Retours En Ville. Des Processus De Gentrification Urbaine Aux Politiques De Revitalisation Des Centres par Isabelle Hajek, Philippe Hamman, Jean-Pierre Lévy

De la Ville durable à la nature en ville
par Isabelle Hajek, Philippe Hamman, Jean-Pierre Lévy

Les projets de « ville durable » se sont aujourd’hui multipliés à travers le monde. Comment interpréter cet engouement généralisé ? Est-ce une nouvelle façon de concevoir les relations entre sociétés urbaines et environnements naturels ?
Dans un contexte d’accélération de l’urbanisation, plutôt que d’acter l’inauguration de nouvelles politiques urbaines, la nécessité d’une analyse des pratiques, représentations et discours de la durabilité urbaine, assortie d’un recul critique s’imposent. C’est l’objectif de cet ouvrage. Il rassemble les travaux actuels de spécialistes en géographie, sociologie et urbanisme, ainsi qu’en architecture, agronomie, lettres, paysagisme, et interroge les dynamiques socio-spatiales de diffusion et de traduction du mot d’ordre désormais mondial de « durabilité urbaine », sur des aires différenciées, en conjuguant les regards « macro » et « micro ». Confrontant de façon originale villes du nord et villes du sud, l’ouvrage donne des clés de compréhension sur la façon dont le projet de « ville durable » a pu devenir le symbole de ce contre quoi il est censé lutter : un « verdissement » inégal de la ville, facteur de ségrégation sociale. Si une ville naturalisée apparaît bien au cœur de la « ville durable », elle procède moins de l’application d’un paradigme idéologique, d’une régulation politique « par le haut » que d’une mosaïque d’initiatives, croisant ambiances, pratiques sociales et récits ordinaires.


Le pari urbain en Amérique latine
par

Revaloriser les centres des grandes villes est de nos jours un pari commun à la plupart des gouvernements de grandes villes latino-américaines. Retour sur la mémoire, appel aux classes moyennes, requalification économique, programmes sociaux sont autant d’idées qu’ils mettent en oeuvre, qui circulent de part et d’autre de l’Atlantique, et que chaque ville fait siennes à sa manière. Elles produisent du nord au sud, de Mexico à Buenos Aires et Santiago toute une gamme d’actions réformatrices et de changements dans les paysages urbains qui s’efforcent de masquer ou de singulariser les effets de la mondialisation.
Cet ouvrage prolonge les débats qui se sont exprimés lors du séminaire El Tiempo de las Ciudades, Habitar la Ciudad organisé en novembre 2003 à l’Intendencia Municipal de Montevideo (Uruguay) par les Faculdades de Arquitectura et de Humanidades de la Universidad de la Republica, ainsi que par l’Association Transplatina (Paris), l’École d’Architecture de La Villette et le CREDAL (Centre de recherche et Documentation sur l’Amérique latine, CNRS-Université de la Sorbonne Nouvelle), avec le soutien de l’Unesco (programme Most).

Sous la direction de :
Hélène Rivière d’Arc (Centre de Recherche et Documentation sur l’Amérique latine, CREDAL-CNRS) travaille sur les nouvelles identités territoriales en milieu urbain, la requalification des centres urbains et le développement durable. Elle tente une comparaison Europe-Amérique latine.
Maurizio Memoli, professeur de Géographie urbaine à l’Université de Cagliari. Il s’intéresse aux politiques urbaines, à l’image de la ville et aux liaisons entre économie et culture en milieu urbain.
Tous deux ont participé à la réflexion sur les processus de gentrification et à la rédaction de l’ouvrage Retours en ville, Descartes et Cie, 2003.

Les auteurs :
Miguel Baudizzone, Yasna Contreras Gatica, Jorge Di Paula, Heitor Frúgoli Jr., Liliana Furlong; Daniel Hiernaux Ignacio Lewkowicz, Pablo Ligrone, Maurizio Memoli, Carina Nalerio, Alicia Novick, Catherine Paquette, Sandra Jatahy Pesavento, Nora Quiñones, Vincent Renard, Luiz Cesar de Queiros Ribeiro, Hélène Rivière d’Arc, Pablo Sztilwark.

Circulation des idées et des modèles. Ville, espace et temps : réflexions sur le patrimoine urbain au Brésil. Les conditions économiques du renouvellement urbain. Les imaginaires et les lieux dans la reconquête du centre historique de Mexico. Volonté, spéculation et occasions dans la réhabilitation des centres-villes en Italie. Classes sociales et politiques urbaines au Brésil. Acteurs et habitants dans les centres-ville. Rénovation sectorielle et logiques résidentielles : le programme RECUP-Boca à Buenos Aires. Des habitants pour le centre historique ? Mexico face à l’un des défis majeurs de la réhabilitation. La réhabilitation du centre historique de Montevideo. Une exception culturelle uruguayenne ? Intervention dans les espaces centraux des villes brésiliennes, le cas de São Paulo. Pratiques et propositions d’action réformatrice. Une zone d’expérimentation urbaine à Buenos Aires. Politique de logement et citoyenneté à Montevideo. La commune de Santiago du Chili, une nouvelle option résidentielle pour la ville. Limites à la création d’activités économiques dans les plans de réhabilitation urbaine. Le cas uruguayen. Conclusions : Imaginaires, classes moyennes et marché. Centres historiques : idées et politiques.


Etats flous et trajectoires complexes
par Philippe Antoine, Eva Lelièvre, Groupe de réflexion sur l’approche biographique

L’individu au cours de sa vie connaît différents événements de diverses natures (naissance, mariage, changement d’emploi, obtention d’un diplôme, etc) qui s’enchaînent parfois très vite ou qui semblent aussi bien confus dans leur ordonnancement que dans leur statut. Du fait de la meilleure observation des parcours individuels à travers les questionnaires d’enquête, les changements d’état ne peuvent être réduits à de simples événements. Ils sont en effet marqués par une transition plus ou moins étalée dans le temps, et l’observation, la modélisation, l’interprétation de ces seuils flous entre deux situations constitue un champ de recherche foisonnant en sciences sociales. Les auteurs ont mis en commun leurs expériences dans le domaine du recueil biographique pour s’interroger à la fois sur la question de ” mise au point “, c’est-à-dire trouver la distance pour appréhender la complexité des histoires de vie, et sur celle du temps, c’est-à-dire selon quelle horloge recueillir le détail de l’information. Ils apportent des solutions d’un point de vue conceptuel et méthodologique, après avoir analysé les liens entre données quantitatives et qualitatives, la gestion des faits et des perceptions, ainsi que déconstruit les catégories des collectes d’analyses. Cette étude dépasse le simple cas particulier. Elle offre un bagage empirique important, peu développé jusqu’à présent. Cet ouvrage s’adresse à un public bien plus large que la communauté des démographes : il concerne tous ceux en sciences sociales qui, à un moment ou un autre, ont à conduire une collecte sur le terrain, que ce soit en tant que chercheur ou en tant que praticien du social.

Les grands projets urbains
par Michel Max Raynaud, Michel Hubert, Paul Lewis

Qu’est-ce qu’un grand projet urbain ? Quelles sont ses conditions d’implantation et ses répercussions sur la ville ? Comment en mesurer les retombées économiques, ou comprendre les relations complexes qui s’établissent entre les entrepreneurs immobiliers et les collectivités qui les accueillent ? Avec plusieurs exemples de grands projets immobiliers et patrimoniaux à Montréal et dans le monde – et à travers un large spectre disciplinaire incluant l’architecture et l’urbanisme, bien sûr, mais aussi la géographie, l’histoire, la politique et l’économie –, cet ouvrage aborde trois grands thèmes : les acteurs, leur discours et leurs représentations ; le design et l’attractivité ; le développement urbain.

La rue, village ou décor?
par Eric Charmes

” Ma rue, c’est un village “, entend-on souvent dire. Pourtant, si dans l’après-guerre on pouvait encore avec à-propos qualifier certains quartiers populaires de ” villages urbains “, la référence au village semble aujourd’hui n’être qu’un fantasme. Dans les faubourgs populaires récemment embourgeoisés, les nombreux ” bobos ” nouveaux venus sont ceux qui invoquent le plus la vie villageoise alors même qu’ils passent très peu de temps dans leur rue, pour eux simple décor dont la valeur se mesure à la présente d’immeubles de guingois, de cafés vieillots et de personnages hauts en couleur. L’auteur s’interroge sur la persistance de cette référence à la vie villageoise et sur l’importance attribuée à la rue pour la vie de quartier. Le ” retour à la rue ” est un mouvement né à la fin des années 1950 en réaction à un urbanisme que l’on dit toujours ” moderne ” et que l’on a accusé de stériliser les villes. Opposée à des grands ensembles réputés froids et inhumains, la rue s’est trouvée incarner l’urbanité. aujourd’hui, un demi-siècle après les premières contestations de l’urbanisme moderne, il apparaît que, si la rue a bel et bien triomphé, sa victoire n’a pas pris la forme attendue.

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