Le Camp De Poniatowa : La Liquidation Des Derniers Juifs De Varsovie par Jean Yves Potel

La fin de l’innocence
par Jean Yves Potel

Dévastée et démantelée par l’occupation nazie, lieu principal de la Catastrophe, la Pologne a un statut particulier dans la mémoire juive et la mémoire de la Shoah. Depuis une quinzaine d’années, un réexamen de cette époque est devenu possible. Avec la démocratie et l’intégration à l’Union européenne, on voit naître un vif intérêt pour cette histoire dans les nouvelles générations et de grands débats publics émergent. La recherche historique est libre, ouverte et riche. La culture et le patrimoine juif sont étudiés et restaurés. Des artistes en interrogent la mémoire. Des festivals, des journaux, des émissions de radio ou de télévision, des programmes éducatifs touchent la jeune génération. Une petite communauté juive reprend vie. Bien entendu, la mémoire du génocide et la responsabilité des témoins sont au cœur des commémorations et des discussions sur ce passé. La Fin de l’innocence entend faire connaître ce travail de la société polonaise sur elle-même et son passé. Texte de voyage, construit autour de l’évocation des lieux de mémoire, texte de conversations, qui présente des portraits-entretiens des principaux acteurs de ce renouveau, et texte de réflexion, cet ouvrage est à l’image du foisonnement et des interrogations qu’il présente.

LTI, la langue du IIIe Reich
par Victor Klemperer

Publié en 1947, à partir des notes et observations linguistiques rédigées pendant la période nazie par ce philologue allemand de confession juive déchu de son poste à l’université, la “Lingua Tertii Imperii” a fortement marqué la réflexion sur le langage totalitaire.

Belzec
par Robert Kuwalek

Fin 1941, Himmler ordonne de faire construire un « centre spécial » à Belzec, près de Lublin, sans en préciser la finalité. Le 17 mars 1942, le camp de Belzec commence à fonctionner : l’élimination des Juifs de Pologne, appelée par les Allemands Aktion Reinhardt, est en marche.

On fait croire aux prisonniers qu’ils arrivent dans un « camp de transit » avant un renvoi vers des camps de travail. Ils sont d’abord massacrés dans trois chambres à gaz en bois, fonctionnant au monoxyde de carbone, puis, après des travaux, dans six chambres à gaz en béton, également au monoxyde de carbone. Les SS peuvent alors assassiner 1 500 personnes à la fois. Les cadavres sont retirés et enfouis par des commandos juifs, régulièrement tués et remplacés. Le processus de mise à mort que Robert Kuwalek reconstitue étape par étape est rapide, empêchant toute prise de conscience collective. Certes, il rapporte de nombreux actes individuels de rébellion, mais il n’y eut aucune révolte organisée.

Au début de 1943, les installations sont détruites, les cadavres ont été déterrés et brûlés en plein air. Entre 450 000 et 600 000 personnes y ont péri, quasi exclusivement des Juifs polonais. On ne connaît que deux survivants identifiés.

Robert Kuwalek a ouvert pour la première fois les archives allemandes et polonaises et nous livre ici la seule monographie sur le camp de Belzec qui servit de prototype à tous les camps de concentration.


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