L’après-Saddam En Irak : Les Plans, Les Hommes, Et Les Problèmes par Hichem Karoui

L’après-Saddam en Irak
par Hichem Karoui

” L’enquête minutieuse et éclairante de Hichem Karoui, du Centre d’Etudes de l’Orient Contemporain (CEOC), nous donne des éléments clés pour la compréhension de l’égarement idéologique qui a induit les tenants du ” Project for a New American Century ” (PNAC) en erreur. […] La promotion d’une hégémonie planétaire au moyen d’une armée super technologique ne fait pas éviter à l’Amérique la naissance d’une superpuissance concurrente. Elle risque de l’enliser dans des conflits inextricables et la pousser à la division. Elle ne favorise pas, comme le prétend le ” think tank ” néoconservateur qui regroupe, entre autres, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et Paul Wolfowitz, la paix, la sécurité et la démocratie, à l’ensemble de la planète. Elle conduit au contraire tout le monde dans l’impasse. ” Burhan Ghalioun, Professeur des Universités Directeur du Centre d’Etudes de l’Orient Contemporain

Prisonniers de Saddam
par Matthew McAllester

Il est une heure du matin, le 25 mars 2003. Grand connaisseur de l’Irak, Matthew McAllester se trouve à Bagdad pour couvrir le conflit. Il est seul dans sa chambre d’hôtel et relit l’article qu’il s’apprête à envoyer à son journal quand on frappe à sa porte. Incarcéré huit jours d’affilée dans la prison d’Abu Ghraib, McAllester vit un enfer qui a pourtant peu de proportions avec ce qu’ont enduré pendant des années les prisonniers d’opinion irakiens. Loin de se gargariser de son expérience, l’auteur la met en perspective pour raconter avec une finesse et une empathie rares les vicissitudes des Irakiens aux prises avec le régime de Saddam Hussein. Anti-héros sachant dire ses peurs et ses faiblesses, McAllester dresse aussi le portrait d’un pays ” qui fut sa propre prison pendant vingt-quatre ans “. Les pages exceptionnelles qui décrivent les rencontres du journaliste après la chute du dictateur avec ses anciens geôliers sont uniques, puisqu’il est le seul ex-détenu occidental à avoir réussi à faire parler les ” Mukhabarat “.

Le Moyen-Orient par les textes
par Catherine Mayeur-Jaouen, Anne-Laure Dupont, Chantal Verdeil

L’expression Moyen-Orient est récente, son acception changeante. Le présent recueil couvre les actuels Turquie, Iran, États arabes orientaux (Égypte, États de la péninsule Arabique, Syrie, Liban, Jordanie, Irak), Israël et territoires palestiniens. Les textes réunis en racontent l’histoire sur plus de deux siècles, en tenant compte des événements les plus récents. Ils témoignent non seulement des bouleversements politiques, mais aussi des transformations économiques, sociales, religieuses et culturelles et des réalités vécues. Ce sont les intéressés eux-mêmes, Arabes, Turcs, Iraniens et d’autres, qui prennent la parole, donnant à voir de l’intérieur une région souvent analysée au seul prisme des relations internationales.
Collectés depuis plus de vingt ans par les auteurs du recueil, ces textes ont fait l’objet d’un enseignement dans différents cursus de licence d’histoire et d’arabe. Tous précédés d’une introduction, ils sont destinés aux étudiants, aux professeurs désireux de disposer d’un support pédagogique sur des sujets difficiles et passionnants, et à tout lecteur soucieux d’en apprendre davantage et autrement sur le Moyen-Orient.

Anne-Laure DUPONT est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Paris-Sorbonne (Paris IV).
Catherine MAYEUR-JAOUEN, ancienne élève de l’École Normale Supérieure et agrégée d’histoire, est professeur d’histoire de l’islam moderne et contemporain à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) et chercheur au Centre de recherches Moyen-Orient et Méditerranée (CERMOM).
Chantal VERDEIL, diplômée de l’Institut d’Études Politiques de Paris et agrégée d’histoire, est maître de conférences en histoire du monde arabe contemporain à l’INALCO et chercheur au CERMOM.


Les vrais ennemis de l’Occident
par Alexandre Del Valle

Alexandre del Valle fut précurseur en évoquant dès 1997 le totalitarisme islamiste et en annonçant la dérive de la Turquie néo-ottomane. Trente ans après la dissolution de l’ex-URSS, il montre que les pays de l’OTAN n’ont pas toujours changé leurs « logiciels » hérités de la Guerre froide, désignant la Russie comme l’Ennemi suprême. A cette erreur sur l’Ennemi correspond une erreur sur l’Ami, l’Occident demeurant allié aux « pôles de l’islamisme sunnite » (Arabie saoudite, Qatar, Koweit, Pakistan, Turquie, OCI, Frères musulmans) qui oeuvrent, dans le cadre d’un projet d’expansion planétaire, à saper de l’intérieur les valeurs des sociétés ouvertes sous couvert de défense de la religion.
Del Valle dresse un bilan des « révolutions de couleurs » appuyées par nombre d’ONG américaines en Europe de l’Est et les relie à l’interventionnisme occidental en Irak ou en Libye puis au printemps arabe, devenu « hiver islamiste ». Il dévoile de façon détaillée les stratégies et buts de guerre des islamistes, qu’il s’agisse des pôles « institutionnels » et étatiques, véritables ennemis, ou des djihadistes, simple face immergée de l’iceberg. Après avoir exposé leur double matrice théocratique et totalitaire, l’auteur démontre que pour résister à cette offensive bien plus planifiée et massive qu’on l’imagine, l’Occident doit de toute urgence définir la Menace et l’Ennemi dans leur globalité puis revoir totalement ses alliances et visions stratégiques.
L’enjeu n’est autre que de préserver les valeurs des sociétés ouvertes sans renier leurs racines civilisationnelles. La priorité est de les défendre chez nous avant de donner des leçons de droits de l’homme ou de démocratie au reste du monde.

Les mondes chiites et l’Iran
par Sabrina Mervin

Depuis l’invasion de l’Irak, l’actualité proche-orientale a propulsé sur la scène médiatique un chiisme dont la ” montée “, signalée comme une donnée géopolitique majeure au Moyen-Orient, est parfois appréhendée comme un nouveau ” péril “, en Occident et par certains régimes arabes. C’est ce contexte qui a popularisé l’expression de ” croissant chiite ” pour désigner et souvent stigmatiser, de l’Afghanistan au Liban, une série de zones chiites, articulées autour de l’Iran et susceptibles de former un bloc servant les intérêts de la République islamique d’Iran. A l’encontre de ce ” croissant chiite “, ce livre présente les ” mondes chiites “, au pluriel, dans toute leur complexité. De l’Afrique à la Chine, sans compter les diasporas, on trouve des groupes chiites duodécimains souvent minoritaires, parfois majoritaires. Par sa position géographique et son rôle dans l’histoire, l’Iran est au centre de ces mondes chiites, mais que signifie et que recouvre vraiment cette centralité ?. Ce livre réunit des spécialistes des aires géographiques concernées. Il offre un parcours au cœur de ces contextes multiples, où être chiite ne correspond jamais exactement à une même réalité sociale et culturelle, malgré des références communes, doctrinales et politiques. L’exportation de la révolution, qui fut longtemps le paradigme de l’influence iranienne sur les mondes chiites, a fait son temps, même si dans certains cas, tel celui du Hezbollah libanais, son héritage est évident. Quel rôle joue réellement l’Iran dans les chiismes en construction, à Istanbul, Bakou, Boukhara et Tachkent, ou encore chez les chiites de Dakar ?. Le ” modèle iranien ” n’est plus seulement, et, parfois plus du tout, celui d’un islam politique révolutionnaire. Du clerc rebelle Muqtadâ al-Sadr en Irak aux écoles religieuses où étudient de jeunes Pakistanaises, l’influence iranienne se décline sous de multiples formes. Pour les mondes chiites, l’Iran reste un formidable laboratoire d’idées

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