Le Prêtre Et Le Médecin : Des Saints Guérisseurs À La Bioéthique par Georges Minois

Prêtre et le médecin. Des saints guérisseurs à la bioéthique (Le)
par Georges Minois

Les relations entre l’Église et la médecine furent longtemps conflictuelles. Au Moyen Age, l’impuissance de la médecine face aux maladies garantissait la suprématie du prêtre : la vie humaine, disait-il, est misérable, le corps me ́prisable, la mort inéluctable, et la douleur une bénédiction du ciel. Cette conception est progressivement remise en cause à partir de la Renaissance. Avec les avancées de la chirurgie et de la dissection, les médecins émettent des doutes sur l’existence d’un au-delà` et sur la conception dualiste de l’homme, corps et âme : l’homme ne serait-il pas un produit de la nature, une pure machine ? Au nom de ces idées, de nombreux médecins se révoltent contre la tutelle des prêtres, et deviennent, avec le courant scientiste qui apparait au XIXe siècle, le fer de lance de l’athéisme. Avec la vague bioéthique, le prêtre est récemment revenu dans le débat, autour de problèmes inédits – procréation artificielle, euthanasie, clones thérapeutiques, manipulations génétiques. La religion, qui a perdu le combat scientifique, entend gagner le combat moral. Mais sa morale, basée sur des écrits deux fois millénaires, est-elle encore adaptée aux réalités du XXIe siècle ?

L’âge d’or
par Georges Minois

Voilà environ 2700 ans, Hésiode, évoquant un passé déjà lointain où l’humanité connaissait le bonheur, appelait cette époque ” l’âge d’or “. Ce vieux mythe est l’équivalent séculier du paradis terrestre. Mais alors que celui-ci est définitivement perdu par décret divin, rien n’interdit à l’homme de rebâtir l’âge d’or, c’est-à-dire de rechercher le bonheur ici-bas, ou plutôt de le poursuivre. Car c’est bien d’une poursuite perpétuelle qu’il s’agit, alternant l’exaltation et le découragement, les pauses et les reprises, les erreurs et les repentirs. C’est l’histoire de cette poursuite du bonheur, jamais achevée, jamais abandonnée, que retrace ce livre. Chaque époque, en effet, a conçu l’âge d’or à sa façon, avec ses prophètes, ses spécialistes et ses charlatans, depuis le bonheur individuel du sage antique, épicurien ou stoïcien, jusqu’aux plans de bonheur collectif des idéologies du XXe siècle, en passant par les utopies de la Renaissance. Mais chaque fois que l’homme a cru l’atteindre, en soi-même ou au bout du monde, l’âge d’or s’est dérobé, et la poursuite a repris. Pour l’homme d’aujourd’hui, qui vit dans un âge de fer impitoyable et traverse une crise profonde, l’âge d’or est plus que jamais un mythe qui fait rêver, et les marchands de bonheur prolifèrent. Mais tous les chemins praticables semblent avoir été explorés. Reste la voie vertigineuse ouverte par la génétique. Pour atteindre l’âge d’or, faudra-t-il changer l’homme ?

Histoire du rire et de la dérision
par Georges Minois

Le rire est une vertu que Dieu a donnée aux hommes pour les consoler d’être intelligents, disait Marcel Pagnol. Une vertu qui a plus de deux mille ans, comme en témoignent les recueils d’histoires drôles dont Grecs et Romains étaient déjà friands. Mais peut-on rire de tout ? Oui, affirme Démocrite, dont le rire désabusé a des accents étonnement modernes. Oui, dit aussi Cicéron qui répertorie mille façons de faire rire. Non, proclament en revanche les pères de l’Eglise, car le rire est un phénomène diabolique, une insulte à la création divine, une manifestation d’orgueil. Leurs arguments ne sont cependant guère entendus au Moyen Age :.les rois s’entourent de fous, les hommes jouent à se moquer les uns des autres lors des charivaris, et l’humour, qui n’est encore que parodie, se glisse même dans les sermons des prédicateurs.
Avec Rabelais apparaît une autre façon de rire, un rire ambigu qui ébranle toutes les certitudes et se prolonge au-delà de la Renaissance, tour à tour picaresque, grotesque, burlesque. La monarchie absolue veut faire rentrer les rieurs dans le rang. Mais peut-on domestiquer le rire ? Déguisé en humour acide, il ronge peu à peu les fondements du pouvoir et de la société. C’est tout naturellement qu’au XIX° siècle il trouve son terrain de prédilection dans la satire politique, tandis que les philosophes dissèquent ses vertus, parfois pour les déplorer, et que Baudelaire recherche le ” comique absolu “. L’ironie devient un mode de relation entre l’homme et le monde. Elle protège contre l’angoisse et l’exprime en même temps. ” Je ris avec le vieux machiniste Destin “, écrit Victor Hugo qui fixe en des formules immortelles l’ambiguïté du rire. Avec les Zutistes, Fumistes et autres J’menfoutistes, le XIX° siècle s’achève sur une apothéose du rire insensé. Le monde désormais va tout tourner en dérision, ses dieux comme ses démons.

Georges Minois, professeur d’histoire et historien des mentalités religieuses, est l’auteur de nombreuses synthèses sur le culture occidentale. Il est en particulier l’auteur de “l’Histoire de l’athéisme”.


Le patient et le médecin \
par Marc Zaffran

Dans l’esprit de tous, la relation entre patient et médecin est simple et naturelle : l’un demande des soins, l’autre les lui prodigue. La réalité est souvent très différente. Soigner est peut-être naturel quand il s’agit de nos proches, mais les professionnels de la santé n’ont souvent ni la formation ni la motivation pour exercer dans les conditions adéquates. Un peu partout, le monde médical reste marqué par une culture peu propice au souci et au respect de l’autre. Certaines attitudes médicales peuvent même être maltraitantes, en particulier à l’égard des femmes. S’appuyant sur des exemples tirés des contextes français et québécois, Marc Zaffran a voulu aller au fond de cette question, qu’il a souvent abordée dans ses différents ouvrages : comment la relation entre patient et médecin peut-elle cesser d’être un rapport de force et devenir, pleinement, une relation de soin – c’est à dire d’entraide, de soutien et de partage.

Etonnant vivant – Découvertes et promesses du XXIe siècle
par Catherine Jessus

Depuis ses débuts, l’humanité est confrontée à nombre de questions lourdes de signification : Qu’est-ce que la vie ? Quelles sont ses origines, son histoire ? Quelle est la frontière entre le ” soi ” et le ” non-soi ” ? Quel est le propre de l’homme ? À ces questions anciennes et à bien d’autres, les sciences de la vie du XXIe siècle apportent de nouvelles réponses.
Depuis ses débuts, l’humanité est confrontée à nombre de questions lourdes de signification : Qu’est-ce que la vie ? Quelles sont ses origines, son histoire ? Quelle est la frontière entre le ” soi ” et le ” non-soi ” ? Quel est le propre de l’homme ? À ces questions anciennes et à bien d’autres, les sciences de la vie du XXIe siècle apportent de nouvelles réponses.
Voici une invitation à un voyage au cœur du vivant. Le lecteur découvrira de nouvelles formes de vie révélées récemment qui contiennent les clés de l’origine de la vie sur Terre mais aussi de son éventuelle présence sur d’autres planètes, l’immensité insoupçonnée de la biodiversité et les capacités extraordinaires d’adaptation aux conditions de vie les plus extrêmes, les liens de parenté entre organismes qui définissent l’arbre de la vie et permettent ainsi de reconstituer son histoire, les incroyables interactions entre les composants de tout être vivant, l’impact formidable de l’environnement sur l’évolution et le fonctionnement des organismes, la dépendance des êtres vivants envers d’autres êtres qu’ils hébergent ou au sein desquels ils sont hébergés, et les promesses d’innovations contenues dans ces révolutions scientifiques et technologiques.
C’est au prix d’une recherche qui requiert du temps, des prises de risque, de l’imagination, de la créativité et de la liberté que les grands tournants des sciences de la vie ont pris corps en ce début de siècle. Et c’est à ce prix que ces sciences continueront à être porteuses d’avenir et de progrès. Ce livre est le témoignage passionné d’une centaine de scientifiques qui ont contribué à sa rédaction pour partager leur émerveillement face aux découvertes et aux promesses portées par les sciences du vivant de ce début de siècle.

Un ouvrage sous la direction de Catherine Jessus, Institut des Sciences Biologiques (INSB) du CNRS, avec le concours de Thierry Gaude, directeur de recherches au CNRS.

Avant-propos d’Alain Fuchs, président du CNRS, et d’Yves Lévy, président-directeur général de l’INSERM. En partenariat avec l’INRA et le CEA.


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