L’effet Roman : Arrivée Du Roman Dans Les Langues D’afrique par

L’effet roman
par

Beaucoup de langues d’Afrique sont écrites, mais dans lesquelles peut-on lire des romans, c’est-à-dire de longs textes de fiction en prose ? Le récit écrit est toujours perçu comme le moyen de susciter et de retenir un lectorat : une presse missionnaire, au début du XXe siècle, encourage ses auteurs à raconter des histoires par écrit. La conscience de l’effet du texte va avec la reconnaissance de l’importance de l’objet roman, qui serait le vrai livre et signalerait la véritable émergence d’une littérature.

Littératures au Sud
par Marc Cheymol

Avec les sciences sociales, la littérature et sa critique universitaire ont pris une place décisive dans le développement social et culturel des pays de la francophonie. Au prix des pires difficultés, de jeunes écrivains se font entendre, dans des langues locales ou dans un français qui n’est pas toujours celui de l’Académie française. Si leur notoriété ne franchit guère les frontières de leur pays, ils apportent une vision singulière, novatrice et souvent fort inventive du réel qui les entoure, et du monde qu’ils regardent ou qu’ils imaginent. Leurs langues méritent tous les soins de ceux qui veulent que le français reste une langue riche de sa pluralité multiforme. Ce livre, issu de la réunion fondatrice d’un collectif de chercheurs sur les Littératures au Sud, n’est pas un panorama d’ensemble sur les littératures francophones, ni même un recueil d’études critiques sur les littératures au Sud, pas davantage un manuel : il n’aurait ni l’exhaustivité, ni la cohésion, ni la cohérence méthodologique nécessaires. C’est en revanche un ouvrage programmatique, à la fois institutionnel et scientifique : il balise la recherche sur les littératures, en francophonie et dans le monde, pour lui ouvrir des perspectives sans limiter son champ d’action. Les chefs d’Etat réunis au Sommet de la Francophonie de Québec, en octobre 2008, ont défini les orientations politiques dans lesquelles s’inscrivent les activités scientifiques de la Francophonie. Pour la première fois, ils ont adopté une résolution sur la langue française et proposé de signer, en fonction de leurs besoins et des demandes, un pacte linguistique. Le collectif sur les Littératures au Sud apporte une des réponses scientifiques à ce double défi : valoriser le patrimoine culturel en langue française et participer au développement des pays qui la partagent. Bernard Cerquiglini.

Représentations de l’altérité dans la littérature orale africaine
par Ursula Baumgardt

Les articles présentés dans ce volume s’inscrivent dans la continuité des recherches en littérature orale africaine menées au CNRS et à l’Inalco depuis les années 1970. Ces différents travaux ont porté très largement sur l’analyse de l’identité culturelle exprimée à travers les textes littéraires oraux. La notion d’altérité étant liée à celle d’identité, nous avons voulu l’explorer dans la perspective suivante : la littérature orale étant une voie d’accès aux représentations culturelles, quelle est la spécificité culturelle des expressions de l’altérité dans ces textes ? Nous souhaitons ainsi apporter une contribution à un champ peu analysé, celui de l’altérité vue de l'”intérieur”, selon un axe Sud-Sud. De manière plus générale, on se trouve souvent face à un dilemme. On peut étudier la littérature orale comme l’expression d’une identité culturelle : cela implique alors, du point de vue de la recherche, qu’on aborde la problématique de façon exhaustive, sans faire l’impasse sur certains faits. Or, dans bien des cas, cette littérature est porteuse de clichés et de stéréotypes auxquels l'”usager” n’adhère pas forcément. Cela l’amène éventuellement à adopter des stratégies d’évitement : il fermera les yeux sur les questions conflictuelles et cherchera à “embellir” la réalité à laquelle renvoie l’expression littéraire. Dans d’autres cas, au contraire, l'”usager” admet tout à fait les clichés exprimés, sans prendre de distance par rapport à eux. Dans ces conditions, il est bien difficile de mettre en avant la richesse culturelle de la littérature orale comme on le fait habituellement dans un souci de valorisation du patrimoine universel. Il semble qu’une véritable valorisation ne peut se faire si l’on n’aborde pas ces questions en traitant de la portée idéologique de la littérature orale.

Des langues romanes
par Jean-Marie Klinkenberg

Les langues romanes continuent aujourd’hui le latin des anciens Romains. Les plus connues d’entre elles sont le français, l’italien, l’espagnol, le portugais ; mais l’éventail qu’elles constituent est d’une étonnante variété. Avec leurs sœurs germaniques, ces langues ont littéralement façonné la culture européenne. Elles ont aussi connu de par le monde une fortune peu commune. Richement illustré d’exemples neufs, le présent ouvrage a l’ambition d’être accessible à ceux et à celles qui s’intéressent à la vie des cultures d’hier et d’aujourd’hui, et spécialement à ceux qui abordent pour la première fois l’étude des sciences du langage. Décrivant l’histoire qui a abouti au grand ensemble des idiomes romans, il le fait à la fois de l’intérieur et de l’extérieur : quelles transformations a vécu le latin, alors qu’il venait ” à pied du fond des âges ” ? Quels grands événements ont marqué ses descendants ? L’ouvrage fournit aussi une somme d’indispensables informations sur des faits contemporains : où parle-t-on les langues néo-latines ? Qui les pratique ? Quelles sont leurs grandes caractéristiques ? Comment évoluent-elles, et quel est leur avenir ? Chemin faisant, il indique les problèmes de méthode que pose l’étude de ces thèmes, et fournit les instruments pour les aborder. Ce livre donne à voir que, toujours plurielles, les langues connaissent une grande diversité : des notions comme dialecte, sociolecte, créole, langue standard, langue véhiculaire, etc. y sont donc à l’honneur. Il rappelle par ailleurs qu’elles sont le bien d’hommes et de femmes s’inscrivant dans le quotidien d’une histoire et d’une société ; il accorde donc une grande importance aux affrontements qui, au cours des âges, se sont exprimés et s’expriment par le langage.

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