J’étais Un Rat ! par Philip Pullman

J’étais un rat!
par Philip Pullman

” J’étais un rat ! ” affirme Roger. Mais maintenant, qui est-il ? ” Un monstre effrayant qui hante les égouts “, selon un journal à sensation. ” Un phénomène de foire “, prétend M. Lachignole, le forain. Un excellent passe-partout, espère Billy, le voleur. Et s’il n’était qu’un petit garçon ordinaire qui se conduit parfois de manière un peu bizarre ? Une histoire cocasse et émouvante racontée comme un véritable conte de fées, avec tout le talent de l’auteur de la célèbre trilogie A la croisée des mondes.

Rue des rats
par François Forestier

Entre la Goutte d’or et la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris, la drogue est partout. La misère et l’injustice ont colonisé le quartier et les rats ont envahi les murs, les poubelles, les caniveaux … Deux gangs blacks règnent sur tous les trafics : les Hommes du Sel et les Hommes des Hommes. Max Mpétigo, un métis expert en risque industriel, regarde partir à la dérive ce petit monde qu’il connaît comme sa poche. Mais cette fois, les habitants algériens, soudanais, coréens, Haïtiens, croates ou biélorusses sont en colère : les immeubles menacent de s’écrouler, d’impromptus incendies se multiplient, les flics découvrent les cadavres de toxicomanes atrocement mutilés et une énième bavure policière achève de mettre le quartier sens dessus-dessous… Quand le commissaire Sétubal, dépassé par les évènements, l’appelle en renfort, Max répond présent. Mais son enquête prend une tout autre tournure lorsqu’il découvre que son ami Macdou, qui tient le resto le plus populaire de la rue Doudeauville, a mis les mains dans une sale affaire… Plongé dans les sombres luttes de pouvoir qui déchirent son territoire, Mpétigo parviendra-t-il à sauver son ami et à éviter que le fragile équilibre du quartier ne vole en éclat ?

Naissance
par Yann Moix

La naissance ne saurait être biologique : on choisit toujours ses parents. Naître, c’est semer ses géniteurs. Non pas tuer le père, mais tuer en nous le fils. Laisser son sang derrière, s’affranchir de ses gènes. Chercher, trouver d’autres parents : spirituels. Ce qui compte, ce n’est pas la mise au monde, mais la mise en monde. Naître biologiquement, c’est à la portée du premier chiot venu, des grenouilles, des mulots, des huîtres. Naître spirituellement, naître à soi-même, se déspermatozoïder, c’est à la portée de ceux-là seuls qui préfèrent les orphelins aux fils de famille, les adoptés aux programmés, les fugueurs aux successeurs, les déviances aux descendances. Toute naissance est devant soi. C’est la mort qui est derrière. Les parents nous ont donné la vie ? A nous de la leur reprendre. Le plus tôt possible.


Mémoires d’un rat (Nouv. éd.)
par Andrzej ZANIEWSKI

” Cher lecteur, n’oublie pas que, lorsque j’ai décrit de façon minutieuse et naturaliste l’existence d’un rat, c’est à toi que je pensais. “
” Je n’ai pas retenu grand-chose de ce lointain éveil de ma conscience, du temps où je ne savais même pas que j’étais un rat et où mon imagination, encore en sommeil, n’expliquait rien, ne pressentait rien.
Outre mon attirance vers la lumière, vers la moindre source de clarté transperçant mes paupières, je réagissais aux couinements aigus de ma mère. S’ajoutant à l’odeur des mamelles et à la chaleur rassurante, ils étaient là pour me guider, m’instruire, me contraindre.
Mon ouïe n’est pas encore formée, mes orifices auriculaires sont soudés et seule une toute petite partie des sons pénètre à l’intérieur. Pourtant, je distingue aussitôt le cri perçant de ma mère que j’associe à la chaleur et au goût délicieux du lait.
Ma peau, jusqu’à présent nue et rose, se couvre peu à peu d’un délicat duvet gris, je le sens, j’ai de plus en plus chaud. Désormais je ne crains plus de rester couché à découvert. “


Le peuple des rats
par Patrick Saint-Paul

« Mao les avait glorifiés. La Chine moderne leur doit son miracle économique. La première puissance mondiale en devenir s’est hissée sur les épaules de ces millions de paysans transformés en ouvriers. S’inscrivant dans la plus grande migration humaine de l’histoire, cette masse laborieuse a quitté les campagnes. A Pékin, ils sont plus d’un million à peupler les sous-sols insalubres de la capitale. Enchaînant les petits boulots en attendant de trouver mieux, les Mingongs – les ouvriers migrants – sont forcés de vivre sous terre. Venu des quatre coins du pays, issu de minorités ethniques diverses, ce peuple avance sans états d’âme à la recherche d’une vie meilleure. Il a fini par adopter le surnom dont il a été affublée: les Shuzu, la « tribu des rats »…
Je suis allé à sa rencontre dans les boyaux tentaculaires de Pékin. J’ai partagé leur quotidien, par petites immersions, pendant près de deux ans : dans un monde interdit, sans fenêtre, sans eau et sans chauffage, éclairé au néon. Je les ai suivis dans leurs villages d’origine. Je suis allé à la rencontre des dizaines de millions d’enfants qu’ils ont abandonnés dans les campagnes. Car ils sont l’incarnation des paradoxes chinois. Le rêve du président Xi Jinping, apôtre de l’idéologie maoïste, est un lointain mirage pour eux, au pays du capitalisme débridé. Leur vie n’a rien du conte de fée. Mais ils ne sont pas prêts de renverser le système… La propagande du Parti Communiste, l’espoir d’une vie meilleure et la résurgence du confucianisme ont fait des « miracles ». »P. S.-P.

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