La Divinisation De L’homme Selon Saint Maxime Le Confesseur par Jean-Claude Larchet

La Divinisation de L’Homme Selon Saint Maxime Le Confesseur
par Jean-Claude Larchet

Saint Maxime le Confesseur (580-662) apparaît aujourd’hui comme l’un des plus grands théologiens byzantins. Dans son œuvre, les acquis patristiques antérieurs se trouvent rassemblés et intégrés en une synthèse puissante et géniale. La doctrine des deux volontés et des deux énergies du Christ, qu’il confessa jusque dans le martyre, fut officiellement adoptée par l’Eglise lors du VIe concile œcuménique (Constantinople III). Mais Maxime a aussi été qualifié de ” docteur de la divinisation “. Ce thème, qui occupe une place centrale dans la spiritualité de l’Orient chrétien, trouve, en effet, dans l’œuvre du Confesseur l’une de ses expressions les plus fortes et les plus achevées et contribue pour une grande part à définir la nature et les relations de sa théologie, de sa cosmologie, de son anthropologie, de son ascétique et de sa mystique. Cette étude approfondie et nourrie de nombreuses citations, la plus vaste qui ait été consacrée jusqu’à ce jour à cet auteur, nous ouvre donc l’accès à une compréhension de la pensée de Maxime dans son ensemble, en même temps qu’elle nous introduit au cœur de la christologie et de la mystique orthodoxes.

Maxime le Confesseur
par Vasilios Karayiannis

La foi est un héritage des apôtres, transmis par leurs successeurs dans l’Eglise, et dont le contenu doit être sauvegardé intègre. Le devoir, devant cette tradition de la foi, fait dire à saint Maxime: ” Avant tout et pour tout, soyons sobres et vigilants, surveillant les attaques des voleurs, afin que nous ne soyons pas dépouillés par eux; gardons surtout le grand et le premier remède de notre salut, je veux dire l’excellent héritage de la foi, la confessant ouvertement dans le corps et dans l’âme, comme les Pères nous ont instruits ” (Lettre 12, PG 91, 4651). Cette exhortation constitue le principe sur lequel saint Maxime base toute son attitude face aux dangers des attaques hérétiques contre la foi. Prévoit-il de manière prophétique son cheminement vers la confession de la foi ?

Dictionnaire des philosophes médiévaux
par Benoît Patar

Ce dictionnaire est la refonte complète et fortement augmentée d’un Dictionnaire abrégé des philosophes médiévaux paru en 2000. Il est le fruit de recherches menées depuis plus de trente-cinq ans et se veut un instrument de haute érudition tout autant qu’un outil de consultation. Il n’est donc pas réservé seulement aux spécialistes de la philosophie médiévale, mais s’adresse aussi à quiconque s’intéresse de près ou de loin aux grandes orientations de la pensée du Moyen Age. Il comprend plus de 450 entrées consacrées aussi bien à des penseurs occidentaux, tels que Pierre Abélard, Philippe le Chancelier, Duns Scot, Buridan, Ockham ou Thomas d’Aquin, qu’à des philosophes arabes, tels que Al-Fârâbî, Avempace, Avicenne ou Averroès, ou juifs, tels que Maïmonide ou Gersonide. Il passe également en revue les principaux savants, traducteurs et auteurs spirituels de cette époque, tout en les replaçant dans les courants de pensée qui leur sont contemporains. Pour la première fois, un ouvrage de langue française permet de faire la synthèse à peu près complète des grandes orientations doctrinales de l’Antiquité finissante et du Moyen Age.

La théologie des énergies divines… humaines et cosmiques
par Bertrand Souchard

Catholiques et orthodoxes se revendiquent ensemble du concile Constantinople III qui affirme « une énergie divine et une énergie humaine » pour le Christ, refusant le monoénergisme théandrique. Pourtant, des catholiques (thomasiens) défendent une simplicité divine, une grâce créée et une vision de Dieu alors que des orthodoxes (palamites) soutiennent une distinction réelle entre essence et énergie en Dieu, une énergie incréée et un Dieu inconnaissable. L’examen des divergences ne permet-il de voir des convergences ? Dans l’Écriture, si l’énergie se rapporte souvent à une opération de Dieu, elle est aussi l’énergie de l’homme et des éléments de la nature, incréée et créée. La théologie des énergies divines n’est-elle pas aussi une théologie des énergies humaines et cosmiques ? L’examen et la comparaison de l’énergie chez Aristote et de l’énergie chez Plotin permettent de saisir des divergences. Avec le Stagirite, nous avons une analogie des énergies physique, biologique, sensible, intellectuelle, éthique et théologique. L’Un plotinien conduit la foi chrétienne à toujours plus d’équivocité et d’altérité, selon une forme de monoénergisme divin. Méditer et articuler les différentes présences de Dieu (création, grâce et incarnation) peut aider à saisir les convergences. Les Latins pourraient reconnaître qu’ils ont besoin d’une théologie des énergies qui ne peut pas se réduire à l’acte et à la substance, car l’actus latin, statique, juridique et théâtral n’est pas l’energeia grec, dynamique, physique et éthique. Les Grecs peuvent saisir que cette théologie des énergies doit prendre des accents aristotéliciens, à la suite de saint Maxime le confesseur, au-delà de Plotin et du néoplatonisme.

La voie du Christ, II
par Michel Fédou

Entre le IVe et le VIIIe siècle, certaines doctrines reconnues comme hétérodoxes portaient la marque d’influences philosophiques extérieures à la tradition chrétienne (ainsi l’arianisme d’Eunome) ; là où les débats christologiques paraissaient purement intra-ecclésiaux, ils n’en conservaient pas moins une grande portée pour la compréhension de l’originalité de la foi chrétienne par rapport à d’autres traditions. Surtout, si importants qu’ils aient été entre des auteurs qui se voulaient tous chrétiens (qu’ils fussent fidèles à Nicée ou partisans d’Arius, chalcédoniens ou membres d’une Église nestorienne ou monophysite), ces débats ne doivent pas faire oublier les situations dans lesquelles le christianisme a été, dans la seconde moitié de l’époque patristique, directement confronté à des traditions religieuses anciennes ou nouvelles depuis le judaïsme et les courants issus du monde gréco-romain jusqu’à l’islam, sans oublier les sagesses ou religions de la Chine que découvrirent, vers la fin de cette époque, des missionnaires nestoriens venus de Perse. Tel est le contexte aussi vaste que l’Orient alors connu dans lequel les chrétiens des IVe-VIIIe siècles se sont efforcés de dire la signification de la foi au Christ. L’enjeu était de rendre témoignage à cette foi dans un monde marqué par toutes sortes de croyances, de pratiques ou de traditions religieuses. Et cet enjeu demeure plus actuel que jamais.

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