Ethnologie Régionale, Tome 1 : Afrique, Océanie par Goerg Odile

Fêtes urbaines en Afrique
par Goerg Odile

Au fil des pages, les rues et les places des villes africaines s’animent : farandoles d’enfants à Antananarivo, processions religieuses à Ouagadougou, défilés organisés pour les indépendances et leur commémoration, cortèges des fanals à Saint-Louis du Sénégal. Ces manifestations festives et bien d’autres, officielles ou privées, se prolongent dans les bars congolais ou les cours de Lomé. elles mettent en scène des personnages variés, porte-parole de la société : oba du Nigeria, musiciens sénégalais de l’après-guerre, métis du Cap, instituteurs de William Ponty … À travers l’analyse de ces moments forts, qui rompent la routine du quotidien, se font jour les mutations d’une société urbaine qui exprime sa cohésion ou sa diversité. Cependant, alors que les fêtes sont au cœur de toute analyse anthropologique, leur approche sous l’angle historique reste négligée. Des historiens d’horizons divers interrogent ici les concepts de fête et d’espace urbain, sur toile de fond des bouleversements politiques et sociaux des XIXe et XXe siècles. Cet ouvrage questionne à la fois le devenir de cérémonies anciennes et l’émergence de nouveaux moments festifs. Les fêtes situées aux confins du spontané et du codifié, procédant à la fois du politique et du culturel, jettent une lumière nouvelle sur les sociétés africaines. Ces Fêtes urbaines en Afrique allient les traces de la mémoire et des écrits aux tracés spatiaux, mentaux ou sociaux. Surgissent alors, des côtes du golfe de Guinée à Madagascar, les significations mouvantes des festivités urbaines.

Tradition et modernité aux îles de la Société: Les racines
par Claude Robineau

Face aux assauts de la modernité véhiculée depuis deux siècles par le contact européen, dont le dernier avatar a consisté dans les expérimentations nucléaires menées dans l’archipel voisin des Tuamotu, les Polynésiens des îles de la Société se trouvent confrontés à un problème d’identité qu’ils résolvent en recourant à la tradition. Tout comme les éléments étrangers se trouvent digérés à la longue dans le milieu polynésien, ” tahitianisés ” la modernité finit par s’enraciner en tradition jusqu’au moment où une nouvelle modernité, faisant irruption, partira à l’assaut de cette tradition, l’oblitérera, avant à son tour de devenir elle-même, avec le temps, tradition. Le premier livre, qui nous mène du coprah à l’atome, est consacré à la sociologie actuelle des Polynésiens des îles de la Société. L’analyse opère au triple niveau des maisonnées, de la communauté villageoise et de l’île autour des thèmes essentiels : la mobilité, la parenté, le rapport à la terre, le rôle de l’Eglise comme structure supra-familiale essentielle, le rapport à l’argent, la transformation des rapports de classes, le problème de l’emploi. La recherche apporte, d’une part, un faisceau d’éléments qui font l’originalité de la sociologie polynésienne actuelle (idéologie du prestige, de l’aide et du don ; conception du leadership, le chef polynésien, et du pouvoir ; importance du concept de réseaux de relations 😉 elle expérimente, en outre, la méthode qui combine l’analyse structurale et l’analyse dynamique. Le livre second recherche les racines, les fondements historiques de la société traditionnelle. Il montre comment cette société traditionnelle qui s’est effondrée il y a une vingtaine d’années est fille à la fois des novations ingérées par la formation tahitienne ” moderne ” au long du XIXe siècle, celle apparue avec la Révolution technologique et sociale opérée à la suite de la découverte, et à la fois d’une idéologie de la société ancienne qui a survécu au naufrage de cette société.

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