Poupées Et Bébés En Celluloïd par Elide Montesi

La nuit n’est jamais complète
par Elide Montesi

« La nuit n’est jamais complète. Il y a toujours puisque je le dis, puisque je l’affirme, au bout du chemin une fenêtre ouverte, une fenêtre éclairée. Il y a toujours un rêve qui veille, désir à combler, faim à satisfaire, un cœur généreux, une main tendue, une main ouverte, des yeux attentifs. Une vie, la vie à se partager. »

Cette chronique familiale, qui enfile les souvenirs de famille de l’auteur sur le fil de l’Histoire, commence sous le soleil d’Italie pendant les années noires du fascisme et de la deuxième guerre mondiale et se poursuit à l’ombre des terrils de Belgique pendant les années cinquante.

La trame de ce récit est faite de drames mais aussi de moments d’insouciance, d’humour, de tendresse, d’amour et de bonheur envers et contre tout. Parce que, comme le dit le poète, la nuit n’est jamais complète.

EXTRAIT

Vera vit le jour à Urbino en 1930.
Elle fut toujours très fière de ce point commun avec le peintre Raffaello Sanzio natif comme elle de cette même jolie ville de la région des Marche en Italie. Mais sa famille ayant déménagé peu après sa naissance, elle ne connut jamais cette ville de près. Elle passa les vingt premières années de sa vie dans le hameau d’une localité située à quelques dizaines de kilomètres de sa ville natale, « il Borgaccio di Saltara ».
Le Borgaccio existe toujours.
C’est un hameau d’une dizaine de maisons, coincé entre la route et une rive du Metauro, une rivière typiquement méditerranéenne, au cours capricieux, presque tari l’été, et aux crues dangereuses en hiver. Entre la rivière et les maisons, des cultures, maïs, tournesols, blé, vergers de pêchers aux fruits parfumés et veloutés, cordons de vignes et oliviers arborant leur superbe feuillage argenté au sommet de leurs troncs noueux. Les traits noirs des cyprès ponctuent la douceur du paysage ambiant. Les vignes y donnent un petit vin blanc délicieux, le « Bianchello del Metauro ». Le bourg de quelques centaines de mètres de long à peine est limité par la ligne de chemin de fer qui suit la route et le fleuve pour relier la mer à l’intérieur des terres. La mer est toute proche.

À PROPOS DE L’AUTEUR

Elide Montesi, d’origine italienne, est née en 1956 à Auvelais. Médecin généraliste depuis 1981, elle consacre son temps libre à peindre, jouer de la musique et écrire. Elle a d’abord satisfait sa passion pour l’écriture en travaillant pendant quelques années dans la presse médicale. En 2014, elle a publié son premier livre, Les filles d’Hippocrate, recueil de biographies de femmes médecins. En 2015, est paru son premier roman, La nuit n’est jamais complète, rédigé d’après des souvenirs familiaux. Avec Les lignes brisées, l’auteur se lance dans le roman de fiction .


Des habits et nous
par Jean-Pierre Lethuillier

Le costume est un discours. Le soin que l’on met à se vêtir dit beaucoup de notre façon de vivre, de notre désir de se distinguer ou bien encore de s’intégrer à un groupe social. Le phénomène, éminemment subtil, se répète inlassablement. De la fin du XVIIIe au courant du XXe siècle, le costume régional a joué un tel rôle et a tenu une place majeure dans les comportements vestimentaires. Il fut par là même l’une des portes d’entrée vers la modernité avant que d’autres expressions, tout aussi vigoureuses, le supplantent. Se nourrissant du travail des ethnologues, les historiens cherchent à dérouler une chronologie des costumes régionaux. Or celle-ci, difficilement saisissable, offre le spectacle d’une évolution permanente aux rythmes saccadés et disparates d’une province à l’autre. Un fait s’impose cependant. L’arrivée en masse de productions textiles produites mécaniquement, à des prix toujours plus bas, est la condition nécessaire au développement du costume régional. Sans révolution industrielle, point de coiffes normandes, de costumes bretons, de blouses auvergnates ou de tenues arlésiennes chatoyantes. La riche palette du costume régional s’exprime alors avec plénitude, s’accordant à toutes les situations de la vie et s’adaptant autant que de besoin. Mais le costume régional peut aussi perdre sa raison d’être et se voir abandonné au profit d’autres façons de se vêtir. L’apparition du bleu de travail est à cet égard éloquente. Même démodé, le costume régional conserve une force d’attraction. Hommes politiques, publicitaires, chercheurs, membres de groupes folkloriques et créateurs de modes : tous s’appuient sur le costume pour mettre en valeur leurs préoccupations et leurs passions. A l’heure où notre besoin de liberté individuelle passe aussi par une libéralisation des mœurs vestimentaires, l’histoire du costume régional aide à penser notre relation au vêtement.

Bébés d’hier
par Marie-Odile Mergnac, Anne Tricaud

Saviez-vous qu’il était conseillé aux jeunes femmes qui ne parvenaient pas à avoir d’enfants d’aller se baigner nues dans la Garonne avec leur marraine ou de faire porter à leur mari le pantalon d’un père de famille nombreuse ? Qu’il était moins dangereux d’accoucher à la maison qu’à l’hôpital jusqu’au début du XXème siècle ? Qu’une naissance à midi portait chance au bébé ? Qu’on annonçait la venue au monde plutôt par oral que par écrit ? Que le nouveau-né recevait souvent en cadeau du pain (pour qu’il soit bon), un œuf (pour qu’il soit ” plein ” de bonheur) et du sel (pour qu’il soit sage), parfois quelques pièces de trousseau de la part de son parrain mais rarement des jouets comme aujourd’hui ? Que le choix du prénom répondait à des critères communautaires et familiaux bien précis ?… Après avoir ainsi évoqué l’attente du bébé et sa mise au monde, l’ouvrage décrit comment le petit était, jusqu’à ses deux ans, allaité, pouponné, langé, porté. Les auteurs racontent aussi les petits mots utilisés pour le désigner, les berceuses qu’on lui chantonnait, les rites autour des premières dents, des premiers pas, des premiers rires… Pour découvrir un univers où, s’il n’était pas l'” enfant-roi ” d’aujourd’hui, il occupait une place essentielle, à la fois dans la société et dans le cœur de ses parents.

Poupées de Modes & Travaux depuis 1951
par Elisabeth Chauveau, Annick Buchy, Elyane Jamard-Lacroix

C’est en 1919 qu’Edouard Boucherit créa, avec son épouse Renée, une nouvelle revue féminine appelée Modes & Travaux et dont le premier numéro parut en novembre dans leurs bureaux 10, rue de la Pépinière à Paris. Au lendemain de la Grande Guerre, le journal aura pour ambition d’aider la femme à devenir une parfaite maîtresse de maison. Il suit de près la mode et ses évolutions. Mais, dans les années trente, la crise économique mondiale se fait rapidement sentir et la couture “à la maison” va se développer : Modes & Travaux est alors en plein essor. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la revue donnera d’astucieux conseils à ses lectrices, mais, avec les conditions de travail difficiles, le journal paraîtra plus ou moins régulièrement. A la Libération, le mensuel va reprendre ses activités de manière régulière et, avec le Baby-boom, va décider d’étendre son audience aux petites filles de ses lectrices. Ainsi, à partir de 1951, Modes et Travaux créèrent une page réservée aux petites filles et intitulée “Le journal des petites filles de Modes et Travaux”. Ce magazine proposait des patrons pour habiller des poupées, mais offrait également des vêtements tout faits ainsi que des accessoires divers comme des chaussures, chaussettes, sacs à main, etc. Parallèlement au développement de l’industrie du jouet, c’est en mars 1951 qu’apparaît pour la première fois la 1re poupée Modes & Travaux (fabrication Nobel), Françoise que l’enfant pourra habiller grâce aux explications du journal ; elle pourra également se procurer les patrons à la taille de la poupée et même acheter des vêtements tout faits. En août 1954, la poupée Françoise annonce aux jeunes lectrices la “naissance d’un petit frère” : Michel. Puis, en 1958, Modes et Travaux proposèrent une troisième poupée, au corps élancé, et portant perruque : Marie-Françoise.

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