Saintes Familles : Amours Fous – Saint Amour – Anges Du Chaos par Philippe Minyana

Histoire de Roberta
par Philippe Minyana

Observer l’humain à la loupe, disséquer ses travers, révéler ses faiblesses, et finalement se réconcilier, voici le projet de Philippe Minyana. Par petites touches, racontant des visites dans des maisons peuplées d’amis, d’inconnus ou de parentèles, l’auteur peint l’Histoire de Roberta. Une petite épopée, une croisade intime pour l’évocation d’une vie. De la campagne réparatrice au local syndical, en passant par les drames familiaux, l’auteur dresse des histoires d’existences en les observant à cinq distances différentes grâce au jaillissement jouissif de sa langue. Hésitant entre interrogation et exclamation, il lance un retentissant Ça va. Une nouvelle trajectoire dans l’ceuvre d’un écrivain est marquante. Avec ces deux textes forts, toujours empreints d’un rythme musical et d’une tendresse vigilante pour l’être, Minyana surprend, fascine et séduit.

Urbi
par Marine Auriol

Une ville fantasmée et futuriste sous contrôle du Pouvoir. Une menace plane, soigneusement entretenue : les cadrieux, ennemis invisibles, chercheraient à s’infiltrer. Les habitants de cette cité sans nom se méfient de tout et de tous, la solidarité est minimale. La paranoïa généralisée est entretenue par la présence de silhouettes furtives qui quadrillent la ville. Dans l’immeuble FR-72-GS, l’exécution sommaire de deux jeunes gens – terroristes ou résistants ? – va mettre les locataires en émoi. Malgré ce que tous ont vu, l’événement n’est pas relaté dans la gazette officielle. Dans une atmosphère de plus en plus pesante, chacun se demande qui joue double jeu, les amitiés deviennent incertaines, jusqu’à la surprise du dénouement final. Le lecteur découvrira avec plaisir ce troisième chapitre des Chroniques du Grand Mouvement, véritable saga théâtrale d’un genre inédit.

Le masque boîteux
par Koffi Kwahulé

Alors que la Seconde Guerre mondiale ravage l’Europe, un masque danse quelque part en Afrique. Un officier européen, chargé du recrutement, interrompt la cérémonie, déshabille le masque et l’affuble d’un uniforme de tirailleur. A travers l’odyssée de ce porteur de masque enrôlé de force dans l’armée française, K. Kwahulé s’interroge sur l’absurdité de la guerre.

De Godot à Zucco
par Michel Azama

Que s’est-il passé dans l’écriture théâtrale depuis l’apparition de Godot, jusqu’à celle du tout aussi mythique Roberto Zucco ? Depuis la prodigieuse génération des Beckett, Kateb Yacine, Genet et, plus tard, des Césaire, Tremblay ou Sarraute ? Rien ? Si ! L’arbre immense nommé Koltès ne doit pas nous cacher la forêt luxuriante des dramaturges qui ont fait résonner la langue française en cette deuxième moitié du siècle. En quelques décennies, ils ont tout à la fois nourri la crise des formes classiques et assuré un renouvellement total de ce genre littéraire. Répartis en trois volumes, deux cents extraits de textes édités sont sélectionnés et mis en perspective au sein de leur œuvre d’origine, accompagnés d’une biographie de leur auteur. Ils sont présentés selon des critères formels ou thématiques, introduits par des spécialistes. Listes d’œuvres, bibliographies et index figurent dans chacun des ouvrages. 2: Récits de vie: le moi et l’intime. Ce deuxième volume rassemble des œuvres consacrées à l’individu; les extraits choisis concernent des histoires de familles, de relations amoureuses, des paroles de solitude; explorant les moments secrets de la vie privée, jusqu’aux intimités de la chair ou de l’esprit, ils constituent un immense roman théâtral du Moi et de l’Autre.

Le sas ; Jaz ; André
par Michel Azama, Koffi Kwahulé, Philippe Minyana

Michel Azama, Koffi Kwahulé, Philippe Minyana, trois écrivains familiers de Théâtrales : lorsque le théâtre naît de la parole. Condamnée à seize années de détention, quelques heures avant sa sortie de prison, elle raconte : les travaux, les punitions, les amitiés, la solitude et surtout l’angoisse du dehors, de cette ” normalité ” qui ne l’est plus. C’est Le Sas… Un long cri de douleur. ” Une femme/Le crâne rasé peut-être/Nue peut-être/Un revolver…” Elle nous raconte Jaz, belle comme un lotus, sa vie dans une chambre de bonne, au sixième étage d’un immeuble où les vécés débordent. Une parole elliptique, musicale, crue, à la limite de l’imaginaire. Anne-Laure nous parle d’André. Dans cette ferme de granit en Haute-Loire, il y a le souvenir de ce dos qui a bouleversé sa vie, un beau matin, l’intimité de son histoire d’amour avec Dédé, ses joies, ses déceptions, ses inquiétudes. Juste une parole, celle de la vie qui passe.

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