Femmes, Femmes par Anne-Marie LUGAN DARDIGNA

Femmes-femmes sur papier glacé
par Anne-Marie LUGAN DARDIGNA

Nous ne devons pas faire confiance aux magazines féminins ! Ce sont autant de supports agréables, colorés et flatteurs que nous feuilletons et lisons de manière ludique, sans vraiment y prêter attention. Ce sont pourtant ces photos, publicités et gros titres, voire articles, que nous absorbons et qui façonnent, mois après mois, notre silhouette (photos de mode, conseils de maquillage, recettes pour mincir ou manger sainement), mais aussi et surtout nos représentations mentales de ce que doit être une femme. Ils renouvellent et recyclent sans cesse les fondements de notre aliénation de femme dans le système patriarcal, pour mieux le perpétuer tout en servant les intérêts de l’ordre économique et social.
Ce livre, déjà publié en 1974 et 1978 par la Librairie François Maspero, propose une analyse de ces mécanismes mystificateurs à l’œuvre dans l’ensemble des magazines s’adressant aux femmes.


Toutes les femmes ou presque
par Marco Koskas

C’est une aventure littéraire sans equivalent. Marco Koskas a commencé ce livre en 2004 et l’a fini en 2017. Mais pourquoi une elaboration si lente ? dira-t-on. Toutes les femmes ou presque raconte pourtant quelque chose de très simple. C’est l’histoire de David Tolédano, dit Tolé, un écrivain qui aime les femmes. Toutes les femmes. Ou presque toutes. Le couple qu’il essaye de construire avec Cécile se brisera d’ailleurs sur cette addiction, et Tolé, séducteur compulsif devenu papa-poule, traversera alors un continent déserté par le féminin. Ceci, jusqu’à ce que l’amour resurgisse sous les traits de Cheyenne, l’étrange institutrice qui roule en Mercédès décapotable… Epopée de l’hétéro déboussolé, Toutes les Femmes ou presque alterne l’humour burlesque et les scènes d’émotion poignante, tout comme sa liberté de ton sert une morale finalement très traditionnelle. Mais c’est aussi à ces contrastes appuyés qu’on reconnaît le style de cet auteur.

L’Orient des femmes
par Marie-Elise Palmier-Chatelain

Ce recueil de textes offre un vaste nuancier de microlectures sur l’Orient des femmes : non seulement sur les femmes d’Orient, mais aussi sur les femmes en Orient, les femmes et l’Orient. En explorant des domaines aussi divers que l’histoire de l’art, l’histoire des sciences, la littérature classique, la littérature de voyage, l’anthropologie, les sciences politiques et la psychanalyse, ces études apportent l’éclairage de prismes différents, voire divergents, sur une réalité par essence plurielle. L’étude des représentations picturales, de la présence ou de l’absence des femmes dans la science, les littératures et les sociétés orientales, révèle une existence constante du féminin, une existence réprimée ou exaltée mais toujours à la croisée de l’imaginaire et du réel.

L’émergence littéraire des femmes à Lyon à la Renaissance 1520-1560
par Michèle Clement, Janine Incardona

A en croire leurs contemporains, les femmes de Lettres brillèrent tout particulièrement à Lyon dans les années 1550. Il reste de cette effervescence des œuvres encore célèbres, comme celles de Louise Labé et Pernette du Guillet, des textes connus des érudits lyonnais ou des seuls spécialistes, et parfois des traces plus ténues encore, quand les écrits ont disparu sans avoir été publiés. Dans d’autres cas, enfin, il reste des énigmes, comme la mystérieuse autrice des Comptes amoureux de Madame Jeanne Flore, qui pourrait bien n’avoir jamais existé. De fait, le milieu littéraire lyonnais de la Renaissance semble avoir délibérément favorisé l’émergence des femmes en son sein. Les premiers pas reviennent à Clément Marot et Bonaventure des Périers, qui insérèrent dans leurs ouvrages des poèmes de femmes dialoguant avec les leurs, donnant ainsi à voir les noms et les écrits de quelques-unes de ces ” consœurs “. Le milieu éditorial aussi joua un rôle essentiel : en dédiant de nombreuses publications ” aux dames “, en sauvant de l’anonymat des brouillons appelés à disparaître (comme les Rymes de Pernette Du Guillet), en remodelant la présentation de certaines œuvres (comme les Angoysses douloureuses d’Hélisenne de Crenne), en imprimant celles de Marguerite de Navarre, de Louise Labé, de Marguerite de Cambis, et même en accueillant l’étonnante Jeanne Flore, double féminin de juan de Flores, les éditeurs François Juste, Denis de Harsy, Jean de Tournes, Antoine du Moulin, Guillaume Roville, Lucantonio Ridolfi furent autant d’acteurs de la cause littéraire des femmes. C’est aux jeux d’influence de ces différentes composantes, à leurs soubassements sociologiques, idéologiques et littéraires, que les articles de ce volume sont consacrés. C’est aux efforts de chacun et chacune qu’ils tentent de rendre vie.

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