Les Monarchies De France Et D’espagne (1556-1715) par Gérard Sabatier, Sylvène Edouard

Les monarchies de France et d’Espagne (1556-1715)
par Gérard Sabatier, Sylvène Edouard

Les monarchies de France et d’Espagne ont été, au sortir de la Renaissance et à l’âge baroque, de Philippe II à Louis XIV, les deux plus brillantes d’Europe. Elles ont développé toutes deux un système de curialisation, dans lequel le roi occupe la place centrale. Cependant, les rituels et les pratiques de l’un et de l’autre diffèrent profondément. En compétition pour la défense de la foi catholique, leurs rois de droit divin ont exprimé de manière opposée le caractère sacré de leur pouvoir, par le retrait et le mystère entretenu autour du roi caché d’un côté, et de l’autre, par l’éclat des rituels du sacre et des funérailles, les liturgies de la religion royale et l’exaltation du roi soleil. Souverains d’un empire éclaté, les Habsbourg d’Espagne ont eu le culte de leur dynastie, alors que la magnificence des Bourbons a eu pour ambition de faire de leur royaume la nouvelle Rome et de leurs personnes le paradigme du roi parfait. Ce livre présente, à partir de l’historiographie la plus récente, les stratégies de deux grandes monarchies pour construire la modernité par la voie de l’Etat spectacle.

¿ Louis XIV espagnol ?
par Gérard Sabatier, Margarita Torrione

Cet ouvrage traite des pratiques comparées des cours de France et d’Espagne au temps de Louis XIV et de Charles II, en s’attachant tout particulièrement à la personne des souverains, en accord avec ce que l’on pourrait appeler une anthropologie du politique : l’homme de pouvoir dans son cadre de vie, son milieu social, son rapport au public. Étudier les comportements et les usages du corps, la mise en scène du corps réel et du corps figuré, la construction des apparences, la production des images et le façonnement des imaginaires, ingrédients reconnus aujourd’hui comme indispensables à toute entreprise de gouvernance.
Dans un temps où le travail sur la mémoire connaît des développements multiformes, cet ouvrage s’interroge sur les notions d’héritage, de tradition, de réception et de rejet, compris comme stratégies de pouvoir dans le cadre de la construction des États modernes, avec leurs spécificités propres, et de la compétition entre deux grandes dynasties, Habsbourg d’Espagne et Bourbons, qui ont façonné le visage de l’Europe.


La monarchie absolue française
par Bernard Vonglis

Les textes prouvent que si Louis XIV n’a jamais déclaré “L’Etat, c’est moi”, il le pensait et avait raison de le penser. L’idée n’était pas seulement dans l’air, au XVIIème siècle, mais au coeur même d’une monarchie justifiant enfin ce nom. Le Roi Soleil a instauré cette monarchie dite pléonastiquement “absolue”, un régime qu’il crée chaque jour par sa propre existence, un régime dont son intérêt bien compris l’incite en général à respecter les règles par lui-même imposées; un régime excluant tout partage du pouvoir.

Pouvoirs du portrait sous les Habsbourg d’Espagne
par Diane Bodart

“Faire d’un homme d’une extrême laideur le portrait d’un Empereur : c’est le défi que Titien releva lorsqu’il fut chargé de peindre Charles Quint. Il s’acquitta si bien de cette tâche délicate que ses oeuvres devinrent un incontournable modèle pour représenter le souverain et ses successeurs à la couronne d’Espagne. Elles s’imposèrent de surcroît comme paradigme d’excellence dans la pratique et les théories artistiques. De cet exemple fondateur du portrait du pouvoir à l’époque moderne, l’auteur nous entraîne dans un long voyage à travers l’Italie et l’Espagne, nous menant du coloris de Titien au pinceau de Velâzquez. En analysant le langage figuratif des oeuvres et sa réception critique, mais aussi les dispositifs d’exposition et les gestes accomplis par le public, ce livre interroge les pouvoirs que l’art et la politique confèrent à ce substitut de présence qu’est le portrait.”–P. [4] of cover.

Diplomatie et espionnage
par Jean-Michel Ribera

Nous assistons ces dernières années à un renouveau de l’étude des relations internationales et de la diplomatie. Ces champs d’étude désertés durant de nombreuses années, parce qu’ils se réduisaient à l’écriture d’une histoire des souverains, sont désormais exploités de manière prolifique par différents historiens. Cet ouvrage qui fait surgir de l’ombre les ambassadeurs français présents en Espagne sous le règne de Philippe II éclaire d’un point de vue original et souvent savoureux les relations diplomatiques entre les deux monarchies qui dominent la scène internationale tout au long du XVIe siècle. Malgré les nombreux ouvrages publiés sur l’histoire des deux pays, aucune étude globale n’avait pris soin d’analyser le rôle majeur joué par ces ” acteurs ” de la diplomatie française en Espagne dans la seconde moitié du XVIe siècle, période cruciale des relations entre les deux États. Ce livre tente de démonter les ressorts de la diplomatie à l’époque moderne et d’étudier dans quelles conditions cette action diplomatique a pu être menée dans la péninsule ibérique. L’étude thématique présente une analyse du métier d’ambassadeur, en l’inscrivant dans un contexte large qui est celui d’une codification plus stricte du droit international et de la naissance de l’État moderne. L’étude chronologique fait émerger des temps forts dans les relations entre les deux pays ; une évolution est perceptible, rythmée par des événements fondamentaux, où les permanences ne sont pas absentes, mais où des tournants majeurs constituent autant de ruptures du lien diplomatique.

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