Fritz Lang, Ladykiller par Jean Loup Bourget

Fritz Lang, Ladykiller
par Jean Loup Bourget

La première fois que j’ai vu Les Contrebandiers de Moonfleet, j’avoue que j’ai été déçu, car la bande-annonce m’avait fait attendre un film gothique, ce qui était d’ailleurs, au fond, l’intention de Lang, comme je devais l’apprendre beaucoup plus tard. J’ai vu Metropolis à Chaillot, et Lang en personne quand la Cinémathèque lui a rendu hommage, à l’automne 1964. J’ai écrit ce livre pour essayer de comprendre pourquoi Lang disait préférer M le Maudit à tous ses autres films et pourquoi il n’aimait pas tellement Le Ministère de la peur et Moonfleet, qui sont parmi mes favoris. Aujourd’hui encore, je m’identifie à Jeremy Fox, faux libertin habillé d’écarlate, et totalement au professeur Wanley de La Femme au portrait. Mais c’est dans Le Secret derrière la porte que Joan Bennett m’émeut le plus : longiligne, élégante et mélancolique, promenant sa torche le long du couloir interdit, elle ressemble à l’ouvreuse dans le tableau de Hopper New York Movie.

Histoire du cinŽma mondial 1895 – 2015
par Roland Caffin

Cet ouvrage a dÕabord ZtZ un ensemble de fiches historiques sommaires destinZes ^ des Zl ves de terminale en Histoire de lÕArt. Mais tr s vite il sÕest dZveloppZ pour prendre la forme quÕil a maintenant. Constatant que la littZrature cinZmatographique actuelle Ztait davantage tournZe vers des monographies sur des auteurs, des pays ou des genres, lÕauteur a voulu tenter une approche globale du cinZma depuis sa crZation jusquÕ^ aujourdÕhui ^ travers tous les pays qui le pratiquent. Il a pour cela privilZgiZ le dernier demi-si cle qui a vu sÕZpanouir cet art dans un grand nombre de pays qui l’ignoraient jusquÕalors. Enfin il a souhaitZ le plus souvent possible raccorder son travail ^ lÕHistoire en essayant de montrer combien le cinZma a ZtZ et est de plus en plus le tZmoin de son temps.

Cinématismes
par Jacqueline Nacache, Jean Loup Bourget

Dès sa naissance, parallèlement à son évolution technique, artistique et économique, le cinéma se construit, en tant que concept et instrument d’analyse, dans les discours qui accompagnent son développement. Il constitue un filtre qui permet de poser sur le monde un regard neuf et, dans le domaine des arts notamment, éclaire des formes parfois bien antérieures à son invention. Tel est le principe du cinématisme selon S. M. Eisenstein: « Il semble que tous les arts aient à travers les siècles tendu vers le cinéma. Inversement, le cinéma aide à comprendre leurs méthodes ».
Le présent ouvrage, issu d’un colloque tenu à l’Ecole normale supérieure et à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) en décembre 2010, se donne pour objet l’étude des cinématismes entendus comme l’ensemble des moyens d’interprétation fournis par le 7e art. Centrée sur la littérature, cette réflexion interdisciplinaire envisage d’une part la notion de cinématographicité du texte littéraire et ses enjeux théoriques, d’autre part les discours au fil desquels le cinéma est devenu référent, comparaison ou norme. Elle examine enfin les oeuvres dans lesquelles se repèrent, sur le plan de l’inspiration comme du style, les indices d’un cinéma réel ou rèvé.

Le flash-back
par Yannick Mouren

Même si l’image est toujours au présent, le récit filmique peut transporter le spectateur dans le passé. Une grande part de la « magie » du cinéma tient à cette capacité singulière qu’il a de partir à reculons, à l’improviste, et d’appuyer l’évocation du présent par la reconstitution subite du passé. De Soudain l’été dernier à Kill Bill, le cinéma s’attache à construire et résoudre maintes énigmes, et à épouser les jeux subtils et enchanteurs de la mémoire.

Ce voyage temporel s’accomplit via la figure narrative que l’on nomme flash-back. L’objectif de cet ouvrage est d’en offrir une analyse sous l’angle narratologique (la relation du flash-back au reste du film), sous l’angle technique du montage (les ponctuations utilisées pour signifier le passage à la séquence située dans le passé), enfin sous l’angle sémantique (les significations, valeurs et fonctions du syntagme rétrospectif).

L’étude ne serait pas complète sans une approche historique qui met en lumière l’évolution de l’emploi et des modalités de ce procédé narratif et sa présence dans certains genres, comme le film noir. Sont enfin analysées les oeuvres marquant une rupture dans l’utilisation du flash-back.

Illustré par des exemples empruntés aux époques et aux filmographies les plus diverses, ce livre sera utile à tous ceux que le cinéma intéresse, étudiants, enseignants et bien sûr cinéphiles.

Yannick Mouren est docteur en études cinématographiques et chargé de cours à l’université de Paris I.

Ordre. Les quatre concepts cardinaux. Le flash-back externe, partiel (continu ou discontinu), unique. Le flash-back externe, complétif. Le flash-back externe, semi-complétif, continu, raccordant. Le flash-back partiel, interne. Procédés d’enchâssement. Signes placés avant et après le flash-back. Signes placés pendant le déroulement du flash-back. Signe zéro. La métalepse narrative. Le flash-back gigogne. Le flash-back numérique. Sémantique. Fonctions. Valeurs. Histoire. Le cinéma muet. Les années 1930. Les années 1940. La situation du flash-back dans le cinéma classique. Les films-ruptures. Jeu avec les complexifications. Le flash-back aujourd’hui : jouer avec l’anticipation spectatorielle. Le flash-back demain, les films rétrogressifs.


Hollywood, la norme et la marge
par Jean-Loup Bourget

nouvelle présentation

La double ambition de cet ouvrage est de proposer un panorama du « cinéma hollywoodien classique » (1930-1960), et de formuler quelques hypothèses permettant d’expliquer la diversité et la complexité, trop souvent méconnues, de ce cinéma.
L’auteur présente les principaux genres du cinéma hollywoodien, l’esthétique des grands studios, les implications du code d’autocensure, la typologie des stars.
Souvent perçu comme une moyen de propagande et de réforme sociale, même à Hollywood , le cinéma est envisagé en premier lieu dans son contexte idéologique, puis dans son environnement artistique : art de masse, il s’inscrit dans un horizon culturel complexe.
Ce livre fait enfin le point sur les échanges artistiques entre Hollywood et les autres cinémas, allemand, anglais, scandinave, Italien… Il se conclut par une étude des marges esthétiques qui ne cessent de parasiter la belle ordonnance du classicisme hollywoodien.

Jean-Loup BOURGET est professeur d’études cinématographiques à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm. Membre du comité de rédaction de la revue Positif, il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages consacrés à la culture américaine.

Le système hollywoodien. Les genres : présentation générale ; drames et comédies. Les genres : films d’action et d’aventures. Les studios. Le Code. Les stars. Le contexte idéologique et culturel. L’idéologie. Les sources du cinéma américain. Les marges du classicisme. Hollywood et les autres cinématographies. Les marges esthétiques.


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