Grands Spirituels Orthodoxes Du 20E Siècle : Lettres Spirituelles par Yvan Koenig

Lettres spirituelles
par Yvan Koenig

L’Ancien Joseph l’Hésychaste (1898-1959) est l’une des figures majeures de la spiritualité orthodoxe au XXe siècle. Il fut, au Mont-Athos, le principal restaurateur du mode de vie hésychaste, en particulier de la ” prière de Jésus “. Ses disciples peu nombreux, mais remarquables ont, après sa mort, répandu, par leur activité et leur rayonnement, son enseignement et sa pratique dans tout le Mont-Athos, puis dans toute la Grèce, à Chypre jusqu’en Amérique du Nord. Un ouvrage précédent a fait connaître aux lecteurs francophones sa vie et son enseignement. Le présent ouvrage, célèbre dans l’ensemble du monde orthodoxe et déjà traduit en de nombreuses langues, contient l’essentiel de son œuvre écrite : quatre-vingt-une lettres, destinées à des moines et à des fidèles vivant dans le monde, et une longue lettre adressée à un ermite hésychaste, constituant un petit traité de vie spirituelle. Vrai père spirituel, l’Ancien Joseph savait s’adresser à chacun en fonction de ses conditions de vie, de son propre état intérieur et de ses propres besoins. Dans ces Lettres qui traitent de tous les aspects de la vie spirituelle et contiennent une multitude de conseils pratiques, chaque lecteur pourra aussi trouver une nourriture adaptée à sa propre situation et proportionnée à son désir de progresser dans ” la vie en Christ “.

Propos d’un moine orthodoxe
par Placide Deseille, Jean-Claude Noyé

Qu’est-ce que l’orthodoxie ? Qu’est-ce qu’être moine dans la tradition orientale ? Jean-Claude Noyé interroge le père Placide Deseille, fondateur des monastères de Solan (Gard) et de Saint-Laurent-en-Royans (Drôme). Il aborde avec lui les grandes thématiques liées à cet univers spirituel. Parti du monde catholique et cistercien, son parcours vers l’orthodoxie est passionnant. Au total, c’est toute une page de l’histoire de l’Eglise du XXe siècle qui s’écrit ici, faite de recherches, de tâtonnements, de convergences et de divergences, de ruptures et de rapprochements. A sa manière, le père Deseille symbolise et synthétise dans sa personne l’Eglise indivise, à laquelle il se réfère constamment. Staretz des temps modernes qui a su regrouper autour de lui un cercle de fidèles séduits par la vie mystique de l’Eglise orthodoxe, il a beaucoup à nous dire sur la vie de l’Esprit. Et sur la possibilité toujours offerte aux hommes et femmes de ce temps d’y participer…

L’ancien Ephrem de Katounakia
par Joseph de Katounakia

Le Père Ephrem de Katounakia (1912-1988) est l’un des plus grands spirituels orthodoxes du XXe siècle et l’un des plus grands hésychastes de notre époque. Son disciple le Père Joseph, qui vécut pendant vingt ans auprès de lui dans son ermitage du Mont-Athos, présente, dans ce beau livre, sa vie et son enseignement, ainsi que divers textes – lettres, petits discours spirituels, prières improvisées – dont il est l’auteur. Ces pages sensibles et souvent poignantes font apparaître l’exceptionnelle personnalité de ce moine habité par la grâce, sans rien cacher des difficultés qu’il eut à affronter tout au long de son existence. Profondément humain, ce livre, qui est avant tout le récit d’une expérience vécue, montre que la sainteté, si elle s’exprime finalement dans des charismes exceptionnels, s’acquiert dans les plus petits gestes et les moindres attitudes de la vie quotidienne vécus en Dieu, et dans le respect d’une règle de vie simple, mais suivie avec constance. On trouvera ici la vie exemplaire d’un saint contemporain, mais aussi des enseignements riches et concrets sur des sujets aussi divers que le renoncement, la vie communautaire, la place et le rôle du Père spirituel, l’obéissance, les lectures spirituelles, l’examen de soi, le repentir, le zèle, le recueillement, les tentations, le combat intérieur, la patience, l’humilité, les larmes spirituelles, l’amour de Dieu et du prochain, la louange, et la Prière de Jésus, dont le Père Ephrem était un maître renommé. Ces conseils pour la vie spirituelle, toujours donnés d’une manière simple et imagée, ne s’adressent pas seulement à des moines, mais à tous les chrétiens soucieux d’accomplir en profondeur l’idéal évangélique.

La colombe d’argent
par Andrej Belyj

Lorsqu’il écrivit La Colombe d’argent, son premier roman, en 1909, Andréi Biély se plaça d’emblée dans la lignée de Gogol. Voici la province russe, un village et sa galerie de grotesques : hobereaux, marchands, artisans, fonctionnaires, filous, popes et paysans. Voici la plaine russe parcourue par les vagabonds, et puis la forêt, l’immensité, l’espace, les troïkas qui filent… Intellectuel occidentalisé, déçu par toutes les idéologies mais ayant toujours au cœur la nostalgie d’un idéal inconnu, le héros de La Colombe d’argent, Darialski, se laisse séduire par une paysanne inculte, symbole pour lui de la Russie profonde, de la terre, et tombe sous la coupe d’un homme sombre et rusé, fondateur d’une secte maléfique. Cela finira mal… C’est une Russie mi-païenne, mi-chrétienne, la Russie des convulsionnaires et des flagellants, mais aussi la Russie en proie à l’essor du capitalisme et à l’effervescence révolutionnaire, infiltrée d’espions et de provocateurs qui est présentée ici. Les scènes d’envoûtement ou de transes érotico-mystiques, scandées de formules magiques, de refrains naïfs ou paillards sont parmi les pages les plus extraordinaires du roman. Est-ce bien un roman? Œuvre de mystique, de poète, récit initiatique et rapport d’ethnographe, conte philosophique et roman policier, satire hilarante et drame sanglant, La Colombe d’argent est inclassable. Elle a ébloui Blok et Essenine et influencé toute la littérature russe du XXe siècle.

L’Ancien Charalampos
par

L’Ancien Charalampos (1910-2001), moine du Mont-Athos, fut l’un des plus proches disciples du grand Joseph l’Hésychaste (1898-1959), et même, selon certains témoins, son disciple préféré. Ce livre, qui retrace sa vie, dépeint sa personnalité spirituelle et transmet ses principaux enseignements, a été écrit par l’un des moines de sa communauté, qui a vécu auprès de lui pendant trente-six ans. Le Père Charalampos vécut dans la petite communauté de l’Ancien Joseph de 1950 jusqu’à la dormition de celui-ci en 1959. Il continua ensuite, avec son oncle l’Ancien Arsène le Spiléote, compagnon d’ascèse de l’Ancien Joseph, à mener le même genre de vie hésychaste à Néa-Skiti puis, à partir de 1967, au kellion de Bourazéri. En 1979, il fut appelé à venir repeupler le grand monastère cénobitique de Dionysiou, dont il devint l’higoumène jusqu’en 1989 et le père spirituel jusqu’à sa dormition en 2001. Grand ascète et grand orant, l’Ancien Charalampos acquit très tôt une grande réputation, au Mont-Athos et bien au-delà, comme confesseur et comme père spirituel, et surtout comme maître de la prière hésychaste. Beaucoup le considéraient même, dans les dernières décennies du XXe siècle, comme le plus grand hésychaste du Mont-Athos. L’enseignement de l’Ancien était exclusivement oral et prenait appui sur son expérience. Il n’a pas laissé d’écrits en dehors de quelques lettres. Ce livre est donc surtout biographique, mais repose néanmoins sur des récits de l’Ancien aux membres de sa communauté, dont il donne de nombreuses citations. Quelques-unes de ses lettres ont été ici publiées séparément ou synthétisées. L’ensemble, sans être exhaustif, donne un bon aperçu de son enseignement qui porte surtout sur deux points : la pratique de la Prière de Jésus et la communion fréquente. Ce livre met également en évidence, outre les qualités de confesseur de l’Ancien, quelques-unes de ses vertus caractéristiques, en particulier son obéissance inconditionnelle à son père spirituel, son humilité, sa simplicité, et son oubli soi au service de Dieu et du prochain.

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