Manifeste D’une Nouvelle Litterature Africaine par Mazauric Catherine

Mobilités d’Afrique en Europe
par Mazauric Catherine

Tandis que s’érige et se renforce la « forteresse Europe », aux avant-postes d’une guerre aux migrations, de nombreux récits – fictions, documents ou témoignages – émanent de l’Afrique subsaharienne, du Maghreb et d’Europe, voire d’Amérique du Nord, qui donnent à lire les conséquences tragiques de cette édification. Ils rendent compte également des multiples formes de mobilités par lesquelles les migrants d’Afrique persistent à résister à ce processus de clôture et d’exclusion. C’est ce pan de littérature contemporaine que le présent ouvrage tente d’analyser, en partant d’un ample corpus. Les oeuvres écrites de part et d’autre de la Méditerranée révèlent, tout en contribuant à les façonner, les représentations des migrants, de leurs dangereux périples, des sociétés qu’ils quittent, traversent ou rencontrent. Ainsi, des chemins d’eau ou de sable aux jungles froides de l’Europe, les figures d’aventurières et d’aventuriers, victimes ou héros, de « brûleurs de frontières », d’irréguliers, de « clandestins », de sans-papiers qui souvent se voudraient simples voyageurs, interrogent la fabrication actuelle des identités. Mais au-delà de ce questionnement, au-delà même de la dénonciation des drames humains et de la déploration des victimes, ces récits, quand ils déjouent les discours désincarnés des pouvoirs, mettent en crise les murailles assassines, réelles et symboliques, qui cloisonnent aujourd’hui les humanités et déterminent pour chacune des régimes différenciés de circulation. En parlant des impasses qui font quitter le lieu d’origine et de celles qui enferment à l’arrivée, en décrivant l’expérience des migrants illégalisés, écrivains et autres témoins contribuent à l’effort des arts et de la littérature pour redessiner les perspectives d’un monde commun.

Témoignages fictionnels au féminin
par Névine El Nossery

Face à un réel qui avait atteint une violence innommable et par défaut de consensus historique, les romancières algériennes, fatalement ébranlées par la recrudescence de la violence en Algérie avec la montée de l’intégrisme islamiste des années 1990, se sont armées de leur plume pour combattre cet obscurantisme impétueux. Tout en reconnaissant la difficulté de dire l’horreur, l’écriture romanesque fonctionne comme un détour, le seul souvent possible pour appréhender l’inimaginable et représenter l’irreprésentable et, surtout, en rendre compte pour ceux qui ne savent pas ou refusent tout simplement de le croire. Témoignages fictionnels au féminin analyse les rapports existant entre le factuel et le fictionnel, entre témoigner et raconter, dans une conjoncture où de telles frontières semblent floues. À travers l’étude des « témoignages fictionnels » d’Assia Djebar, Malika Mokeddem, Leïla Marouane et Latifa Ben Mansour, ce livre tente de répondre à cette question si épineuse: jusqu’à quel degré la littérature est-elle capable de transcender sa propre littérarité à travers un mode d’expression figurative qui représente le réel même? En d’autres termes, comment la volonté de dire la vérité peut-elle s’allier à l’envie de faire de la fiction, sans que la question éthique compromette l’intention esthétique? Bref, comment écrire une fiction du réel?

Trajectoires et dérives de la littérature-monde
par Cécilia W. Francis, Robert Viau

Visant à prolonger le débat suscité par la publication du manifeste « Pour une littérature-monde en français », Trajectoires et dérives de la littérature-monde. Poétiques de la relation et du divers dans les espaces francophones propose de saisir créateurs associés à la « périphérie » dans une nouvelle dynamique transversale, transnationale, indépendante de la médiation d’un centre dominant. C’est dire que la « littérature-monde », tout en mettant en cause les dispositifs traditionnels des systèmes et des champs inhérents aux configurations littéraires nationales, cautionne le renforcement d’un espace inter-systémique d’échanges dans lequel les aires francophones de la périphérie nouent entre elles des relations aussi bien institutionnelles que discursives. Affranchie de tout impérialisme culturel, la littérature-monde cherche de la sorte à promouvoir des pratiques inclusives d’insertion et de communication entre littératures dans l’optique d’un échiquier réorganisé du monde des lettres. Elle s’attaque au mythe du monolithisme culturel, se veut une critique de l’état actuel élitiste du domaine littéraire centriste qui se maintient dans une ségrégation délibérée ou inconsciente par rapport aux auteurs francophones et francophiles. Par ce livre, nous espérons apporter une contribution pertinente aux échanges théoriques et empiriques entourant la « littérature-monde », concept devenu incontournable pour quiconque est soucieux du développement et de l’avenir de la littérature de langue française. Cécilia W. Francis est professeure agrégée à l’Université Saint-Thomas (Fredericton, Canada), où elle est directrice du Département de langues romanes. Spécialiste des littératures francophones du Maghreb et de l’Amérique du nord ainsi que des théories interculturelles de l’énonciation, elle a publié de nombreux articles consacrés à ces domaines de recherche. Elle est l’auteure d’un livre intitulé Gabrielle Roy, autobiographe. Subjectivité, passions et discours (finaliste, Prix Gabrielle-Roy 2007). Professeur titulaire à l’Université du Nouveau-Brunswick et fondateur de l’Association des professeurs des littératures acadienne et québécoise de l’Atlantique (APLAQA), Robert Viau est l’auteur de nombreux articles et de dix livres portant sur les littératures acadienne, québécoise et francophone de l’Ouest canadien.

Littérature africaine et oralité
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L’oralité a été convoquée dès l’origine par la critique comme l’un des critères d’approche privilégiés de la production littéraire africaine. Celle-ci aurait trouvé en cette source patrimoniale l’un des ferments de sa spécificité. Mais, en près d’un siècle, les littératures africaines écrites ont considérablement évolué dans leur esthétique comme dans leur thématique et les littératures orales aussi. La relation entre les deux champs ne saurait donc avoir été la même tout au long de ces années. L’identification de l’oralité dans la production écrite en des genres traditionnellement étrangers à ce type de culture – qu’il s’agisse de romans, de pièces de théâtre ou de poèmes – peut se manifester sous diverses modalités : évocation thématique, collage de genres oraux dans le corps du texte, structure rhétorique, etc. On peut en outre se demander dans quelle mesure la présence de ces différents traits d’oralité dans les oeuvres écrites est consubstantielle à la création littéraire africaine et si elle ne relèverait pas plutôt de postures idéologiques. L’étude de la relation entre littérature et oralité ne saurait, par ailleurs, se borner à l’examen des traces de culture orale dans l’écriture. On peut aussi partir des oeuvres orales patrimoniales pour voir dans quelle mesure elles relèvent de la littérarité ou si elles ne sont pas en train d’évoluer vers des formes qui les rapprochent de la littérature écrite. Ursula Baumgardt est professeur à l’Inalco et membre du Laboratoire Langage, langues et cultures d’Afrique noire (LLACAN, Inalco, CNRS, PRES Sorbonne-Paris Cité). Jean Derive est professeur émérite de littérature générale et comparée de l’université de Savoie et membre du LLACAN.

Histoire de la littérature négro-africaine
par

Cet ouvrage a repris, en les remaniant, les principaux chapitres d’une thèse notoire du même auteur (Université de Bruxelles, 1961). Ils ont été prolongés par une large fresque historique de cette littérature et de ses péripéties, depuis 1960 à nos jours. NOUVELLE EDITION MISE AJOUR

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