Lettres À Milena par Franz Kafka

Lettres à Milena
par Franz Kafka

Franz Kafka connut d’abord Milena comme traductrice : elle établissait la version tchèque de quelques-unes de ses proses courtes. Ces relations se transformèrent en une liaison passionnée dont les lettres permettent de suivre le progrès. Cette passion ne dura q’un instant, elle tient en quelques mois à peine. Les lettres racontent d’un bout à l’autre ce roman d’amour, orgie de désespoir et de félicité, de mortification et d’humiliation. Car quelle qu’ait pu être la fréquence de leurs rencontres, leurs amours restent essentiellement épistolaires comme celles de Werther ou de Kierkegaard. Milena est morte vingt ans après Kafka, dans le camp de concentration de Ravensbrück.

Lettres de Milena Jesenská 1938-1944
par Milena Jesenská

Milena était connue du public par les lettres de Kafka, qui avait su voir en elle un être hors du commun, « un feu vivant ». Milena Jesenská, journaliste à Prague, a payé de sa vie son engagement aux côtés des opprimés, Juifs, communistes, antifascistes.
Aujourd’hui, ses lettres au publiciste émigré Willi Schlamm, en 1938-1939, offrent le portrait d’une femme passionnée, mais aussi un témoignage sur la fin de la première République tchécoslovaque, abandonnée par les puissances européennes et livrée à elle-même quand le mal envahit ses rues et ses places le 15 mars 1939.
Dans les lettres de captivité, découvertes par un incroyable enchaînement de hasards, Milena, au bout du chemin, se montre telle qu’elle fut toujours : vraie, soutenue par ses convictions et son immense volonté de vivre, libre en dépit de tout.
Milena Jesenská est morte à Ravensbrück le 17 mai 1944, l’État d’Israël lui a exprimé sa reconnaissance en l’honorant comme « Juste parmi les nations ».


Vie de Milena
par Jana Černá

Biographie d’une intellectuelle et vision de l’histoire tchécoslovaque

Milena n’était pas de ces gens qui tiennent une autorité quelle qu’elle soit pour absolue. Personne ne pouvait la forcer à écrire ou à parler contre ses convictions, dans quelque intérêt que ce fût, sous couvert de la discipline du Parti ou d’ autre chose. Jana Cerná

Jana Cerná était encore une petite fille lorsqu’elle vit pour la dernière fois sa mère, Milena Jesenská, dans les couloirs de la prison de la Gestapo à Prague. Depuis sa mort à Ravensbrück en 1944, la journaliste Milena Jesenská n’a cessé de hanter l’opinion publique de son pays : exprimant ouvertement des prises de position antistaliniennes et antifascistes, elle est une des personnalités les plus remarquables de la société intellectuelle tchèque d’entre-deux-guerres. La publication des Lettres à Milena de Kafka révèle au monde celle qui fut aussi sa première traductrice. En 1955, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem lui décerna en hommage posthume le titre de « Juste parmi les Nations ».

Jana Cerná retrace la vie de sa mère à partir de ses propres souvenirs, de témoignages récoltés, de correspondances et d’articles. Frappé d’interdit à sa sortie en 1969 en Tchécoslovaquie, Vie de Milena restitue une image personnelle et intime de Milena Jesenská et s’avère également un passionnant document historique.

Plongez-vous dans la vie d’une femme à contre-courant !

EXTRAIT

Dès les premiers temps, Milena reconnaît la valeur littéraire de Kafka. La mesurant très tôt, elle agit en conséquence : elle s’ intéresse à ses oeuvres et entreprend leur traduction. Elle sent également qu’il possède une sorte de grandeur dont elle a l’intuition dès les premières lettres. Mais c’est une grandeur tellement particulière, tellement différente de son propre naturel à elle, qu’elle en éprouve comme une angoisse.

CE QU’EN PENSE LA CRITIQUE

Jana Černá, que sa mère et ses proches (Egon Bondy, Bohumil Hrabal et bien d’autres) appelaient Honza, offre aux lecteurs un document passionnant, extrêmement fouillé et sensible. – Jacques Josse, remue.net

Cette biographie vaut bien des romans, mais elle conserve sur ces derniers l’avantage d’avoir été vécue. Et puisque nous avons le désir de vouloir surprendre les hommes et les femmes dans leur vie intérieure profonde, faisons bon accueil à ce livre dont l’auteur a l’art d’aiguiser le tranchant des ses idées. L’art d’écrire en somme. – La Marseillaise

À PROPOS DES AUTEURS

Jana Černá naît à Prague en 1928, de l’architecte avant-gardiste J. Krejcar et de Milena Jesenská, la célèbre Milena de Kafka, journaliste et résistante. Confiée à son grand-père à la mort de ses parents, Jana Černá a suivi des études artistiques. Personnage fantasque à l’existence rocambolesque, elle est l’une des personnalités marquantes de la dissidence tchécoslovaque. Elle meurt en 1981 dans un accident de la route.

Barbora Faure est née à Prague où elle a passé son enfance avant de vivre en France. Passionnée par la littérature de la dissidence tchèque, elle se lance dans la traduction dès 1968, d’abord d’ouvrages de vulgarisation naturaliste, puis d’oeuvres littéraires.


Les lettres romaines de Du Bellay
par Marc Bizer

C’est à une belle indiscrétion que se livre le lecteur de Du Bellay lorsqu’il parcourt les Regrets. En effet, nombre de sonnets de cette œuvre fondamentale de la poésie française sont adressés à des contemporains qui deviennent des locuteurs in absentia du poète. Du Bellay en profite ainsi pour faire part de son ennui à Rome et discuter des différents partis pris touchant la poésie d’alors. Mine de rien, c’est une part majeure de l’humanisme du XVIe siècle que Du Bellay dévoile sous le regard de la poésie. S’appuyant sur une remarquable érudition, Marc Bizet analyse en profondeur les sonnets de Du Bellay pour ramener à la surface les destinataires des Regrets, dont ses collègues de la Pléiade, Ronsard et Magny. L’étude attentive de la pratique épistolaire au XVIe siècle et de ses influences (Erasme, Cicéron…) jette un tout nouveau regard sur les liens unissant l’humanisme et la poésie de la Renaissance.

Quelqu’un danse
par Jean-Michel Rey

Ce livre tente de s’interroger sur ce que signifie la lecture de Kafka aujourd’hui, en prenant notamment pour point de départ cette espèce de laboratoire de l’oeuvre que constitue le Journal. De cette oeuvre on peut dire qu’elle est avant tout une écriture fragmentaire, une pratique qui déplace constamment les frontières du romanesque et de l’ “autobiographie”. C’est pourquoi il est apparu nécessaire, dans cette perspective, de reprendre la question du nom propre (sa position entre plusieurs langues, son caractère emblématique, sa dynamique). Car c’est sans doute pour Franz Kafka, une des voies d’accès esentielle à l’écriture, une des manières de prendre en compte le poids de la langue allemande. Comment un corps se découvre-t-il délimité et circonscrit dans et par l’ordre humain, c’est-à-dire dans et par les contraintes d’une langue reçue, héritée? Kafka, dans les histoires qu’il a construit, est un écrivain qui cherche sans cesse à énoncer ce qui l’incite et le pousse à écrire. Il ouvre, de cette façon, à nouveau, pour notre siècle, la question même de la littérature, dans son aspect le plus élémentaire, c’est-à-dire le travail d’un sujet incapable d’habiter entièrement la langue dans laquelle il est contraint d’écrire. D’où l’importance qui est accordée, dans ce livre, au petit texte de F. Kafka intitulé Discours sur la langue yiddish.


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