Méhariste 1917-1918 par Boilley Pierre

Les Touaregs Kel Adagh
par Boilley Pierre

Les Kel Adagh, groupement touareg de l’Adagh (ou Adrar des Ifoghas, dans le nord du Mali actuel), sont une des composantes du vaste ensemble Touareg qui s’étend actuellement de l’Algérie au Nigeria, en passant par le Niger, le Burkina-Faso et le Mali. Leur histoire contemporaine est particulièrement originale : dernier groupe touareg du Soudan français à tomber sous la domination coloniale, ils se sont soumis sans combat en 1904, mais ont déclenché en 1963-1964, peu après l’indépendance du Mali, une révolte armée qui fut écrasée dans le sang et l’indifférence internationale. Après trente ans d’administration militaire malienne, ils se sont soulevés de nouveau en 1990, et ont été suivis par les autres groupes touaregs et maures du Mali et du Niger. Ils ont obtenu du gouvernement malien, en 1992, la signature d’un pacte national leur octroyant un statut particulier d’autonomie. En étudiant sur la longue durée (un siècle, de la prise de Tombouctou en 1893 à la signature du Pacte national en 1992), les évolutions qu’a connues cette population contrôlée par l’administration française, puis malienne, dans ce qu’il faut bien appeler une succession de colonisations, cette étude a pour but d’analyser et d’illustrer les causes et les conditions complexes d’un des conflits contemporains de la bande sahélienne, exemple des luttes où se mêlent retombées coloniales, volontés politiques, réactions identitaires, ethniques, mais aussi sociales et économiques d’une population sous dominations exogènes depuis le début du XXe siècle et, depuis la décolonisation, minoritaire au sein d’un Etat-nation en formation. Fondé sur le dépouillement exhaustif des fonds d’archives de la France coloniale et de la République du Mali, l’analyse de la presse européenne et africaine ainsi que sur la collecte de témoignages oraux au cours de nombreuses enquêtes de terrain, cette étude sur les Kel Adagh représente la première synthèse historique sur un sujet problématique et fort éclairant à plus d’un titre. En effet cette histoire, passionnante en elle-même, l’est tout autant parce qu’elle croise et illustre les grands débats africains de la colonisation, de la décolonisation et de l’indépendance. L’analyse du type de colonisation imposée à la religion oblige à reconsidérer le modèle classique d’une administration coloniale française directe, et à mieux cerner les modes de contrôle ainsi que les résistances – nombreuses – à ce dernier. Elle permet aussi d’étudier les évolutions spécifiques du processus de structuration de l’Etat post-colonial. En face d’élites jacobines qui avaient été les leaders du mouvement indépendantiste, les Touaregs opposaient leur volonté d’émancipation, une conception fédérale des rapports politiques et, surtout, le concept d’une terre communautaire à la notion de propriété individuelle ou étatique. Ces deux visions du monde se sont opposées au cours de conflits violents, inscrits par ailleurs dans un autre débat, celui de l’existence même des frontières héritées de la colonisation.

Une correspondance saharienne
par Henri Laperrine, Gaston Édouard Jules Cauvet

Entre 1902 et 1920, le général Laperrine entretient une correspondance régulière avec son ami le commandant Cauvet. Cent quarante-six de ses lettres sont conservées aux Archives d’outre-mer à Aix-en-Provence. Elles sont publiées ici pour la première fois. Dans cette correspondance privée, Laperrine n’est pas tenu d’adopter le style réservé propre aux courriers et rapports officiels. Aussi ces lettres sont-elles riches d’enseignements. Elles éclairent les véritables enjeux de cette période qui vit la France s’installer au Sahara central. Elles nous apprennent combien l’empirisme a largement présidé à cette conquête du Sahara et combien les principaux épisodes de cette histoire sont dus avant tout à la politique de ” l’état de fait ” impulsée par Laperrine et les siens. Elles révèlent également que de nombreuses divergences opposaient les hommes qui dirigeaient alors la politique saharienne de la France. Au-delà de simples rivalités personnelles, ces différends manifestent bel et bien des oppositions politiques qui apparaissent crûment dans cette correspondance. Autant de points recensés et analysés dans la longue introduction qui présente le contexte historique dans lequel s’inscrit cet échange épistolaire entre deux des principaux acteurs de cette époque.

Charles de Foucauld
par Dominique Casajus

Charles de Foucauld le savant, l’explorateur, le passeur, devenu aujourd’hui le symbole du dialogue entre chrétiens et musulmans. Charles de Foucauld le bienheureux, l’ascète, le mystique béatifié 89 ans après sa mort. Charles de Foucauld et son mystère, celui d’un homme hanté par la mélancolie, la haine de soi, l’aspiration au martyre. C’est sur son expérience extrême, son existence d’ermite, à Tamanrasset, au coeur du Sahara, de 1905 à 1916, que se concentre cet ouvrage. Comment vivait-il ? Quel rapport entretenait-il avec les voisins autochtones? Quelle place ses recherches sur la langue des Touaregs ont-elles prise dans son développement personnel ? Comment accordait-il travaux scientifiques et vocation érémitique ? Seul un spécialiste de la civilisation touarègue pouvait ainsi renouveler notre vision de cet aventurier. Un portrait allant à l’encontre des clichés et de la littérature sulpicienne.

La révolution russe d’octobre 1917
par Léon Trotsky

II y a cent ans se produisait un événement capital qui bouleversa le cours de l’histoire mondiale du XXe siècle : la Révolution russe. Léon Trotsky, l’auteur de ce livre, résume ainsi cet événement : “L’histoire de la révolution est pour nous, avant tout, le récit d’une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées.” Octobre 1917, point culminant de cette révolution, mérite aujourd’hui d’être mis au jour et réétudié de près. Laissons donc la parole à l’un des principaux acteurs d’Octobre, et non des moindres, puisqu’il organisa, dirigea l’action révolutionnaire et s’en fit son principal historien. Ce livre reste en ce début de XXIe siècle l’oeuvre la plus importante jamais publiée sur la Révolution russe et dont la qualité littéraire, remarquable, a fait de ce livre un classique.

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