Le Taulier : Confessions D’un Directeur De Prison par Olivier Maurel

Le Taulier
par Olivier Maurel

Depuis vingt et un ans, Olivier Maurel vit en prison. Pas derrière les barreaux, mais devant : c’est le patron. Des maisons d’arrêt surpeuplées aux centrales de haute sécurité, il a tout vu et aujourd’hui, il raconte la vérité crue de son métier, les rapports humains d’une intensité extrême qui font son quotidien, la violence, la misère, la folie. Avec une plume qui rappelle Michel Audiard et les meilleurs polars, ce « taulier » livre des récits d’une puissance inattendue : la prise d’otage dont il a été victime, les mutineries qu’il a dû gérer, les mutilations que s’infligent les détenus, la tragédie des suicides – qu’il s’agisse de gardiens ou de détenus. Il aborde avec honnêteté tous les sujets sensibles : l’état des centrales et des maisons d’arrêt, l’islamisme, la drogue, la sexualité. Ce témoignage bouleverse la vision communément admise de la prison, et surtout des hommes qui y travaillent. Olivier Maurel montre combien la mission qui lui a été confiée est paradoxale : d’une part, surveiller des individus condamnés par la justice et placés hors du corps social : d’autre part, tout faire pour qu’ils puissent se réinsérer à leur sortie – c’est-à-dire réussir là où la famille, les services sociaux et l’école ont échoué… C’est un homme passionné par son métier qui se dévoile. Un homme qui défend jour après jour les valeurs de la République là où elles sont le plus souvent mises à mal.

Quand la justice crée l’insécurité
par Xavier Bébin

Le fonctionnement actuel de notre système judiciaire met en danger la sécurité des citoyens. Face à cette insécurité, il ne faut plus se demander : « Que fait la police ? », mais : « Que fait la Justice ? » Car une réalité insoupçonnée du monde pénal favorise l’impunité et se désintéresse des victimes. Contre le « judiciairement correct », ce livre démonte toutes les idées reçues qui engendrent dérive de notre société et perte des valeurs, lesquelles fondent toute politique de lutte contre la délinquance. Parmi ces préjugés, on entend que la prison est l’école du crime, ou que la pauvreté est une cause de la criminalité. Ce « dogmatisme pénal » empêche nos dirigeants à prendre les mesures qui s’imposent. Grâce à un travail acharné avec tous les acteurs concernés (juges, avocats, psychiatres, policiers, victimes, responsables politiques) et à une riche documentation, Xavier Bébin nous livre ici un texte vif et courageux qui décrit les dérives d’un système judiciaire et nous donne une vision plus juste du crime et de la justice pénale en France.

Traversières de hasard
par Jean-Pierre Ricard

Durant plus de quarante ans, l’auteur a côtoyé l’humanité carcérale et les déviances de tous ordres. Il témoigne ici de la fragilité des frontières entre la marginalité et le supposé normal.


Dans la peau d’un maton
par Arthur Frayer-Laleix

Que savons nous vraiment de la prison ? Uniquement ce que veulent bien nous en dire des détenus ou des membres de l’administration pénitentiaire. Arthur Frayer a voulu aller plus loin. Décidé à voir par lui-même ce qui se passe dans ce monde clos, ce jeune journaliste a mené l’enquête de l’intérieur : il a passé le concours de gardien de prison et est devenu, l’espace de quelques mois, un « maton ».Comme Florence Aubenas dans Le Quai de Ouistreham, il s’est « infiltré » pour rendre compte d’un monde toujours méconnu. En stage à Fleury-Mérogis, puis en poste à Orléans, il raconte ses mois passés en détention. Il s’attendait à être confronté à la violence, à l’injustice, mais pas, comme l’avait pourtant prévenu un de ses instructeurs, à « se prendre de la misère plein la gueule ». On découvre avec lui, en partageant son inquiétude, son étonnement et souvent sa colère, la réalité des maisons d’arrêt surpeuplées, les humiliations quotidiennes – pour les détenus comme pour les matons –, le désespoir et la folie, la roublardise de tous, le poids de l’enfermement. Au fil des jours, toutes les certitudes du journaliste vacillent : comment rester juste, comment œuvrer à la réinsertion quand on doit exercer un métier épuisant dans des conditions si difficiles ? Finalement, quand Arthur Frayer décide de jeter le gant, on mesure combien il est difficile de ne pas vaciller soi-même dans un tel milieu. Cette expérience hors du commun donne aujourd’hui un récit bouleversant et d’une force rare.

Maton et fier de l’être!
par Eric Perez

En trente ans, Éric Perez a occupé presque tous les postes de « terrain » de l’administration pénitentiaire : surveillant dans les maisons d’arrêt de Lyon, Roanne et Brest, puis gradé à Fresnes, chef d’équipe de la brigade ERIS, qui intervient pour rétablir l’ordre dans les prisons, et enfin responsable du parloir central et du quartier des mineurs de Fleury-Mérogis. Le monde carcéral, cet « envers du décor » où règne le rapport de forces permanent, physique et mental, entre détenus et gardiens, n’a pas de secrets pour lui.
Il nous décrit son parcours, jalonné de crises et d’affrontements parfois feutrés, parfois violents, et nous livre une typologie des détenus : les psychopathes, les radicalisés, les « pointeurs », les mineurs, les cols blancs, les VIP… Chaque catégorie doit être traitée en fonction de critères particuliers, avec psychologie, mais toujours avec fermeté, dignité, et l’idée fixe qu’en toute occasion, force doit rester à la loi.

Les incidents (rébellions), les accidents (suicides), les catastrophes (la libération par un commando armé d’Antonio Ferrara à Fresnes en mars 2003), les frictions, parfois, avec la hiérarchie – Éric Perez a tout vécu et nous le raconte avec calme et humilité, mais aussi avec fierté, et ce faisant, donne ses lettres de noblesse à ce métier peu considéré, mais qui fait figure de dernier rempart entre la société et ceux qui n’en acceptent pas les règles.


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