Le Dimanche De Bouvines, 27 Juillet 1214 par Georges Duby

Le dimanche de Bouvines (27 juillet 1214)
par Georges Duby

En 1968, je reçus proposition d’écrire, pour la collection Trente journées qui ont fait la France, le livre consacré à l’un de ces jours mémorables, le 27 juillet 1214. Ce dimanche-là, dans la plaine de Bouvines, le roi de France Philippe Auguste avait affronté malgré lui la coalition redoutable de l’empereur Otton, du comte de Flandre Ferrand et du comte de Boulogne Renaud ; il était, grâce à Dieu, resté le soir maître du champ. L’empereur avait détalé ; les deux comtes rebelles étaient pris. Victoire, comme on l’a dit et répété, fondatrice : les assises de la monarchie française en furent décidément raffermies. Une bataille. Un événement. Ponctuel. Retentissant. Quel intérêt, pour le grand historien des sociétés médiévales que fut Georges Duby, attaché aux profondeurs d’une histoire longue et lente, d’accepter de traiter un sujet aussi convenu dans une collection qui, de surcroît, incarnait un genre d’histoire si étranger à celui dont il était un illustre représentant ? Renouveler de fond en comble l’approche de l’événement. Le subvertir de l’intérieur. Substituer au récit une anthropologie de la guerre au XIIIe siècle et amorcer une histoire du souvenir. Planter le drapeau de l’histoire nouvelle sur l’Annapurna de l’histoire la plus traditionnelle, écrit Pierre Nora, l’historien des lieux de mémoire, dans sa préface qui situe ce grand classique dans le mouvement de la production historique.

Ces lieux qui ont fait la France
par François-Guillaume Lorrain

Une bataille. Une invention. Une abbaye. Une rencontre. Un traité.François-Guillaume Lorrain est parti sur les traces de ces places fortes de notre histoire, de Domremy à Ligugé, premier monastère d’Occident, de Quierzy, capitale de la France au viiie siècle à Marignan, de Varennes à Montoire, du camp napoléonien de Boulogne aux villages disparus autour de Verdun, de la maison où Niepce élabora la première photographie à Sermages qui servit de modèle à l’affiche mitterrandienne de la Force tranquille…Ces endroits figurent souvent dans nos manuels, peuplent notre imaginaire. Mais à quoi ressemblent-ils aujourd’hui ? Que sont-ils devenus ? Comment ont-ils traversé le temps ? Fourmillant d’anecdotes, de détails insolites, inédits, nourrie de témoignages de gens du cru, cette enquête de terrain nous décrit leurs aléas, raconte leur destin mouvementé, cocasse, avec l’envie de redonner toute sa place à la mémoire vivante des lieux. François-Guillaume Lorrain est grand reporter au Point où il est responsable de la rubrique Histoire. Il a publié une dizaine d’ouvrages dont L’Homme de Lyon (Grasset, 2011), L’Année des Volcans (Flammarion, 2014) et une enquête sur Les Enfants du cinéma (Grasset, 2011).

Regards croisés sur l’oeuvre de Georges Duby
par Annie Bleton-Ruget

L’institut de recherche du Val de Saône-Mâconnais s’associe ici aux hommages qui ont été rendus à Georges Duby depuis sa disparition, en offrant les actes du colloque qu’il lui a consacré. Autour des interrogations touchant à la féodalité, c’est la fécondité des travaux de l’historien qui est réinterrogée et prolongée. Des études menées sur les modalités d’organisation des seigneuries, l’émergence des lignages aristocratiques, ou encore les conceptions sociales à l’œuvre dans la culture des clercs au temps de la mutation féodale montrent tout à la fois l’intérêt de démarches comparatives, l’apport de l’archéologie, et l’efficacité des relectures de l’œuvre de Georges Duby à la lumière de préoccupations épistémologiques contemporaines. Le second thème retenu pour ce colloque, celui de l’histoire des femmes qui a beaucoup occupé les derniers travaux de l’historien, est inscrit dans les évolutions récentes qui ont touché ce domaine de recherche. Si les interrogations sur les images des femmes, et leur production, gardent aujourd’hui encore leur intérêt et leur pertinence, l’exploration de ” l’espace des femmes ” et de son engendrement historique permet de mieux atteindre les modalités d’existence matérielle et symbolique de celles-ci. Cet ouvrage collectif reprend les principales contributions présentées lors d’un colloque, organisé à Mâcon par l’Institut de Recherche du Val de Saône-Mâconnais, sur deux aspects de l’œuvre de Georges Duby, l’histoire des femmes et la féodalité.

Philippe Auguste
par Nicolas Prouteau, Xavier Storelli

La quatrième page de couverture indique : “Le dimanche 27 juillet 1214, Philippe, que les chroniqueurs surnomment Auguste ou César tant sa gloire est déjà grande, revêt son armure et dit à ses chevaliers : ” Issus de parents français …, vous enfants de la Gaule, vous combattez toujours à cheval.” Chacun autour de lui s’arme. Ses sujets, ses vassaux ne l’appellent plus roi des Francs, comme il était d’usage pour les Capétiens, mais roi de France. Ce dimanche, l’armée de Philippe Auguste affronte autour du village de Bouvines les grands féodaux, l’empereur germanique Otton IV et ses Teutons et les Anglais de Jean Sans Terre. C’est une coalition redoutable, qui espère en finir avec les ambitions de ce roi de France qui dévore leurs fiefs pour les agréger au domaine royal. Depuis qu’il a été sacré à Reims, conduit à l’autel par son père Louis VII en 1179 – et auquel il a succédé en 1180 -, Philippe Auguste a fait de son royaume le plus puissant des États, et de sa capitale – Paris – avec ses 50 000 habitants, il a fait la ville la plus peuplée de tout l’Occident. À Bouvines, ce dimanche 27 juillet 1214, l’armée de Philippe Auguste écrase les coalisés. La nouvelle se répand, les chroniqueurs exaltent ” les fils de France … à la bouillante valeur … qui n’hésitent jamais à braver toute sorte de dangers “. C’est bien, ce jour-là, l’irruption éclatante d’une nation qui se produit. La victoire du roi de France devient celle de tout un peuple rassemblé autour de son roi. Le dimanche de Bouvines devient l’un des actes de naissance de la France.” Max Gallo, de l’Académie française.

J’étais à Bouvines
par Alain Streck

Entrez dans ce livre et rejoignez l’ost du roi Philippe Auguste, le dimanche 27 juillet 1214, sur le plateau de Bouvines-Cysoing, à quelques kilomètres de Lille. Vous verrez comment les chevaliers du Capétien sont parvenus à vaincre une coalition trois fois supérieure en nombre, commandée par l’empereur germanique Otton IV de Brunswick. Pour la première fois dans l’histoire de France, des communes ont levé des troupes afin d’aider le roi à défendre son royaume, donnant ainsi naissance au sentiment de péril national.

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