Must 1996 : Munich Meeting On Air Separation Technology, October 10-11, 1996 par François Jullien

Si parler va sans dire. Du logos et d’autres ressources.
par François Jullien

Aristote nous a laissé ces équivalences majeures, s’imposant comme des évidences : que parler c’est dire ; que dire est dire quelque chose ; et que dire quelque chose est signifier quelque chose : destinant ainsi la parole à être le discours déterminant de la science, reposant sur le principe de non-contradiction et apte à répondre à la question grecque par excellence – désormais mondialisée – du “qu’est-ce que c’est ?”.

En se tournant vers les penseurs taoïstes de la Chine ancienne, François Jullien rouvre une autre possibilité à la parole : “parole sans parole”, d’indication plus que de signification, ne s’enlisant pas dans la définition (puisque non adossée à l’Être), disant “à peine”, ou “à côté” – qui ne dit plus quelque chose mais au gré. Or, n’est-ce pas aussi là, quelque part (à préciser), la ressource que, depuis Héraclite, en Europe, revendique avec toujours plus de virulence la poésie ?

Aristote ne débat plus ici avec ses opposants familiers. S’invitent enfin à ses cours, pour dialoguer avec lui, des interlocuteurs inattendus, et même qu’il n’imaginait pas.


Representer dieux et hommes dans le Proche-Orient ancien et dans la Bible
par Hervé Gonzalez, Lionel Marti, T. Romer

Quelle est la fonction des representations du divin et aussi des hommes dans le Proche-Orient ancien? Quelles sont les differentes manieres de rendre visible des dieux et quelles en sont les fonctions particulieres? Ces representations materielles et visuelles permettent-elles de mieux comprendre les cultes officiels et les cultes prives? Quel est le role des images dans le culte royal? Est-ce le roi ou tous les humains qui sont l’image des dieux? Pour quelles raisons decide-t-on d’interdire des images cultuelles? Y a-t-il des precurseurs a l’interdiction biblique dans le Proche-Orient ou ailleurs? Comment les representations des dieux et des hommes changent-elles en l’absence d’image cultuelle? Le colloque Representer dieux et hommes dans le Proche-Orient ancien et dans la Bible, qui s’est tenu les 5 et 6 mai 2015 au College de France, avait pour but d’eclairer ces questions autour de l’image, un sujet central pour l’intelligence des religions anciennes et modernes. What was the function of representing deities and also humans in the ancient Near-East? Which were the different ways of making gods visible, and the specific functions of these representations? Might these material and visual representations help us to better understand official cults, as well as private cults? What was the role of images in the royal cult? Was the king the only “image” of the gods, or could all humans fulfill this role? Why were cult images forbidden? Does the biblical prohibition have any precedent or parallel in the ancient Near-East, or elsewhere? And how do the ways of representing gods and humans change in the absence of cultic images? The conference Representing Gods and Humans in the Ancient Near-East and in the Bible, held at the College de France, Paris, on May 5-6 2015, sought to shed light on these questions surrounding the image, a critical issue for our understanding of ancient as well as modern religions.

Manger magique
par Claude Fischler

Lorsque nous disons ” vous avez mangé du lion ce matin “, c’est façon de parler mais aussi de penser. Cette pensée relève d’une logique magique, plus profondément ancrée en nous et plus universelle que nous ne voulons le croire. En incorporant un aliment, nous incorporons analogiquement certaines de ses caractéristiques imaginaires, physiques ou morales : la viande rouge est réputée communiquer de la vigueur. Jean-Jacques Rousseau disait que les Anglais, amateurs de rosbif saignant, étaient un peuple grossier et brutal. Et les ” carnivores ” ne sont pas loin de croire que les végétariens, à ne manger que des légumes, se font du sang de navet… Or, tout se passe comme si le cours même de la modernité favorisait la résurgence de cette pensée archaïque de la contamination et de la similarité : régimes miracles, vogues médicales et diététiques entretiennent une cacophonie anxiogène et culpabilisante tout en y puisant leur énergie. La science en ses institutions n’obéit-t-elle pas parfois à des tendances proches lorsqu’elle croit, par exemple, pouvoir modifier, comme par un coup de baguette magique, les habitudes alimentaires de populations entières ? Au nom de ce qu’elle pense être la vérité, la recherche échappe-t-elle toujours à tout glissement ou dérapage. Ouvrage DIRIGE PAR Claude Fischler.

Physique et microphysique
par Louis de Broglie

L’auteur de ce livre, bien qu’ayant travaillé dans des laboratoires à certaines époques de sa vie, est un théoricien. Les recherches qui l’ont conduit naguère à poser les premières bases de la Mécanique ondulatoire étaient d’ordre essentiellement spéculatif.
Aussi n’est-ce pas sans une certaine surprise qu’il a vu, au bout d’un petit nombre d’années, les idées de la Mécanique ondulatoire conduire à des techniques de la plus haute importance pratique telles que l’optique électronique.
La constatation de ces répercussions imprévues des idées nouvelles de la Mécanique ondulatoire ont ramené notre attention sur les liens étroits de filiation qui existent entre les découvertes de la Science pure et les progrès des sciences appliquées et des techniques. On trouvera le reflet de cette préoccupation dans diverses parties de l’ouvrage.

Broglie a été élu à l’Académie des sciences en 1933 et à l’Académie française en 1943. Il a reçu le prix Nobel de physique en 1929 pour sa découverte de la nature ondulatoire des électrons (1924)


La couleur en cinéma
par Emmanuelle André

Un parcours de toute l’histoire du cinéma mondial qui se concentre plus spécialement sur les lieux et les moments où se sont joués l’invention, les débats, les luttes, sans suivre un plan chronologique, l’apparition progressive de la couleur n’étant pas linéaire.

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