Tw-13 Hiroshige par Amélie Balcou

Les fleurs
par Amélie Balcou

Ce coffret met à l’honneur le thème des fleurs, et plus généralement de la nature, si importants dans l’art japonais, à travers une sélection des plus célèbres estampes du genre ancestral du kachô-ga, ces ” images de fleurs et d’animaux ” , de l’époque d’Hokusai au début du xxe siècle. Dès le début du xixe siècle, face à la politique d’isolationnisme du pays, les Japonais aspirent à plus de liberté, et trouvent dans la nature une échappatoire à la claustration ambiante et à l’asphyxie qui les menace à terme. Renouer avec la nature, écouter le rythme des saisons, admirer les fleurs de pruniers ou de cerisiers, goûter la fraîcheur du soir, contempler les premières neiges, ou surprendre l’envol des grues ou des oies sauvages sont autant d’occasions de longs voyages ou de simples promenades. Hokusai et Hiroshige saisissent cette évolution de la société japonaise, qu’ils transcendent dans leurs magnifiques estampes de fleurs. Conjuguant réalisme et spiritualité, observation directe et interprétation tout empreinte de shintoïsme et de bouddhisme, Hokusai (1760-1849), et Hiroshige (1797-1858) portent à sa perfection la représentation d’une nature magnifiée. Partant tous deux de l’observation de la faune et de la flore, ils en expriment, par des styles différents, la permanence et l’état d’éternel recommencement, en même temps que le caractère fragile et éphémère. Aucun grand maître de l’estampe n’a capturé aussi bien l’âme de la nature japonaise qu’Hokusai. Pour Edmond de Goncourt, c’est ” le peintre universel qui, avec le dessin le plus vivant, a reproduit l’homme, la femme, l’oiseau, le poisson, l’arbre, la fleur, le brin d’herbe [… ] qui a fait entrer, en son oeuvre, l’humanité entière de son pays ” . Ces deux grands noms de l’estampe vont inspirer nombre d’artistes, ceux notamment du mouvement shin-hanga (” nouvelles gravures “), tels Imao Keinen (1845-1924) ou Ohara Koson (1877-1945), qui vont à leur tour célébrer les fleurs et la nature, et se passionner pour leurs plus infimes variations, puisant dans leurs formes et leurs textures une formidable source d’inspiration graphique Cette sélection des plus belles estampes dédiées aux fleurs ne se veut pas simplement descriptive mais elle révèle comment les artistes les rêvent, les fantasment et leur donnent une force symbolique propre. Les fleurs deviennent ainsi l’expression des émotions, mais aussi celle d’un rapport profond avec la nature, plus que jamais au coeur des questionnements actuels.

Memoirs
par

Consists of contributions from the Institute of Zoology, Institute of Botany, and the Institute of Geology and Mineralogy of the College of Science.

Les saisons par les grands maîtres de l’estampe japonaise
par Hokusai Katsushika, Amélie Balcou

Grands voyageurs et passionnés de nature, Hokusai (1760-1849) et Hiroshige (1797-1858) ont révolutionné l’art de l’estampe japonaise dès la fin du xviiie siècle, en portant à son apogée le genre du paysage. Peuplant leurs vues de scènes de la vie quotidienne, ils se sont largement appropriés le thème des saisons, au coeur de la pensée japonaise depuis la fin de la période Yamato (250-710). Dès le vie siècle, les poètes s’emparent du sujet en lui associant une iconographie propre : la floraison des cerisiers devient le grand symbole du printemps et le soleil celui de l’été. L’automne appelle à la contemplation des feuilles d’érables et de la lune. L’hiver vient avec les premières neiges… Les artistes, largement influencés par le modèle chinois, s’approprieront ensuite cette vision simplifiée du cycle de la nature. Dès l’époque de Heian (794-1185) émergent de nouveaux genres liés au cycle de la nature, comme les peintures des quatre saisons, des douze mois de l’année et des lieux célèbres. Toutefois, c’est à l’époque d’Edo (1600-1868) que le thème de la nature connaît son plus grand succès avec l’estampe, et plus particulièrement avec le paysage, propice à la représentation des saisons. Avec les illustres Hokusai et Hiroshige en chefs de file, les artistes du paysage capturent toutes les variations de la nature, s’attachent aux scènes enneigées comme aux jardins de cerisiers ensoleillés, aux promeneurs luttant contre la pluie ou admirant les feuilles d’érables rougeoyantes. Ce genre leur survivra, au Japon mais également en Occident où il aura une influence considérable sur l’oeuvre des impressionnistes. Il renaîtra au début du xxe siècle, avec les derniers grands maîtres japonais du paysage et de l’estampe, et Hasui (1883-1957) qui s’attacha autant qu’Hokusai et Hiroshige à la représentation des saisons. Désormais, l’immuable cycle de la nature se fond dans un paysage moderne, bouleversé par les grands changements de la seconde moitié du xxe siècle. Hasui réactualise ce thème intemporel, encore aujourd’hui au coeur des préoccupations du Japon d’aujourd’hui. Ce petit coffret met à l’honneur ce sujet si cher aux Japonais en proposant une sélection des plus célèbres estampes, issues de l’oeuvre des plus grands artistes du paysage, de l’époque d’Hokusai à celle d’Hasui, et en les accompagnant d’un livret explicatif.

Le marketing du livre
par Suna Desaive, Noëlle Poggioli

Le marketing de l’édition reste aujourd’hui mal connu et ses spécificités sont telles qu’elles ne trouvent pas leur place dans les ouvrages généraux. Les auteurs de cet ouvrage proposent ici une approche pratique du marketing éditorial dans son versant ” Etudes et stratégies “. Les méthodes, les techniques et les ressources que le marketing de l’édition peut mobiliser sont présentées ici en prenant appui sur un ensemble de cas concrets empruntés à divers types de productions, et avec le double souci de montrer ce que l’on peut en attendre et d’en poser les limites. Quelle que soit la nature de la production éditoriale, et loin d’être réservée aux spécialistes et aux grandes maisons d’édition, la réflexion proposée ici pourra accompagner chaque éditeur dans ses choix ; il y trouvera des outils d’analyse applicables aux situations auxquelles il est confronté, matière à affiner ses pratiques, et peut être aussi le moyen d’éviter certaines erreurs.

Nous étions faits pour être libres
par Claude Bouchinet-Serreulles

Claude Bouchinet-Serreulles n’avait pas trente ans lorsqu’il déserta, le 17 juin 1940, pour rejoindre les Anglais alors seuls à ne pas se rendre dans une Europe en guerre… Arrivé à Londres, il fut parmi les premiers volontaires rangés derrière le général de Gaulle. Il admirait que ce quasi-inconnu, soutenu par une poignée d’autres inconnus, prétendît incarner la France. ” C’était un temps déraisonnable… ” ” C.B.S. ” fut donc déraisonnable… C’est par un clin d’œil du destin qu’il échappa au fatal rendez-vous de Caluire. Il dut alors, par intérim, reprendre le flambeau arraché aux mains de Jean Moulin. Ce sera grâce à lui, et à ses semblables, que la Résistance poursuivra son œuvre. Telle est donc l’épopée prodigieuse que Bouchinet-Serreulles détaille dans ce livre qui lui ressemble : précis, modeste, incendié par le feu de ceux qui jamais ne renoncent. La voix du Général traversait les mers ; celle de Claude Bouchinet-Serreulles traverse le temps. Soixante ans après, elle résonne, intacte et lucide. Nous étions faits pour être libres explore à la fois les coulisses du drame et apporte une contribution essentielle à l’histoire de ce siècle de fer, de sang, de larmes et de grandeur.

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