Un Siècle De Vie En Corse par Gala Naoumova, Constantin von Barloewen

Au risque de la vie philosophique
par Gala Naoumova, Constantin von Barloewen

Constantin von Barloewen est un philosophe et anthropologue de renom, mais sa vie à elle seule est bien plus qu’un roman : une véritable épopée. Né à Buenos Aires, ses parents ayant fui le régime nazi, son enfance est partagée entre l’Amérique latine, l’Allemagne et la France. Le jeune anthropologue poursuit ensuite ses études à Paris auprès de Michel Leiris dont il devient l’ami. Professeur honoris causa de plusieurs universités, dont Harvard et Princeton, il a œuvré toute sa vie au rapprochement entre les cultures. Ses voyages à travers le monde l’ont amené à vivre de grandes amitiés, avec Yehudi Mehunin par exemple, dont il a partagé la foi et les combats. Ce livre, Au risque de la vie philosophique, veut témoigner de ce que le partage entre les cultures, les peuples et les pensées n’est pas seulement une passion singulière à l’épreuve d’une existence mais une question fondamentale de notre temps face à la perte du sacré et aux mutations technologiques. En dialogue avec Gala Naoumova, anthropologue russe de renommée internationale, l’auteur nous fait partager, tout au long d’un abécédaire, une grande diversité d’expériences humaines par des histoires rassemblées aux quatre coins de la planète, traversées par l’amitié et la foi dans un monde plus humain.

Histoire de la Corse et des Corses
par Jean-Marie Arrighi, Olivier Jehasse

En portant un double regard sur la Corse et les Corses, les auteurs montrent comment ces derniers ont su organiser et conserver une société spécifique au fonctionnement et aux rythmes propres face aux peuples qui leur ont imposé successivement leur domination : Carthaginois, Romains, Vandales, Sarrasins, Pisans, Génois, avant qu’ils ne deviennent français. Cependant, au-delà de l’affrontement entre domination extérieure et tentatives d’affirmation autonome, l’histoire de la Corse, c’est aussi les liens et les oppositions entre villes et villages, l’organisation du territoire et la possession de la terre, les rivalités entre les familles dont certaines sont ancestrales, les changements linguistiques complexes mettant en jeu le corse, l’italien et le français. Sans oublier que le destin de la Corse se joue aussi à l’extérieur, ses habitants n’ayant jamais cessé de quitter l’île et d’y revenir, avec le sentiment que leur histoire individuelle et collective dépassait l’espace restreint de leur île. Se fondant sur des recherches récentes, les auteurs renouvellent la connaissance que l’on a de certaines périodes jusqu’ici méconnues, comme la Préhistoire, l’Antiquité et le Moyen Age. La Corse d’aujourd’hui n’est pas oubliée, et les événements des trente dernières années mis en perspective et relatés en toute objectivité, les souffrances et les déchirements des Corses, comme leurs joies et leurs richesses, forment un tableau contrasté et attachant.

François Coty
par Ghislaine Sicard-Picchiottino

Créateur de parfum de génie et inventeur de la parfumerie moderne, capitaine d’industrie et richissime homme d’affaire issu de la petite notabilité ajaccienne, François Coty (Spoturno) fut à son époque un homme de grand renom affichant une réussite hors du commun. Fasciné par la chose politique – il avait été secrétaire d’Emmanuel Arène – et l’un des tout premiers magnats de la presse de l’histoire, il posséda Le Figaro et Le Gaulois et créa dans l’entre-deux-guerres L’Ami du Peuple dans une optique politique avouée. Ses engagements publics – évoluant au cours de sa vie de la gauche à la droite puis à l’extrême droite, dans une époque qui vit l’émergence des nationalismes autoritaires européens et notamment l’avènement du fascisme italien voisin – coïncident avec une perception moderne de l’usage des médias : les puissances économiques, médiatiques et politiques s’interpénétrant au service des ambitions publiques ou personnelles. Un temps sénateur de la Corse, capitaliste bienfaiteur et paternaliste mais aussi actif mécène, il vise le mandat de maire de la Cité impériale sous l’étiquette bonapartiste, comme un symbole, qu’il décroche en 1931… pour ensuite ne jamais s’y rendre! Sans doute l’un des destins insulaires les plus originaux du XXe siècle, le parcours de François Coty est représentatif du self-made-man, dont le modèle marquera le siècle, ici et ailleurs, entre dépression économique, guerres mondiales et fortunes industrielles… et dont la chute était inscrite au cœur même de la réussite.

Bandits corses
par Paul Silvani

Les bandits, les “rebelles” à tous crins, les brigands, aujourd’hui les truands, forment depuis de longs siècles l’un des clichés à la peau si dure qu’il est souvent difficile d’y retrouver les éléments fiables. Les vérités ayant été mises en lambeaux par les chroniqueurs plus ou moins avertis, plus ou moins complaisants. Leur vie de western, souvent walterscottisée, telle qu’elle fut contée depuis Mérimée – pour ne parler que du plus fameux des folkloristes et des romanciers – s’accommode mal de la réalité historique. Déciller les yeux et revenir à la biographie, aux faits et gestes de ces bandits, souvent malheureux, rarement grandioses, parfois intelligents, quelquefois fous et la plupart du temps sans pitié, c’est ce qu’ici propose l’auteur dans une série de tableaux sans fioritures ni concessions. Des biographies qui reviennent à l’essentiel pour des “bandits” qui méritent souvent de retourner simplement à l’histoire et de quitter les habits trop voyants, trop larges et déformants de l’épopée…

Comprendre la Corse
par Jean-Louis Andréani

Depuis sa première édition voilà cinq ans, l’ouvrage de Jean-Louis Andreani est devenu une référence, constamment mise à jour.Cette édition refondue demeure fidèle au pari initial : mettre en perspective – historique, économique et culturelle – la question politique qui hante les esprits continentaux : Que faire de la Corse ? Avec cet ouvrage, le lecteur dispose de tous les éléments du dossier : l’ineffaçable sentiment de corsitude ; l’histoire heurtée des rapports avec le pouvoir centralisateur; l’évolution du régionalisme au nationalisme; les dérives mafieuses de l’indépendantisme; l’introuvable économie corse; la volonté corse, légalement exprimée, de demeurer française.On aura compris que le succès de cet ouvrage tient à sa qualité première : restituer la complexité d’une situation qu’auront envenimée, au fil des décennies, solutions toutes faites, simplismes clientélistes, volontarismes aveugles.

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