Revue De Musicologie Tome 93, N 2 (2007) par Anne Ibos-Augé

Chanter et lire dans le récit médiéval
par Anne Ibos-Augé

Le phénomène consistant à insérer des éléments lyriques dans des textes narratifs et didactiques prend son origine en France du Sud mais connaît véritablement son apogée dans les oeuvres de langue d’oïl. Il est réparti sur une période assez courte, soit entre la fin du XIIe siècle et le début du XIVe, avant de subir de profondes modifications au cours du XIVe, particulièrement avec les dits de Guillaume de Machaut. Jusqu’alors, outre une évolution stylistique du procédé chez les écrivains, de Gautier de Coinci à l’auteur du Rosarius, on dénote surtout une différenciation de la fonction dans les citations à l’intérieur de leurs oeuvres-hôtes. Dans les oeuvres narratives, les insertions peuvent ètre divertissantes ou prendre une dimension discursive.
Dans les oeuvres didactiques, elles agissent plus souvent à la manière d’exemples, véritables « autorités » sur lesquelles se basent les auteurs. Plus rarement enfin, les citations jouent un rôle formel dans leurs oeuvres-hôtes. Cette étude se propose d’examiner, parallèlement aux fonctions littéraires des citations, leur rôle proprement musical, à travers l’analyse des citations, livrées par les manuscrits, ou restituées par les soins de l’auteur d’après les sources musicales parallèles que constituent les chansonniers médiévaux.

L’hyperactivité au diapason de la musique et du français
par Linda Essiambre, Pauline Côté

Le présent ouvrage s’intéresse à l’apprentissage du français en lien avec l’apprentissage d’un instrument de musique chez l’élève manifestant des comportements d’hyperactivité. À l’aide d’une étude de cas approfondie, nous voyons dans quelle mesure une approche centrée sur la musique peut présenter de nombreuses similitudes avec l’apprentissage du français, entraînant de multiples améliorations au plan du comportement, des apprentissages et de la motricité.

Les spectacles sous le Second Empire
par

Le Second Empire voit l’essor des pratiques culturelles : le roman policier naît sous la plume d’Emile Gaboriau, le vaudeville avec Labiche et l’opéra-comique avec Offenbach. La danse, la photographie ou les expositions universelles viennent compléter le panorama de cette période.

La musique dans l’Allemagne romantique
par Brigitte François-Sappey

L’Allemagne a donné au patrimoine musical un legs inestimable, et l’époque romantique se distingue par une floraison éblouissante. Brigitte François-Sappey propose ici une synthèse qui place la musique au cœur du mouvement romantique, en croisant musique et civilisation.

Les écueils historiques sont nombreux dans un tel sujet, tant le concept d’« âme allemande » célébré par les romantiques a été
récupéré et utilisé à des fins douteuses. Une étude fine des thèmes dominant le romantisme germanique, qui n’exclut pas l’aspiration à l’identité nationale, fait la part de l’idéologie et des œuvres auxquelles ce souffle a donné vie.

L’auteur ne néglige pas de présenter le répertoire sous ses différentes rubriques (la musique de piano, de chambre, d’orchestre, le lied, l’opéra et la musique sacrée). Mis à l’honneur, les compositeurs les plus illustres (Weber, Spohr, Schumann, Mendelssohn, Liszt, Wagner et Brahms) sont entourés d’une pléiade de musiciens qui, pour avoir moins marqué la postérité, n’en ont pas moins joué un rôle essentiel, témoignant de la vitalité du cadre culturel dans lequel
ils évoluent.

L’esprit de l’ouvrage est donc de brosser le tableau d’une phase de la civilisation, celle issue de Goethe et de Beethoven, où, portée par les penseurs, la musique accède au sommet du monde des arts et des lettres. Soutenue par la bourgeoisie progressiste, la musique est dorénavant inséparable de la philosophie de F. Schlegel, Schopenhauer ou Nietzsche, de la peinture de Friedrich ou de l’architecture de Schinkel. Cette culture allemande une et multiple est cernée dans une vaste partie introductive et les liens qu’elle entretient avec la musique innervent l’ensemble de cet essai magistral.

Docteur ès lettres, professeur honoraire d’Histoire de la Musique et de Culture musicale au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et d’Art et civilisation au CNSM de Lyon, Brigitte François-Sappey est l’auteur d’ouvrages sur Robert Schumann (Fayard, 2000, 2003), Clara Schumann (Papillon, 2002), Felix Mendelssohn (Fayard, 2003, 2008).


Paroles de musique (1658-1694)
par Anne-Madeleine Goulet

Ce catalogue est une édition critique des paroles des 1220 airs publiés par les éditeurs Robert et Christophe Ballard dans leurs 37 Livres d’airs de différents auteurs entre 1658 et 1694. Loin d’être un divertissement mineur, réservé à quelques cénacles parisiens, l’écriture des paroles d’airs sérieux et leur mise en musique enthousiasmèrent les plus grandes plumes du royaume au XVIIe siècle : les poètes Corneille, Boileau, Molière et La Fontaine figurent aux côtés des compositeurs Lully, Lambert, Charpentier et Le Camus. Une comparaison systématique de l’anthologie Ballard avec les autres sources de l’époque où les textes, voire les musiques, pouvaient réapparaître – Mercure galant, recueils de poésie ou de musique, romans, nouvelles, pièces de théâtre, livrets d’opéra, traités de conversation… – permet de montrer l’omniprésence de la poésie lyrique galante dans le champ littéraire de la France de Louis XIV. La recherche de ces airs, généralement imprimés sans nom de poète ou de compositeur, dans un corpus d’environ 350 sources secondaires, a permis de les attribuer à 81 poètes et 39 compositeurs différents. Le présent ouvrage est accompagné de diverses tables qui autorisent des recherches sur les auteurs, les interprètes, les éditeurs, imprimeurs ou libraires, les incipit poétiques, les incipit musicaux et les tessitures des voix nécessaires à l’interprétation. Ce corpus d’airs sérieux devrait retenir l’intérêt aussi bien des dix-septiémistes – musicologues, historiens de la littérature, spécialistes de l’histoire du spectacle – que des interprètes de la musique baroque française.

Catégorie