Monde Des Sciences (Le) [No 31] – L’enseignement Technologique Des Arts Et Indsutrie Textiles – La Filature De… par Lionel Fontagné, Jean-Hervé Lorenzi, France. Conseil d’analyse économique

Désindustrialisation, délocalisations
par Lionel Fontagné, Jean-Hervé Lorenzi, France. Conseil d’analyse économique

Les auteurs s’attachent à montrer que la désindustrialisation, entendue comme une diminution de la part de l’emploi industriel, est un phénomène assez naturel, dans lequel les délocalisations n’auraient qu’une responsabilité réduite : elle s’expliquerait par des gains de productivité industriels qui restent importants (et sans doute stimulés par l’apparition de nouveaux compétiteurs au Sud) alors que l’élasticité-revenu de la demande de biens industriels est inférieure à 1. Au-delà de ces considérations, les stratégies d’entreprises fournissent aussi des explications à la localisation des unités de production. Plus qu’à une délocalisation systématique on assiste surtout à des réorganisations globales des entreprises : les activités se localisant non plus sur une base sectorielle mais en exploitant au mieux les avantages (coûts, fiscalité, proximité des marchés, etc.) constatés. La réorganisation des processus productifs a donc tendance à spécialiser « le Nord » dans les segments de la chaîne de valeur les plus intensifs en main d’œuvre qualifiée, les phases plus intensives en main d’œuvre non qualifiée étant plutôt localisées « au Sud ». D’après les études référencées dans le rapport, l’ensemble de ces effets paraît avoir un effet global sur l’emploi limité en termes macroéconomiques (qui peuvent néanmoins prendre beaucoup d’importance localement) mais, en revanche, l’impact en est clairement négatif pour les travailleurs non qualifiés. Quels sont donc les véritables enjeux de la désindustrialisation ? Il s’agit de savoir si le système productif a modifié sa spécialisation productive et sectorielle vers les segments les plus dynamiques de la demande, si la « montée en gamme », reflet des efforts de R&D, est effective et permet de résister à la concurrence par les prix qu’imposent les pays du Sud. C’est donc bien le déclin dans les positions exportatrices françaises sur les segments géographiques ou sectoriels de la demande qui apparaît le plus préoccupant. Une constatation avérée dans le cas français qui conduit les auteurs à émettre quelques propositions de politiques économiques. [Site du CAE]

Gestes techniques, techniques du geste
par Didier Bouillon, André Guillerme, Martine Mille, Gersende Piernas

Le geste technique est reconnu comme partie intégrante d’un « patrimoine immatériel » par la richesse inégalée des métiers vivants. Comment comprendre ce mouvement du corps ouvrier dans toutes ses nuances, au fil du temps, grâce aux mots, aux images et aux traces matérielles ? L’ouvrage est un hommage à l’anthropologue François Sigaut (1940-2012). Conçu par les auteurs comme outil essentiel à qui souhaite saisir la multiplicité des approches, il revient sur les bilans et perspectives des recherches universitaires les plus récentes.
Le geste prime sur les mots et valorise l’individu inscrit dans une communauté d’expérience, d’acquis et d’excellence. Sont déclinés l’apprentissage d’un geste pour produire et transformer, la vie du geste et le geste artificiel. Les contributions sont pluridisciplinaires : verrerie, pierre, céramique, art campanaire, bijouterie, lutherie, mine, industrie textile, chantier naval, cuir, techniques agricoles ou alimentaires… Dès le XVIIIe siècle, le geste, initiateur des métiers, s’émancipe de l’atelier, compose avec la machine et abandonne progressivement l’outillage traditionnel. Au XXe siècle, la machine supplante parfois intégralement l’homme dans la réalisation du geste qui sera intégré, disséqué et exécuté par la robotique au XXIe siècle.


Rapport 2007 sur les Pays les Moins Avancés
par United Nations

Ce rapport est la source la plus complète et la plus fiable d’analyses et de données socioéconomiques sur les nations les plus pauvres du monde. Il s’adresse à un large public, y compris les pouvoirs publics, les décideurs, les chercheurs et tous ceux qui s’intéressent aux pays les moins avancés (PMA) en particulier et à la politique de développement en général. Le rapport comporte une annexe statistique incluant des données de base sur les PMA.

Les Locomobiles
par Louis Figuier

” … Parmi les appareils mécaniques qui tendent à se répandre dans l’agriculture française, la machine à vapeur se place au premier rang, grâce à l’universalité de ses emplois. On est parvenu, aux États-Unis et en Angleterre, à la réduire à une forme extrèmement simple et commode, pour son emploi dans l’agriculture. On désigne cette variété particulière de la machine à vapeur, sous le nom de machine locomobile, pour rappeler qu’elle a pour caractère essentiel de pouvoir ètre transportée d’un lieu à un autre. Une locomobile est donc une machine à vapeur ambulante, susceptible d’exécuter diverses opérations mécaniques qui sont nécessitées par les besoins de l’industrie et de l’agriculture. Elle peut servir à battre les gerbes à grains, à manoeuvrer des pompes, à faire marcher un moulin, un crible, un pressoir, un hache-paille, un coupe-racines; à fabriquer des tuyaux de drainage, à faire marcher une distillerie, à broyer les os, à traîner le rouleau destiné à égaliser une chaussée, enfin à exécuter toute action qui demande un moteur, et à remplacer un manège. Son emploi s’est beaucoup généralisé pour remplacer les moteurs hydrauliques, en temps de sécheresse…”

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