Les Maisons Du Xxe Siècle (En Allemand) par Claire Demesmay

Qui sont les Allemands ?
par Claire Demesmay

L’identité politique et culturelle de l’Allemagne contemporaine reste mal connue en France. Ce livre s’attache à étudier les rapports complexes que les Allemands entretiennent aujourd’hui au(x) passé(s), qu’il s’agisse de la Deuxième Guerre mondiale, de la Shoah ou de la RDA. Il revient aussi sur leur approche de la nation, abordée notamment sous l’angle des lieux de mémoire littéraires, de la perception des étrangers et de la capitale berlinoise. Autre éclairage, l’attitude des Allemands face aux traditions et à l’évolution des moeurs dans une société ouverte et mondialisée. Enfin, une large place est accordée à l’identité allemande, telle qu’elle se décline sur la scène internationale, et en particulier à la quête de normalité de la politique étrangère allemande.

Claire Demesmay est chercheur au Cerfa/Ifri. Elle est docteur en philosophie politique de l’Université Paris IV-Sorbonne et de la Technische Universität Berlin.

Hans Stark est secrétaire général du Cerfa/Ifri et maître de conférences à l’Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III. Il est docteur en science politique de l’Université Paris I-Sorbonne.


Les grandes maisons du vignoble de Jerez
par Sophie Lignon-Darmaillac

En Andalousie, entre les trois villes de Jerez de la Frontera, Puerto de Santa María et Sanlúcar de Barrameda, s’étend un vignoble dont les paysages, les techniques d’élevage du vin, la gamme étendue de productions et même l’architecture urbaine manifestent l’originalité. Celle-ci est profondément ancrée dans l’histoire. En 1834, avec la disparition de l’ancienne structure corporative, il devint possible de cumuler les activités de production de raisin, d’élevage et de commercialisation des vins. Certaines entreprises familiales surent profiter de cette situation nouvelle : agrandissant leur domaine foncier, augmentant leurs stocks et consolidant leur présence sur les marchés étrangers, leur envergure leur permit de résister aux crises qui survinrent à la fin du XIXe siècle et d’étendre progressivement leur domination sur le vignoble, formant une véritable aristocratie viticole, avec ses figures marquantes et ses traditions. Au cours des années 1960, l’essor très rapide des exportations ouvrit un âge d’or qui prit fin au début des années 1990, la surproduction et la baisse de la demande extérieure imposant des restructurations drastiques, sonnant le glas des structures à capital familial et préparant l’entrée en scène des multinationales de l’agro-alimentaire.

Politique et finance à travers l’Europe du XXe siècle
par Robert Jablon, Laure Quennouëlle-Corre, André Straus

Recueil d’entretiens avec un homme d’exception, cet ouvrage est passionnant à plusieurs titres. C’est d’abord l’histoire d’un juif allemand pris dans les tourbillons de l’Europe du XXe siècle, entre la montée de l’antisémitisme et du nazisme en Allemagne, l’action des révolutionnaires et des pacifistes, la Résistance en Europe. Des pans entiers de l’histoire politique de l’Europe sont ici abordés.
Mais Robert Jablon a aussi été un grand financier, responsable des affaires financières de la banque et du groupe Rothschild après la guerre. L’ouvrage apporte un éclairage neuf sur les activités de la banque d’affaires et du groupe. Les initiatives de Robert Jablon nous emmènent ainsi en Afrique et à travers l’Europe, dans le développement des nouveaux secteurs industriels tels que le pétrole, la chimie, mais aussi dans l’assurance et la finance.
Le témoignage brosse un tableau lucide de la France économique et financière d’après-guerre et le portrait savoureux des personnalités du monde de la finance et de l’industrie.
Dans une deuxième partie, les recherches des historiens confortent et enrichissent le témoignage de Robert Jablon. L’ensemble constitue un document d’une grande qualité historique et scientifique qui touchera un large public.

Le livre d’architecture, XVe-XXe siècle
par Jean-Michel Leniaud, Béatrice Bouvier

Il est ici question d’architecture, non pas en tant que construit, mais en tant qu’image, et tout particulièrement en tant que production imprimée de la fin du XVe siècle à nos jours. Le livre d’architecture apparaît dès les commencements de l’imprimerie, peut-être avec le Geometria Deutsch de Matthäus Roritzer publié à Ratisbonne en 1487-1488. Malgré son ancienneté, il n’a pas suffisamment attiré l’attention des historiens du livre. On connaît le British architectural Books and writers (1556-1785) paru à Cambridge en 1990 à l’initiative de Eileen Harris, qui catalogue la production imprimée en Grande-Bretagne ainsi que leurs éditeurs et, plus ciblé, l’ouvrage collectif paru en 1988 sur les Traités d’architecture de la Renaissance sous la direction de Jean Guillaume. De leur côté, les historiens de l’architecture se sont plus particulièrement intéressés à l’étude des modes de représentation (L’Architecture en représentation, ministère de la culture, 1985). Le présent volume considère le livre d’architecture sous l’angle de l’histoire de l’édition généraliste et spécialisée (conception, production, commercialisation), comme vecteur de la pensée architecturale (par élaboration conjointe de l’image et du texte), comme œuvre d’art (livres conçus par les architectes) et de collection. Il fait enfin le point sur trois grandes bibliothèques d’architecture du XIXe siècle.

L’Allemagne au XXe siècle
par Jean Solchany

Cet ouvrage se démarque du parti pris événementiel et politique traditionnellement adopté pour écrire l’histoire de l’Allemagne des lendemains de la révolution de 1918 à ceux de la réunification. L’économie et la société, la culture et la vie quotidienne, les ouvriers et les employés, les hommes et les femmes, les travaux et les jours émergent comme des acteurs à part entière d’une histoire qui ne se réduit pas au traité de Versailles, à Adolf Hitler et au mur de Berlin. Les cultures politiques, les logiques de pouvoir, les crises systémiques et le phénomène de la guerre totale ne sont pas pour autant négligés, mais abordés dans une perspective structurelle, tandis que la violence nazie et la Shoah sont placées au cœur de l’analyse. L’enjeu est de proposer une relecture de l’histoire allemande du siècle passé, dont l’évolution, emblématique de la modernisation des sociétés européennes au XXe siècle, n’est pas aussi exceptionnelle qu’il y paraît au premier abord. Sa dimension la plus singulière – le meurtrier moment nazi – est moins l’aboutissement d’une voie particulière (Sonderweg) que l’illustration des potentialités malignes de la modernité occidentale.

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