Vengeance A L Africaine par Maurice Cusson, Nabi Youla Doumbia, Henry Yebouet

Mille homicides en Afrique de l’Ouest
par Maurice Cusson, Nabi Youla Doumbia, Henry Yebouet

S’appuyant sur des données empiriques riches et variées, ce livre porte sur les homicides perpétrés dans quatre pays d’Afrique de l’Ouest francophone. Ses auteurs décrivent et analysent toutes les manifestations de la violence criminelle – qu’il s’agisse de vengeance ou d’autodéfense, d’infanticide, de vol, ou de crime rituel – et se font un devoir d’indiquer des pistes de solution réalistes. Que nous apprennent ces données sur les particularités des homicides au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Niger et au Sénégal ? Sur les homicides familiaux ? Sur les querelles qui se terminent par la mort d’un homme ? Sur les rapports entre la sorcellerie et le meurtre ? Comment rendre plus sûrs les quartiers criminogènes des villes africaines ? Avec quels acteurs sociaux les pouvoirs publics et la société civile peuvent-ils soutenir concrètement la non-violence ? En posant correctement le problème de la violence grave et en proposant des solutions, ce livre indique le chemin à prendre vers plus de sécurité, une paix mieux assurée et un développement durable. Maurice Cusson est professeur à l’École de criminologie et chercheur au Centre international de criminologie comparée de l’Université de Montréal. Nabi Youla Doumbia est criminologue et assistant de recherche au Centre international de criminologie comparée de l’Université de Montréal. Henry Boah Yebouet est professeur et doyen de l’UFR criminologie à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan.

L’état africain face à la décentralisation
par Raogo Antoine Sawadogo, Kadre Désiré Ouedraouo

Cet ouvrage constitue un apport dans l’" analyse des relations complexes entre l’Etat postcolonial africain, en quête d’identité et de légitimité propre, et les populations locales à la recherche de sécurité sociale, matérielle, psychologique et spirituelle. Il aborde dix-neuf questions sur la décentralisation du " dedans ", sur ses potentialités et sur ses limites en tant qu’outil d’impulsion d’une démocratie locale et d’un développement endogène. Pour qu’une affaire locale soit en effet intégrée dans le vécu quotidien des populations, il faut qu’elle soit socialement acceptable, qu’elle corresponde aux aspirations des populations et qu’elle soit collectivement légitimée. C’est de cette triple exigence que dépendront l’émergence de la fiscalité locale d’une part, et la construction d’une nouvelle citoyenneté d’autre part. La fiscalité locale pourra se baser sur l’existence d’une conscience participative et contributive qui a toujours existé au sein des populations locales. La collectivité locale demeure selon nous la " sphère sociale " déterminante dans la construction d’une nouvelle citoyenneté qui serait, dans le fond, une " intersubjectivité " villageoise. Cette construction de la nouvelle citoyenneté passe par une appropriation et une réappropriation d’espaces publics auxquels se réfèrent et s’identifient les populations locales.

Des femmes écrivent l’Afrique
par Saïda Yahya-Othman

“Des femmes écrivent l’Afrique” est un projet de reconstruction culturelle qui se propose de donner à entendre de par le monde des voix de femmes africaines, pour la plupart méconnues. Ce projet de longue haleine a abouti à la publication en anglais, par la Feminist Press, à New York, de quatre anthologies régionales. Le présent ouvrage, consacré à L’Afrique de l’Est, constitue le troisième volume de la série que les Editions Karthala, à Paris, publient à leur tour en traduction française. Cette anthologie comprend plus d’une centaine de textes, parfois fort anciens (le premier datant de 1711), précédés chacun d’une note introductive. Les cinq pays représentés – le Kenya, le Malawi, l’Ouganda, la Tanzanie et la Zambie – accédèrent à leur indépendance dans les années 1960. Comme en témoignent les propos d’activistes et de parlementaires, les femmes participèrent aux mouvements de résistance et au processus de développement de leurs pays. Parmi les morceaux choisis de ce volume, certains présentent un intérêt historique certain, tels que deux textes rares d’anciennes femmes esclaves ; une lettre rédigée en 1711 par une femme qui dirigea un vaste domaine musulman ; un poème épique musulman datant de la moitié du XIXe siècle, nouvellement traduit en anglais ; un hymne chrétien datant de 1890 ; les mémoires d’une Maréchale de guerre Mau Mau. Le volume se termine par le discours de réception du Prix Nobel de la Paix de Wangari Maathai, la première environnementaliste et la première femme africaine à avoir obtenu cette récompense. Si le kiswahili demeure, à côté de l’anglais, la langue dominante de la sous-région, trente et une autres langues est-africaines sont représentées dans l’ouvrage. La maternité, l’éducation, la religion, la participation au monde du travail, les droits des veuves, la prostitution, la polygamie, la circoncision, la rébellion et le SIDA constituent les thèmes essentiels traités dans les extraits de romans, les poèmes, les lettres, les articles de journaux, les récits oraux, les discours et les documents historiques retenus, couvrant une période de trois siècles.

Introduction aux systèmes juridiques africains
par Charles Ntampaka

Cet ouvrage présente les droits applicables dans les sociétés traditionnelles africaines et leur évolution après la réception des droits occidentaux et des droits religieux.
La première partie du livre porte sur la naissance et le développement du droit dans les sociétés traditionnnelles africaines, le rôle du juge, les rapports entre droit et religion, et les institutions de droit privé, notamment les relations socio-familiales.
La deuxième partie concerne les apports des systèmes juridiques musulmans et occidentaux. Elle pose la question du pluralisme juridique, de l’apport des systèmes nouveaux dans les institutions de droit privé, du droit public actuel et des institutions politiques, ainsi que de l’application des conventions internationales. Le droit de la famille et le droit foncier permettent d’illustrer les difficultés rencontrées par les législateurs africains dans l’oeuvre d’unification des droits applicables.
L’ouvrage s’adresse aux juristes, aux anthropologues et sociologues intéressés par les problèmes liés à la coexistence de sources juridiques diverses, mais également à tous les étudiants et chercheurs sensibles aux réalités africaines.

Charles Ntampaka, né au Rwanda en 1952, est licencié en droit de l’Université Nationale du Rwanda et docteur en droit de l’Université Catholique de Louvain. Ses recherches portent sur le droit de la famille, le droit comparé, le droit africain et le droit humanitaire. Il a été vice-doyen de la Faculté de droit de l’Université du Rwanda. Il est actuellement maître de conférence aux Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix et professeur d’introduction aux droits africains à la Faculté Internationale de droit comparé de Strasbourg. Il est membre associé de l’Académie royale des sciences d’outre-mer.


Représentation de l’Afrique du Sud raciale et post-raciale dans les romans de John Maxwell Coetzee
par Mamadou Abdou Babou Ngom

L’histoire de l’Afrique du Sud est fondamentalement caractérisée par deux faits consubstantiels: la colonisation et l’apartheid. Cet ouvrage tente de dresser, au travers des romans de John Maxwell Coetzee, le tableau de l’Afrique du Sud raciale et post-raciale. La fiction de ce romancier nobélisé en littérature en 2003 constitue une condamnation sans appel de toutes les idéologies de l’exclusion en même temps qu’elle se veut un plaidoyer pour l’altérité. L’engagement de cet intellectuel sud-africain contre la servitude transparaît non seulement à travers l’universalité des thèmes qu’il aborde et encore par la valeur esthétique insigne de son oeuvre. Comment J. M. Coetzee, au travers de son oeuvre, met-il à nu les ravages tant physiques que psychologiques générés par l’injustice? Quel est son système de représentation du passé et du présent? Quelle image se fait-il de ceux qu’il perçoit comme des prédateurs de la dignité humaine? Que lui ont valu ses prises de position dans le gotha littéraire sud-africain? Autant de questions auxquelles vient répondre la remarquable étude du docteur Mamadou A. B. Ngom. Au-delà de l’expérience sociopolitique sud-africaine, c’est l’humanité dans ce qu’elle a de pire et de meilleur que l’on découvre, au fil d’une fascinante plongée au coeur de l’esthétique littéraire d’un auteur majeur.

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