Joseph de Maistre
par Marc Froidefont

La pensée religieuse de Maistre est parfois présentée comme un catholicisme teinté d’illuminisme, voire hétérodoxe. Cette appréciation peut être fortement atténuée si l’on rappelle la proximité doctrinale de Maistre et des théologiens de l’époque. La pensée maistrienne est un molinisme affirmé et consolidé par un recours constant aux Pères et aux Docteurs de l’Église, mais aussi à Origène, dont l’oeuvre, en partie réhabilitée, est souvent sollicitée par les théologiens de la fin du XVIIIe siècle.

CONSTITUTIONS, REPUBLIQUES, MEMOIRES
par Laurent Reverso

Le questionnement sur la République romaine de 1849, et plus généralement sur ce tournant du XIXe siècle qu’est 1849, rassemble la quasi-totalité des questionnements sur la modernité politique, juridique, historique mais aussi littéraire, artistique ou encore diplomatique. Comprendre ces problématiques à travers les idées et les événements particuliers de 1849, c’est en réalité comprendre la modernité dans sa généralité et son universalité.

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