La Production Du Corps par Maurice Godelier, Michel Panoff

La production du corps
par Maurice Godelier, Michel Panoff

Jusqu’à quel point le corps fait-il l’identité d’un être humain ? Et pour combien de temps si quelque chose survit de lui, après sa mort, et qui n’est plus tout à fait son corps ? Dans toutes les cultures il semble que l’humanité, sous des formes diverses, fut amenée à se représenter l’être humain comme composé de deux parts: une part périssable et une part qui continue d’agir bien au-delà de la mort, même si elle n’est pas immortelle. Ces deux parts ne se réduisent pas nécessairement à “un” corps et “une” âme. Chez les Yanomami d’Amazonie tout individu a deux corps, son corps visible et un double animal, invisible, mais qui meurt quand l’autre meurt. Chez les Maenge de Nouvelle-Guinée l’individu a deux âmes, même s’il n’a qu’un seul corps. Comment comprendre ce qui est divisible et indivisible dans l’individu ? Et qui fabrique le corps des humains ? Suffit-il d’un homme et d’une femme, et quel est l’apport de chacun dans la composition d’un troisième ? Beaucoup de sociétés pensent qu’il faut plus de deux êtres humains pour faire un être humain. Il faut que l’esprit d’un ancêtre, ou l’action d’un dieu viennent sinon animer ce corps, du moins le rendre complet, l’achever. Chacun naît donc, avec inscrit à l’intérieur de soi, formant comme une sorte d’intimité impersonnelle, un ensemble d’idées, d’images, de valeurs, par lesquelles s’impriment dans son corps l’ordre ou les désordres qui règnent dans sa société. Seize anthropologues et historiens ont exploré ces réalités culturelles dispersées dans l’espace et dans le temps.

L’apprentissage du corps après l’accident
par Ève Gardien

L’accident provoque un changement corporel brutal, qui rompt avec la transformation corporelle ordinaire, toute en continuité et en fluidité. Le corps est soudainement vulnérable, ébranlé par une transformation radicale, à savoir: l’avènement d’un nouveau potentiel corporel. Ce ” nouveau ” corps ne se résume pas à un donné biologique naturel et premier, complet et définitif, et dans ce cas irrémédiable. Il va s’agir de le rééduquer. Ainsi, ce potentiel corporel va être l’objet d’un formatage dans le cadre de soins et d’une vie en collectivité, d’une transmission de techniques du corps par les soignants et les rééducateurs, d’une conformation sous l’influence des pairs, d’une sémantisation collective et progressive. L’expérience corporelle de l’homme blessé se développe en interaction avec son environnement humain, matériel, technologique, social et culturel. Le changement corporel ne trouve pas immédiatement sens au sortir du coma: le réseau sémantique qui permettait jusqu’alors l’interprétation des signaux corporels se révèle progressivement caduque. Au fil de l’analyse sociologique, le handicap se révélera le fruit d’apprentissages, le produit d’une socialisation. Et si la chair impose ses contraintes objectives, les significations intériorisées et mises en acte par l’individu, ses pairs et les professionnels de santé soumettent en retour la matière corporelle à leur dictat. Au fur et à mesure de la sémantisation de l’expérience du corps blessé, la matière organique se transforme, et le blessé, d’accidenté devient handicapé.

Le corps humain
par Christine Brooker

Indispensable à l’apprentissage de la profession d’infirmier, cet ouvrage relie l’anatomie et la physiologie à la connaissance des dysfonctionnements et des pathologies en tenant compte du rôle infirmier qu’ils impliquent. Basé sur les structures et le fonctionnement normal de l’organisme – l’homéostasie -, il propose les éléments qui serviront à définir le cas pathologique. Regroupés en huit grandes parties qui traitent chacune d’un système, comme le fonctionnement de la cellule ou la régulation de l’intégration des processus physiologiques, les différents chapitres présentent de nombreux renvois internes soulignant ainsi l’unité de notre organisme et permettant une meilleure compréhension de l’individu malade. Cette seconde édition s’est enrichie de nouvelles connaissances et d’un chapitre sur la croissance et le développement. Quant aux outils pédagogiques, ils sont particulièrement efficaces et adaptés aux professions paramédicales : vues d’ensemble, objectifs d’apprentissage, définitions des mots clés, caractères gras pour les mots essentiels ou italiques pour les termes relatifs à la pathologie, tests d’autoévaluation à la fin de chaque chapitre, interventions infirmières, cas cliniques et mises au point, pour les pathologies fréquentes ou les problèmes de santé publique. La nouvelle présentation en deux couleurs accroît sa valeur pédagogique, grâce à des icônes évocatrices et à une nouvelle présentation des schémas et des tableaux favorisant la mémorisation des données anatomiques et physiologiques.

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