Livres Anciens Et Modernes N? 17 1940 – Editions Originales De Balzac – Victor Hugo – Racine – Stendhal Amerique… par Pierre Belon, Pierre Belon du Mans, Philippe Glardon

L’histoire de la nature des oyseaux
par Pierre Belon, Pierre Belon du Mans, Philippe Glardon

Depuis les années vingt, on n’a plus guère parlé de Pierre Belon, comme s’il fallait se satisfaire de l’image que nous a laissée l’histoire des sciences du siècle passé, portrait lisse, incorruptible, figé dans le panthéon des précurseurs. Belon passait alors sans transition du statut d’escroc, de plagiaire et d’illettré (chacun sait la virulence des critiques que lui adressèrent ses contemporains) à celui de découvreur inspiré de la taxonomie et de l’anatomie comparée. Il s’agit aujourd’hui, dans une perspective historique, de réexaminer la pertinence des accusations proférées contre Belon, au travers de l’analyse systématique de son œuvre. On voit ainsi se dessiner les rapports entre ses écrits et les textes des naturalistes que Belon a connus ou utilisés, en particulier ceux d’Edouard Wotton, Conrad Gesner et Guillaume Rondelet. Ce dernier se révèle même, au fil des préfaces acerbes, être un ennemi juré de Pierre Belon. Une lecture attentive permet aussi une démarche épistémologique autour des motivations d’un naturaliste du XVIe siècle, trop vite comprises comme purement zoologiques selon notre division des catégories du savoir. Enfin, les notes apportent un éclairage neuf sur les espèces détaillées, leurs appellations françaises, vernaculaires et antiques, l’identification des quelque cent cinquante gravures qui les illustrent, et toutes les remarques médicales, gastronomiques ou cynégétiques qui émaillent les descriptions.

Henri III mécène
par Jean-François Maillard, Guy Poirier

En dépit des circonstances matérielles et politiques délicates qu’eut à affronter Henri de Valois, roi de France de 1574 jusqu’à sa mort tragique en 1589, sa volonté de restaurer l’unité du royaume ne donne que plus de résonance à une action culturelle relayée par son entourage dans le domaine des arts, des sciences et des lettres : elle entendait rendre au royaume de France une puissance et un éclat dont profitèrent largement ses successeurs, les rois Bourbons. Architecture civile, art du portrait de cour largement diffusé, art de la reliure lié à l’essor de somptueuses bibliothèques princières, alchimie et médecine dans le domaine des sciences, tels sont quelques-uns des éléments forts du mécénat du fils de Catherine de Médicis et de ses proches, dont des poètes dans la suite de Ronsard (Baïf, Desportes, Jamyn, La Gessée) ou des prosateurs comme Vigenère font le lien avec le siècle suivant. Reflet de ses intérêts personnels et de dons intellectuels incontestables, le mécénat de Henri III n’en est pas moins inspiré par des objectifs généraux qui, quoique d’ordre politique, n’en visaient pas moins à l’utilité publique. Ce livre offre une image toute différente de celle qui fut accréditée par l’époque romantique et qui subsiste jusqu’à nos jours, celle d’un roi faible et dégénéré, esclave de ses plaisirs, alors que c’est une volonté d’agir et le brillant des Valois qui paraissent chez le dernier représentant de la dynastie.

Littérature et Orient
par Henri Thuile

Le poète et essayiste Henri Thuile (1885-1960) compte parmi les silhouettes les plus discrètes, mais également les plus influentes, de l’Égypte littéraire du début du xxe siècle : sa demeure du Mex, dans les faubourgs d’Alexandrie, fut pendant près de vingt ans le point de ralliement d’auteurs de toutes les origines. Dans Littérature et Orient, publié en 1921, il nous livre à travers trente lettres adressées à son ami Stéphanos Pargas une réflexion fascinante sur les liens culturels entre l’Europe et le monde islamique. Son inspiration nous emmène dans une promenade éclairée à travers la poésie de Francis Jammes, les mosquées du Caire, les cultes hellénistiques, les œuvres de Gide et de Claudel, les paysages de la mer Rouge : d’inattendus échos se créent entre des réalités infiniment lointaines, des passerelles s’établissent entre « littérature » et « Orient ». Ce livre est la première réédition de l’essai d’Henri Thuile, salué en son temps par la NRF et le Mercure de France. Précédé d’une préface de François Livi, qui situe son auteur dans le paysage de la francophonie égyptienne et dans l’histoire de l’orientalisme, le texte de Littérature et Orient est complété par des notes explicatives et un dossier critique établis par Paul-André Claudel. Le dossier rassemble des témoignages sur l’auteur, des photographies, des documents divers sur la réception de l’ouvrage dans l’entre-deux-guerres, aussi bien en France qu’en Égypte.


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