La Décroissance par Nicholas Georgescu-Roegen

La décroissance
par Nicholas Georgescu-Roegen

La pensée économique occidentale, en considérant le processus économique comme un mouvement circulaire de va-et-vient entre production et consommation dans un système clos, séparé de notre monde terrestre, a complètement ignoré la métamorphose de la science depuis la double révolution intellectuelle de Carnot et Darwin : la découverte de l’entropie et de l’évolution. Enfermée dans le splendide isolement de son modèle mécaniste imité de la prestigieuse Mécanique rationnelle de l’Europe classique, la science économique de notre civilisation thermo-industrielle ignore superbement les interactions réelles entre l’activité techno-économique, prolongement par d’autres moyens de l’évolution biologique, et les transformations de l’environnement planétaire. Le dogme économique de la Croissance est une abstraction qui trompe les gens et se trompe. En contradiction flagrante avec la perspective globale de la nouvelle science écologique du système Terre, l’idéologie économique du développement et de la croissance n’est en fait qu’une mythologie qui ignore l’irréversibilité de l’entropie croissante et refoule l’existence même des limites de la Biosphère. En mettant en évidence les rapports intimes entre la Loi de l’Entropie (le Second Principe de la Thermodynamique) et le processus économique, Nicholas Georgescu-Roegen, le dissident le plus radical de la science économique dominante de l’Occident, a dévoilé une vérité proprement écologique qui s’impose désormais au monde entier. Les pionniers de l’économie écologique et de l’écologie industrielle s’en inspirent. La mouvance actuelle des “objecteurs de croissance” a fait de La Décroissance un livre phare.

La décroissance
par Serge Latouche

Le terme « décroissance » est récent dans le débat économique actuel, même si l’idée a une histoire plus ancienne. Mais que désigne-t-il au juste ? Une inversion de la courbe de croissance du produit intérieur brut (PIB), indice statistique censé mesurer la richesse ? Ou la fin de l’idéologie de la croissance, c’est-à-dire du productivisme ? Si la croissance est une croyance en un progrès infini – pourtant chaque jour démenti par les ressources nécessairement limitées de la planète –, alors la décroissance est un gros mot, voire un blasphème. C’est pourtant cette idée qui permettrait de réenchanter le monde, non pas en substituant à la religion de la croissance une religion inverse, mais en retrouvant la dimension spirituelle, quoique laïque, de l’homme, lequel n’est pas qu’un homo œconomicus. David Henry Thoreau, le précurseur de la décroissance, disait que « serait un poète celui qui pourrait enrôler vents et rivières à son service, afin qu’ils parlent pour lui ». La décroissance, c’est cet art de vivre, un art de vivre bien, en accord avec le monde, un art de vivre avec art.


Vivement la décroissance !
par

L’apparition de Jésus de Nazareth sur terre marqua le début d’une nouvelle ère pour l’Humanité, mais le départ effectif du mouvement subit un délai trente ans pour cause de vocation tardive, les changements notoires induits accusèrent un retard d’un ou deux siècles en raison du faible développement des médias de l’époque et de l’absence de Facebook, et enfin, la ratification calendaire fut contrainte à une attente de plus de huit cent ans pour des motifs restés inexpliqués. Il est à parier que ces regrettables atermoiements ne se reproduiront pas lorsque, d’ici quelques années nous entrerons de plein pied dans l’ère de la décroissance.

Politique(s) de la décroissance
par Michel Lepesant

Un ouvrage fort et engagé qui plaide pour une entrée véritable dans la décroissance si souvent évoquée.

Le mouvement de la décroissance se doit d’entrer dans une nouvelle phase.
Il ne suffit plus de dénoncer l’impasse de la croissance, d’annoncer la catastrophe qui vient, de prophétiser tel ou tel effondrement.

Entre le rejet du monde d’hier et le projet de celui de demain, c’est d’un trajet dont nous avons besoin, pour ici et maintenant. Mais est-ce suffisant de définir la décroissance comme un trajet? Et pour ce faire, quels rapports les décroissants doivent-ils entretenir avec le/la/les politiques ?

Les initiatives concrètes et les expérimentations sont-elles suffisantes pour constituer les pièces éparpillées d’un gigantesque puzzle qui préfigurerait le monde convivial et serein de demain ? Ne risque-t-on pas de se disperser et de s’égarer dans des mondes parallèles faits d’expérimentations minoritaires tout à la fois compatibles et tolérées par le système dominant ?

La juste critique du gaspillage ne risque-t-elle pas de dériver vers une injuste et indécente défense de la pénurie ? La simplicité volontaire est-elle un ascétisme qui n’ose pas dire son nom ?

Ce livre défend une pédagogie de la décroissance qui consiste, non pas à comprendre avant de faire, mais à faire en s’interrogeant. Car on ne peut avoir raison contre tous. Les minorités, fussent-elles les plus cohérentes, dans leur Faire, leur Agir et leur Penser, doivent finir par affronter l’épreuve politique de la majorité. C’est un autre trajet auquel la décroissance ne peut se soustraire.

La décroissance est le nom politique qui désigne la transition d’une société de croissance à une société d’a-croissance. Ce livre prétend explorer ce que le « dé » de la « décroissance » peut apporter à cette hypothèse politique.

Cet ouvrage s’adresse aux décroissants et plus largement à tous ceux que ce mot, cette philosophie ou ce mouvement, interpellent.

EXTRAIT

Aujourd’hui, beaucoup de décroissants sont engagés, individuellement ou collectivement, dans de multiples expérimentations minoritaires, dans des « alternatives concrètes », dont ils peuvent tirer la « théorie de la pratique ». N’est-il pas temps alors de passer des défenses générales en faveur de LA décroissance à des argumentations plus particulières, et de traduire la maturité politique de la décroissance par des études dirigées vers une thématique précise ?

À PROPOS DE L’AUTEUR

Michel Lepesant habite dans la Drôme (où il tire un revenu d’existence de l’enseignement de la philosophie), il est à l’origine de plusieurs projets d’alternatives concrètes : une amap, une association de producteurs-consommateurs, et surtout il est l’un des trois co-fondateurs d’une monnaie locale complémentaire, la Mesure. Il se définit comme un « décroissant » et anime le Mouvement des objecteurs de croissance (le MOC).
Il vient de coordonner deux ouvrages collectifs. Notre décroissance n’est pas de droite (chez Golias, novembre 2012) et L’antiproductivisme. Un défi pour la gauche ? (Parangon, mai 2013).


Le pari de la décroissance
par Serge Latouche

Le terme «décroissance » sonne comme un défi ou une provocation, même si nous savons bien qu’une croissance infinie est incompatible avec une planète finie. L’objet de cet ouvrage est de montrer que si un changement radical est une nécessité absolue, le choix volontaire d’une société de décroissance est un pari qui vaut la peine d’être tenté pour éviter un recul brutal et dramatique.

Il s’agit donc d’une proposition nécessaire pour rouvrir l’espace de l’inventivité et de la créativité de l’imaginaire bloqué par le totalitarisme économiciste, développementiste et progressiste. Bien évidemment, elle ne vise pas au renversement caricatural qui consisterait à prôner la décroissance pour la décroissance. Celle-ci n’est envisageable que dans une « société de décroissance », c’est-à-dire dans le cadre d’un système reposant sur une autre logique.
Reste le plus difficile : comment construire une société soutenable, y compris au Sud ? Il faut en expliciter les diverses étapes : changer de valeurs et de concepts, changer de structures, relocaliser l’économie et la vie, revoir nos modes d’usage des produits, répondre au défi spécifique des pays du Sud. Enfin, il faut assurer la transition de notre société de croissance à la société de décroissance par les mesures appropriées.

La décroissance est un enjeu politique, et il est d’ores et déjà certain qu’elle ne sera pas absente du débat électoral de 2007.


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