L’être Et L’écran par Stéphane Vial

L’être et l’écran
par Stéphane Vial

De quoi la révolution numérique est-elle la révolution ? Sur le plan de l’histoire, elle est une nouvelle révolution technique qui consiste en l’avènement du « système technique numérique ». Mais, sur le plan humain, elle est surtout une révolution philosophique qui modifie en profondeur nos structures perceptives. La révolution numérique est une nouvelle révolution « ontophanique », c’est-à-dire un ébranlement du processus par lequel l’être (ontos) nous apparaît (phaïnô) et, par suite, un remaniement de l’idée même que nous nous faisons de la réalité. Les appareils numériques modifient la qualité phénoménologique de notre être-au-monde et nous réapprennent à percevoir. C’est pourquoi la prétendue différence entre le réel et le virtuel n’existe pas et n’a jamais existé. Nous vivons dans « l’ontophanie numérique », c’est-à-dire un environnement à phénoménalité numériquement centrée mais foncièrement hybride, à la fois numérique et non numérique, en ligne et hors ligne, qui forme une seule et même substance continue. Aussi le design numérique joue-t-il un rôle essentiel dans notre capacité à rendre le monde habitable, c’est-à-dire à créer de l’être.


De la plume à l’écran
par Gilles Visy

Littérature et cinéma (domaine que l’on pourrait ouvrir aux productions télévisuelles) constituent les objets d’étude premiers de Gilles Visy. Des domaines, aux liens paradoxaux et souvent tendus, toutefois soudés par cette notion commune d’écriture. Qu’elle soit littéraire ou filmique, qu’elle concerne le passage de l’un à l’autre, d’un support à l’autre, elle est questionnée à travers cette collection d’articles qui soulève la problématique de l’adaptation – et ce qu’elle impose comme refonte du matériau initial –, qui interroge la manière dont le cinéma peut se positionner face à sa société ou au temps, mais encore les stratégies narratives mises en place au sein de deux grandes œuvres francophones. Un recueil d’articles mosaïque, où il est question de cinéma ou de littérature, de cinéma et de littérature, de leurs rapports intimes, voire substantiels, mais aussi de leurs natures exclusives. Et l’on reconnaîtra, au fil de ces pages et des analyses qu’elles dispensent, quelques-uns des thèmes transversaux chers à Gilles Visy, à savoir celui des métamorphoses de l’écrit, celui du culte, ceux encore de l’image, qu’elle soit filmique ou littéraire, et de la réception de l’œuvre. Un ouvrage qui, s’il prend la forme d’un bilan de recherches, atteste d’une démarche de chercheur originale et en perpétuel approfondissement.

Derrière l’écran
par Freddy Buache, Christophe Gallaz, Jean-François Amiguet

Trajectoire du fondateur de la Cinémathèque suisse complétée par un cahier d’illustrations, un index des principaux noms cités ainsi qu’une bibliographie de Freddy Buache ainsi que de Christophe Gallaz et de Jean-François Amiguet.

Machines. Magie. Médias
par Frank Kessler, Jean-Marc Larrue, Giusy Pisano

Constellation dynamique où se croisent, s’entremêlent et se redéfinissent les pratiques comme les savoirs, la magie se déploie en multiples facettes en se nourrissant des avancées de la connaissance dans les domaines les plus divers : de la physique à la religion, de la chimie à la linguistique, de la philosophie aux technologies, des théories de la communication et des médias au corps performant. C’est dans le but de cerner les principaux enjeux de ce vaste ensemble mouvant que nous avons convié des spécialistes à l’aborder, à partir de leur pratique et de leur discipline d’origine, en se concentrant sur sa dimension spectaculaire.
De la scène au cinéma, de la télévision aux réalités augmentées et virtuelles, des spectacles de cirque aux spectacles aquatiques, la pratique magicienne n’a pas cessé de se renouveler et de se métamorphoser, perpétuant cette aura de mystère et de secret qui ne cesse de fasciner mais qui représente aussi, il faut le dire, un sérieux défi pour tout chercheur du domaine. C’est la raison pour laquelle nous avons tenu à intégrer, en plus des théoriciens et historiens, des magiciens à ce vaste projet qui marque un premier aboutissement des travaux du groupe international de recherche Les Arts Trompeurs.


Le corps, c’est l’écran
par Anna Caterina Dalmasso

” Toute connaissance ” écrit Merleau-Ponty ” est la perception d’une figure sur un fond. Elle doit s’entourer d’un halo de non connu ou de moins connu, d’une marge d’inattention, qui n’est pas un supplément, mais un élément essentiel “. Cette marge accompagne l’apparition de toute visibilité, de tout corps, de toute image. Elle en est le revers virtuel, limite mobile entre voir et faire voir, distance qui rend possible la vision. Dans l’extraordinaire prolifération d’images et de dispositifs que notre temps connaît, on ne peut manquer d’interroger cet écart dans le sensible qui hante toute figure.

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